‹ Iconographie romaine (volume 5)Chapitre 38 sur 139 · Z). A^ r., VII · texte numérisé non relu

Z). A^ r., VII

iç)i ICONOGllAPIIIE ROMAINE. Part. II.

cifA.. IX. à la cour de Caraealla, où sa couduilc fut si dércglce qu'elle Wanaiiair p^^j. r^jj^pç probable un commerce impudique avec cet empepi II. rcur. Sa mère, Maesa, et elle , rannonccrent publiquement, en donnant à Elagabalc, fils de Soémias , le nom d'Autonln; parceque, disoieut-elles, Caraealla ctoit son pcrc. Soémias seconda les artifices employés par Maesa pour l'élévation de son petitfils, et elle assista avec elle au combat du 7 juin 9.18, où Macrin fut défait par l'armée qui avoit déclaré Elagabale empereur. Elle y retint les troupes, qui fuy oient, et les ramena au combat en leur présentant son fils.

Devenu empereur, Elagabale la déclara Auguste; «Il ne fit, ce dit Lampridc", aucun acte de gouvernement sans avoir obtenu ce son aveu ; » et il lui assigna une place parmi les sénateurs. De son côté Soémias créa une espèce de sénat composé de femmes, dans lequel elle proclamoit des sénatus-consultes sur tous les objets môme les plus futiles qui pouvoient concerner son sexe, tels que les liabillements et les préséances. Elle fut tuée, l'an -222, dans le camp des prétoriens, avec son fils, qu'elle tenoit embrassé. Son corps, dépouillé de tout vêtement, fut traîné dans les rues de Rome, et jeté dans la grande cloaque. K» 8 et 9. Les médailles de Soémias ont fait attribuer avec raison à cette

impératrice , par Visconti % une statue de Vénus de marbre , découverte à Préneste, et conservée dans la collection du Vatican. On en voit ici, sous les n" 8 et 9 de la planche LT, la face et le profil. La tête est coiffée avec une perruque de marbre amovible, et qui se raccorde avec les deux flocons de cheveux qui descendent sur les épaules, et qui sont fixes. Cette coiffure jest celle qui caractérise les princesses de la famille d'Elagabale.

(]) Elag.,ll. (2) Museo Pio-Clementino,ll, tav.bi.

Chap. IX.

Elagabale

et sa famille.

FAMILLE D'ELAGABALE. 193

Le n" 7 présente une des médailles de Soémias. Elle est de grand bronze : autour de la tête on lit , IVLLi • SOEMIAS '^'^s^''^''^

et sa famill

AVGVSTA. Revers , Vénus assise, tenant une liaste, et présent pi. u tant une pomme à un enfant; légende , VENVS • CAELESTIS ; n" ; exergue, S. C. Vénus-Céleste étoit la même qu'Uranie, et qu'Astarté adorée en Syrie , patrie de Soémias.

§. 3. JULIA MAESA, AÏEULE D'ELAGABALE.

L'histoire ne présente qu'un petit nombre de femmes qui aient montré autant de prévoyance , autant de jugement, et autant de finesse que Maesa. Il eût été à souhaiter seulement qu'elle en eût toujours fait un usage que la vertu pût avouer !

Maesa étoit née à Emese en Phénicie. On croit qu'elle avoit eu pour père Bassien, pontife du soleil, que l'on adoroit dans cette ville sous le nom d'Elagabale, et dont le nom devint patronimique pour tous les membres d'une branche de la famille de l'empereur. Elle épousa Julius Avitus , qu'elle rendit père de deux filles, tiges des deux branches de la famille d'Ela£rabale: Soémias, mère de cet empereur, et Mamée, mère d'Alexandre Sévère. Quoique les petits-fils de Maesa fussent petits-neveux de Sévère et de Caracalla , son ambition n'étoit pas satisfaite ; elle voulut les placer sur le trône. Elle répandit dans les armées de Macrin le bruit de leur naissance illégitime ; donnant à entendre que Caracalla avoit rendu mères ses deux filles, et que l'empire appartenoit à leurs fils , comme aux derniers rejetons des Antonins. Les grandes richesses qu'elle avoit amassées à la cour, où elle avoit demeuré jusqu'en 217, près de sa sœur Julia Domua,

194 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

ciup. IX. facilitèrent ses projets ambitieux. Maesa présenta ses pctits-fils

t^'a'famino '^ l'armée , qui se déclara pour Elagahale , et qui vainquit Macrin

l'i. u. auprès d'Antioclie de Syrie, le 8 juin 218'. Elle put s'attribuer

une part dans cette victoire; car elle et Soémias ramenèrent au

combat par leurs prières les troupes d'Elagabale , qui alloient

prendre la fuite.

La reconnoissance du jeune empereur pour Macsa fut sans bornes; il liutroduisit dans le sénat, et lui donna le titre d'Auguste. Mais il n'écouta point ses conseils , qui étoient dictés par la prudence et par une longue expérience. Maesa prévit bientôt le sort funeste qui étoit réservé à cet insensé; et elle jeta les yeux sur son cousin Alexandre, qu'elle faisoit élever avec un grand soin , dans l'espérance de régner encore sous son nom. Elle eut l'adresse de persuader à Elagabale qu'il devoit adopter son parent pour le cbarger du soin des choses terrestres , pendant qu'il feroit du culte de son dieu et du soin des choses célestes son unique occupation". J'ai rapporté plus haut les suites de cette adoption, la mort funeste d'Elagabale, et l'élévation d'Alexandre. Celui-ci n'étant alors âgé que de treize ans, son aïeule lui créa un conseil composé de sénateurs, et ne cessa de lui donner les avis les plus sages. Aussi le peuple fut profondément affligé de sa mort, qui arriva l'an 223, second du règne d'Alexandre Sévère. Cet empereur lui décerna les honneurs de l'apothéose.

On ne connoit de portrait de Maesa que ceux de ses médailles. Le n" 10 en présente une de grand bronze qui a fait partie de la collection des Gonzagues, de ces ducs de Mantoue qui faisoient incruster un aigle d'or ou d'argent sur leurs médailles. Cet aigle paroit ici derrière la tête de la princesse, qui est entourée de la

(i) lJio,LXXVIII,38. (2) Herod.,V, 17.

FAMILLE D'ELAGABALE. 195

légende IVLLA. • MAESA • k^Gusta. Revers, SAECVLI • FELI- ch,. ix.

CITAS ; S. C. dans le champ, avec l'étoile d'Elagabale: type , la ÉUgabaïc

Félicité debout , tenant vin caducée et une patere sur un autel. n. li.

§.4. ALEXANDRE SEVERE, EMPEREUR, ET SALLUSTIA BARBIA ORBIANA SOÎ^ ÉPOUSE.

Le portrait d'Alexandre Sévère se trouve tout entier dans les passages suivants, extraits de sa vie, écrite par Lampride', dont elle porte le nom, ou, comme le pensent d'habiles critiques, par Capitolin. « Il ne laissa jamais volontairement passer un «jour, sans consacrer quelques heures aux lettres et aux exerce cices militaires... sans faire quelque acte de douceur, de popu- «larité, de piété, mais jamais au détriment de la fortune pu- «blique... Il punit ses amis et ses parents (si l'on excepte sa «mère), lorsqu'il les trouva coupables de quelques crimes; «mais, quand une amitié très ancienne ou une alliance intime « ne lui permit pas d'user d'une pareille rigueur, il les renvoya «de sa cour en disant: Ils me sont moins chers que l'état... Il «répétoit souvent cette sentence, qu'il avoit retenue en l'enten- « dant prononcer ou par les juifs ou par les chrétiens , et il la «faisoit proclamer par un crieur public lorsqu'il punissoit quel- « qu'un : Ne faites pas a autrui ce que vous ne voulez pas «qu'on vous fasse \ Il aimoit tant cette sentence, qu'il la fit « graver sur les murs du palais et des édifices publics '. »

( I ) Âlexand. , III , XX , LXVI I. Tere vulgaire , cette sentence : Jb alto spec-

(2) Evang. S. Matl/i. , VI[ , la; Evang. tes (ou e.vspectes) alteri guod feceris. « At- S. Luc, VI, 3i. n tendez d'un autre ce que vous aurez fait

(3) On lit, dans les Fragments de Publius « à quelqu'un. » Isocrate, orateuratlu'uien, Sjrm, qui écrivoit sous Jules César, avant célèbre dans le quatrième siècle avant l'ère

igO ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. IL

Cap. IX. Victor' dit qu'Alexandre Sévère rétablit l'empire, qui , s'étant

'^'T''"n accru successivement depuis Romulus jusqu'à Septime Sévère,

si sa famille. ^ o i i

m. LU. avoit été conduit sur le penchant de sa ruine par l'insensé Elagabalc; et que, dans un règne de moins de quatorze ans, il y avoit ramené l'ordre, la force, et la tranquillité.

Alexandre Sévère, appelé d'abord Bassien et Alexien, naquit à Arca-Césarée (aujourd'hui Arka), au pied du Liban, l'an 2o5, selon Lampridc. Il faudroit reculer sa naissance jusqu'à 208, si l'on suivoit Hérodien , écrivain peu exact, sur-tout en chronologie, et qui d'ailleurs, seul de tous les historiens d'Alexandre, l'a peint sous des couleurs défavorables ; parceque , dit Capitolin', il avoit conçu pour ce prince une haine dont on ignore les motifs. Les parents d'Alexandre se trouvoient dans Arca, où ils étoient venus pour la célébration de la fête du fils de Philippe , lorsque Maniée , sa mère , le mit au monde dans le temple même du héros macédonien. Elle étoit nièce de Julia Domna , épouse de Septime Sévère; et Alexandre étoit cousin d'Elagabale par les femmes. Les soins de son aïeule Maesa et de sa mère lui procurèrent une éducation sévère et des maîtres très instruits. Il avoit des connoissances étendues dans toutes les sciences que l'on cultivoit alors. La surveillance de ces deux femmes redoubla , lorsque l'empereur Elagabale, persuadé par Maesa, l'adopta Tan 221 , lui donna le titre de César et le nom d'Alexandre. Il voulut lui faire partager les débauches odieuses qui faisoient sa seule occupation; mais, voyant que malgré sa grande jeunesse (il n'étoit âgé que de seize ans ), Alexandre, obéissant aux

Yulgaire, disoit {Nicocles , p. Sg, éd. Henr. « ment que les autres vous fassent. *

Steplian. ) , À Tinxovreç x/f éripwv op-/i(;îcrS£ , (l) De CœS., WIV.

TaùTz Toï; S.lloii ii:/i TroieïTE : « Ne faites pas aux (2) /?i Maxiinino, XIII. (I autres ce f|tie vous souffrez iuipatiem-

FAMILLE D'ELAGABALE, 197

conseils de Maesa, s'y refusoit opiniâtrement, il le prit en iiaine, chvp, ix. et employa tous les moyens pour le faire périr. Les soldats , ^('^'^"f^^^^^j^ touchés des vertus d'Alexandre, le protégèrent contre les assas- pi. ui. sins d'Elagabale; et, après avoir tué ce monstre le 1 1 mars 222, ils déclarèrent empereur le jeune César.

On ne sauroit peindre la joie qu'éprouvèrent le sénat et le peuple romain en apprenant ces deux événements. Le sénat , aussi prodigue de flatteries que d'imprécations, donna au nouvel empereur, en un seul jour, les titres d'Auguste, de souverain pontife, et de père de la patrie, avec la puissance tribunitienne ' ; mais le jeune prince refusa le nom d'Antonin, qui avoit été souillé par son prédécesseur, et celui de Grand (HJagnus), qu'avoit pris Caracalla avec le surnom d'Alexandre. Il ajouta seulement à son nom celui de Sévère, en vertu de la fable qui lui donnoit pour père Caracalla, fils de cet empereur. S'il a été trompé sur cette tradition, dont on l'avoit entretenu dès l'enfance, on doit l'excuser; mais comment expliquer la foiblesse d'esprit qui le porta à vouloir faire oublier le lieu de sa naissance, son origine syrienne, et à chercher des aïeux dans la famille romaine des Métellus"?

Il falloit que ce prince fût né avec un penchant bien fort pour la vertu; car il se vit élevé, à l'âge de seize ans, sur le premier trône du monde, revêtu de la suprême puissance; et cependant il se laissa toujours diriger par les sages conseils de sa mère Mamée, et par les avis des habiles jurisconsultes, des gens de bien, quelle avoit réunis auprès de lui. Ce qui fait pour Alexandre un titre de gloire, son respect aveugle pour sa mère, lui a été reproché par les historiens, parcequ'il ne mit pas un frein à l'avarice de cette femme. Hérodien^ seul raconte qu'au commenco-

(,.) Lainpiid., I. (?.) Ibid., XXVIII. (3) Lib. VI, 18.

i()8 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

(jiiAi. IX ment de Ja séditioa dans laquelle il perdit la vie, il accusa sa Éiaf!abai« nierc d'être, par cette cupidité sans bornes, la cause de sa mort:

■t sa famille. 'Il ' '

PI. ui mais Thistorien dit expressément que c'étoit un bruit populaire. Cette foiblesse n'empêcha cependant pas les Romains reconnoissants de citer comme deux règnes heureux celui d'Alexandre immédiatement après celui de Marc-Aurele.

Les historiens ont beaucoup loué cet empereur sur ses sentiments religieux, c'est-à-dire sur son attachement pour la religion de Rome; à cause du contraste que présentoit sa conduite comparée à celle d'Elagabale. Il renvoya dans chaque pays les statues des divinités locales , que cet insensé avoit rassemblées dans la capitale. Lampride", qui écrivoit dans le quatrième siècle, et qui a dédié ses Vies des Empereurs à Constance 1" (Chlore), chrétien en secret, raconte qu'Alexandre conserva aux juifs les grâces que ses prédécesseurs leur avoient accordées; et qu'il n'inquiéta point les chrétiens. Le même historien dit qu'Alexandre , dans son laraire particulier (petit temple domestique), rendoit un culte aux portraits des hommes célèbres qu'il y avoit placés, d'Abraham, d'Orphée, d'Apollonius de Tyane, et, comme l'assuroit un écrivain contemporain que Lampride ne nomme pas , de Jésus-Christ. On lit aussi dans Lampride: « Alexandre voulut ce élever un temple à l'honneur de Jésus-Christ , et le placer au «rang des dieux. On dit qu'Hadrien eut la même pensée, lui ce qui fit bâtir dans toutes les villes des temples sans statues, ce que l'on appelle encore Hadrianées, parcequ'on n'y voit point <c de dieux, et qu'il les avoit fait construire dans le même dessein; cernais qu'il en fut détourné par ceux qui, ayant consulté les ce augures, avoient découvert que, si Hadrien exécutoit ce pro-

(i)Lib. XXII.

FAMILLE D'ELAGABALE. 199

«jet, l'univers entier embrasseroit le christianisme, et aban- cuap. ix. ce donneroit les autres temples. » On iupera de quel poids est EUgabaïc

■l J O 11 et sa famille.

Fautorité de Lampride , lorsqu'on consultera la description du pi. lu. Pont-Euxin par Arrien, écrivain très judicieux, qni l'adressa à Hadrien; on y voit que cet empereur avoit le dessein d'envoyer à tous ces temples, après leur achèvement, des statues, ou d'y consacrer lui-même les siennes, dans le costume sous lequel il vouloit être adoré dans chaque lieu. Au reste c'étoit une opinion répandue parmi les chrétiens du (quatrième siècle, que Mamée avoit embrassé le christianisme ; qu'elle avoit élevé Alexandre dans ses principes, et que cet empereur avoit même un grand nombre de chrétiens dans son palais '.

La douceur de ses mœurs et de son gouvernement le fit beaucoup aimer; et les écrivains contemporains l'ont bien exprimée en appelant son règne [incruentuni et ûvaifioTov) un règne que l'effusion du sang n'a point souillé"; c'est-à-dire du sano, innocent, car il n'arrêta jamais le cours de la justice; et les soins qu'il se dounoit pour le rétablissement de la discipline militaire firent dire qu'il avoit pris avec raison le surnom de Sévère. Il licencia plusieurs fois des légions entières; ce qu'aucun prince n'avoit osé faire , disoit-on , depuis César. Alexandre vivoit avec une extrême simplicité et sans aucun luxe\ Il trouva dans cette économie les moyens de faire construire un grand nombre d'édifices publics très somptueux , de diminuer le fardeau des impôts , de former des établissements pour l'instruction de l'enfance et de l'adolescence, enfin d'augmenter les largesses que ses prédécesseurs faisoient au peuple de Rome. On se trompcroit si l'on cro}oit que l'économie qui présidoit à toutes les actions

(i) Euseb. , Illst. eccl. , VI , 28. (2) Lampr. , XXV; lier. , VI , 1 8. (3) Ihid. , I.l V.

'loo ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

Cn.i.. IX d'AlcxanrIre fut dictée par l'avarice de sa mère; car Hérodien Waoab.iie assuTC fiu'il la lui rcnroclia souvent, et qu'il en témoigna pu])li-

I sa fainilln. 11 ^ o 1

vl su famille.

l'i 1,11. qucrncnt son chagrin'.

L'an 23 1 (984 de Rome) Alexandre fut arraché à la vie paisible qu'il menoit à Rome par la guerre des Parthes. La Perse, ayant subi le joug de Darius, obéit pendant quelques années à Alexandre-le- Grand et aux Séleucides , ses successeurs dans l'Asie. Le Partlie Arsace s'en rendit maître à l'époque de la première guerre punique, vers le milieu du troisième siècle avant l'ère vulgaire; et les Arsacides, ses descendants, régnèrent jusqu'à Arlaban. Celui-ci, qui avoit triomphé des dominateurs de l'univers, des Piomains, l'an 217, fut vaincu et chassé de son empire par un Perse appelé Artaxerxès , Artaxare, Xerxès par les écrivains occidentaux, et Ardchir par les orientaux. Ardchir devint souverain de la Perse et de la Parthie , où sa dynastie (celle des Sassanides, ainsi appelée du nom de son aïeul Sassan) régna jusqu'au temps des successeurs de Mahomet. Il n'étoit assis sur le trône de Darius que depuis deux ans , lorsqu'en 23 1 il annonça qu'il vouloit recouvrer l'empire entier de ce monarque infortuné, c'est-à-dire toute l'Asie jusqu'à l'Hellespont; et il menaça la Mésopotamie et la Syrie. Mais la ville d'Atra, contre laquelle avoient échoué les armées de Trajan et de Sévère, lui opposa une forte résistance , qui donna à l'empereur romain le temps de se transporter en Orient pour défendre son empire.

Alexandre , arrivé à Antioche de Syrie avec son armée , envoya des ambassadeurs à Ardchir pour l'inviter à cesser les hostilités; mais celui-ci persista dans ses prétentions exagérées. Dans cette ville , célèbre par la vie voluptueuse de ses habitants , l'empereur

(1) Herod.,VI,4;Dio,LXXX,2.

FAMILLE D'ELAGABALE. 201

licencia des corps de troupes que ces plaisirs avoient pervertis. ciur ix Hérodien, seul des écrivains parvenus jusqu'à nous, raconte ^-'acab^i'

' r J 1 ^ et sa faiDill

que l'issue de cette guerre fut funeste à Alexandre , et que ses m. lu. troupes furent vaincues et dispersées. Il ajoute cependant que les Perses, affoiblis par leur victoire, se retirèrent dans leur royaume , et vécurent en paix pendant trois ou quatre années. Ce récit est contraire à ceux d'Eutrope , des deux Yictor, et de Larapride. Le dernier' combat même expressément Hérodien, et assure , d'après le consentement général , qu'Alexandre , vainqueur des Perses, triompha dans Rome, monté sur un char traîné par c[uatre éléphants; et 11 rapporte textuellement le discours que ce prince prononça alors dans le sénat. De plus on trouve les preuves de ce triomphe sur des médailles d'Alexandre Sévère, frappées dans la douzième année de sa puissance tribunitienne, l'an 233; « Et, d'après le caractère connu de cet empereur, si « prudent et si modeste, ou ne peut douter, dit EckheL, que, s'il « eût éprouvé une défaite dans cette giierre , il eût repoussé loin « de lui des honneurs que l'on n'accordoit qu'aux vainqueurs. » L'an 234 les Germains traversèrent le Rhin , et firent de grands ravages dans les Gaules ; ce qui obligea Alexandre de s'y transporter pour commander l'armée qui devoit les repousser au-delà du fleuve. Mais il y trouva la mort l'année suivante, 235 (988 de Rome). Il règne dans les historiens une grande obscurité sur cet événement, qui replongea l'empire romain dans l'état malheureux d'où Alexandre l'avolt tiré. Quelques soldats irrités de la rigueur avec laquelle il maintenoit la discipline militaire, ou plutôt excités par Maximin, qu'il avolt élevé aux plus hauts grades de l'armée, l'assaillirent dans sa tente, dans le Alliage de

(i) Lampr., LVII. (?.) D. ^. V., VII, 276.

202 ICONOGRAPHIE PtOMAINE. Part. II.

ciiu IX Sicila , sur les hords du l\hiii , et le tuèrent avec sa mcrc. Il ctoil i:in,;..b.,iu j« ' j 1 j^, vineft-neuf ans , dont il avoit règne treize. La douil. I II leur du sénat et du peuple fut extrême , sur-tout par la comparaison que l'on faisoit des qualités aimables qui le dislinguoient avec le caractère féroce de Maximin , qui lui succéda.

Alexandre avoit eu trois épouses; mais on ne sait point si elles le rendirent père ; on ignore même le nom de la première , à qui , selon Dion', il ne permit pas que l'on donnât le titre d'Auguste. Lampridc" nomme seulement la seconde, Sulpitia Memmia. Je parlerai plus bas de Sallustia Barbia Orbiana, que l'on croit avoir été la troisième.

Cet empereur avoit une figure fort agréable , une taille haute ; mais il n'étoit pas d'une santé très robuste. K' 1,1, et 3. On voit ici, planche LU, sous les n° i et2,la face et lepro fil d'une belle tête d'Alexandre, qui est conservée dans le musée royal, sous le n° i55. La rareté des portraits en sculpture de cet empereur est fort grande; mais ses médailles sont nombreuses. Sous le u" 3 est gravé un médaillon de bronze qui prouve la ressemblance du n° I. Il présente un buste couronné de laurier, avec la légende IMVerator CkESar Marcus AYVxELîus SEVerus ALEXANDER PIVS FELIX AYGustus. Revers : l'empereur, en costume civil, faisant une libation sur un autel au-devant d'un temple, avec cinq personnes, dont une tient un bœuf; légende, ROMAE AETERNAE.

N- 7 ei 8. Aucun écrivain ne fait mention de Sallustia Barbia Orbiana,

troisième épouse d'Alexandre Sévère, et l'on a cru long-temps que les médailles qui présentent sa tête, avec son nom et le titre

(i) Dio, LXXX, 2. (2) Lainpr., XX.

FAMILLE D'ELAGABALE. ao3

d'Auguste, appartenoient à une femme de Trajan Dece, cpi chu. ix. auroit été mère d'Heremiius et d'Hostilien. Mais on découvrit •^'^'cabai^

et sa lainjlle.

des médailles , telles que celle du n" 8 de cette planche , qui la pi. ui. firent reconnoître pour une des épouses d'Alexandre. On lui assigna le troisième rang, parceque la première ne porta point le titre d'Auguste, et que la seconde s'appeloit Memmia.

Le n° 8 présente une des médailles qui ont fait reconnoitre Orbiana pour la troisième des épouses d'Alexandre Sévère. Elle est de bronze. On y voit d'un côté les têtes en regard de cet empereur et d'une femme coiffée ?.vec un diadème; légende, IMPerator SEVera^ ALEXANDER SKU^ustia BARBIA ORBIANA hMGusta. Revers, tête de Mamée coiffée avec un diadème; légende, IVLIA MAMAEA PsNGusta MATer kNGusù. La médaille de bronze du n° 7 présente la tête seule de l'impératrice, avec la légende ^KLiLustia BARBIANA kyGusta : on y voit l'empereur, en costume civil, donnant la main à l'impératrice, avec la légende CONCORDIA AVGVSTORVM , et S. C. à l'exergue.

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