‹ Iconographie romaine (volume 5)Chapitre 72 sur 139 · T'I, LIX · texte numérisé non relu

T'I, LIX

EMPEREUPvS APRÈS GALLIEN. Sg

vere, de Claude, et d'Aurélieii, jiarceqiie , selon lui, il avoit chap. xiv. réuni dans sa personne toutes les vertus et tous les talents de ^'"P"'"':""

JL apre-i Gallienjus

ces grands princes. Mais, comme il dit qu'un auteur grec avoit q"aDiocié assuré que Probus et Claude-le-Gotliique étoient parents , on peut, d'après cela, réduire ces éloges excessifs à leur juste valeur; car Vopisque ' écrivoit sous le règne de la famille de Constantin, que l'on assuroit descendre de Claude IT, ou le Gothique. Une équivoque a produit ce mensonge flatteur; Probus eut une sœur appelée Claudia, qui lui donna la sépulture. Au reste il est certain que les mœurs de cet empereur furent irréprochables, qu'il eut de grands talents jiour la guerre, qu'il fut habile dans l'art d'administrer, et que sa douceur et ses vertus lui concilièrent l'amour de tous ses sujets.

Probus naquit dans la Pannouie, à Sirmich (dans l'Esclavonie ), l'an 282 , d'un père qui, entré dans la milice, étoit parvenu jusqu'au tribunat. Il suivit la même carrière, et s'y distingua tellement, que Valérien le créa tribun, quoiqu'il fût à peine sorti de l'adolescence, et qu'il exhorta son fils Gallien à lui témoigner une estime particidiere. Probus, en passant par tous les grades de la milice, vainquit les Sarmates, les Goths, les Parthes, les Perses, et les barbares de la Lybie marmarique". Il se battit seul à seul contre un des derniers, renommé par sa bravoure; et, l'ayant vaincu, il fit élever par les soldats sur son corps un tu- Tjuilus (tertre artificiel) de près de deux cents pieds de hautevir, selon le rit funéraire des barbares. L'an 272 il fit rentrer sous l'obéissance d'Aurélien une partie de l'Egypte et de l'Orient, dont Zénobie s'étoit emparée. Bientôt après, transporté sur les bords du Rhin, il repoussa les Erancs dans leurs marais. Tacite,

(i) Vopisc.,m Prolio, ll[. (2) Entre l'Egypte et la Cyrénaïquc.

6o ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

chap. XIV. voyant le choix du sénat se porter sur lui, cliercha à le fixer aprl^Gli^jus- ^"^ Probus; et, n'ayant pas réussi, il lui écrivit sur-le-champ

qu'à Diociétitn. pour le nommer général de toutes les troupes de Tcmpire. l'I. ux. . , , .

Les soklats applaudirent à cette nomination. Probus avoit toujours pris le plus grand soin de leur bien-être ; souvent il adoucit à leur égard la sévérité d'Aurélien, et il partageoit entre eux les dépouilles des vaincus sans en retenir aucune portion. Mais il ne cherchoit point à capter leur bienveillance par de lâches complaisances. Jamais il ne les hiissa languir dans le repos; il les occupoit sans cesse soit aux exercices militaires , soit à la construction de ponts, de temples, de portiques, et de voies publiques, soit à dessécher des marais, à agrandir les embouchures des fleuves , et à relever les divers ouvrages qui avoient fait du Nil la i^rovidence de l'Egypte.

La mort de Tacite, arrivée l'an 276 ( 1029 de Pvome), donna aux armées d'Orient l'occasion de témoigner leur estime à Probus , en le déclarant empereur, parcequ'elles ne croyoient pas que riorien pût être préféré à leur invincible général. Aussi Florien fut-il vaincu dans la Cihcie, deux mois après son usurpation, par les troupes de Probus. Celui-ci écrivit alors au sénat que cette usurpation l'avoit forcé d'accepter l'empire sans la participation des sénateurs; mais qu'il se hâtoit de demander leur consentement. Il l'obtint sans difficulté, et fut reconnu par tous les Romains. Il eut la sagesse de pardonner aux partisans de Florien , parceque, disoit-il, ce n'étoit point un usurpateur qu'ils avoient cru suivre, mais le frère de leur souverain; il sévit en même temps contre les complices des meurtriers d'Aurélien et de Tacite.

Après la mort d'Aurélien, les Francs et d'autres nations transrhénaues s'étoient jetés sur les Gaules, et avoient pillé soixante

etien.

PI. UX

EMPEREURS APRÈS GALLIEN. 6i

grandes cités. Prohus commença son règne, en 277', par les ciup. xiv. chasser des Gaules, leur reprendre l'immense butin qu'ils avoient empereurs

'A J- après Gallienjui

fait, et il les repoussa jusque dans les contrées situées entre le qu'^uioc Neker et l'Elbe. Il suivoit pour règle de conduite ce principe, que l'on devoit reconnoître les secours c|ue fournissoient les nombreux auxiliaires choisis parmi les barbares, sans cependant les apercevoir; c'est pourquoi il les divisoit en petites troupes C|u'il incorporoit dans les légions, ou qu'il établissoit sur diverses frontières. Mais ces Francs auxiliaires, qui se trouvoient dans le Pont, se réunirent, s'em])arerent de quelques navires, pillèrent les côtes de l'Asie, de la Grèce, de la Lybie, de l'Afrique, saccagèrent Syracuse, sortirent de la Méditerranée par le détroit de Gadès (aujourd'hui Gibraltar), côtoyèrent l'Espagne, les Gaules, et regagnèrent par les embouchures du Rhin leur pays natal, après une navigation aussi hardie que périlleuse. Ce fut, si l'on peut s'exprimer ainsi , le prélude des courses et des ravages C£ui rendirent, quatre siècles après, si redoutables aux contrées occidentales les hommes du nord, les Normands.

L'année suivante, 279, Probus délivra l'Illyrie et la Thrace des restes des Gotlis, accourut dans l'Isaurie (aujourd'hui la Caramanie), chassa les bandes de voleurs qui en occupoient les montagnes et les défilés , et y établit des vétérans pour les défendre. Appelé en Egypte pour la protéger contre les Blemmyes , barbares qui habitoient les bords du Nil, vers la grande cataracte, il rendra dans Coptos (Refch) et dans Ptolémaïde (Minchié), qu'ils avoient prises. Les Perses lui envoyèrent des présents et recherchèrent son alliance. Les Rastarnes , tribu scylhicpie, obtinrent de lui dans la Thrace des terres qu'ils cultivèrent : enliu,

(i) Vopisc, /'/•ot.^XIII.

ri i.ix.

(h. ICONOCxRVPHIE ROMAINE. Part. II.

cuAv. XIV. de rclour à Rome, il triompha des Germains et des lîlemmyes; Empr-rcr. ^j ^^^ domicrs captifs, dont les Piomains connoissoient à peine

près Gallien jus- ^

u'àDioririicn. If. nom, les effrayèrent, dit Vopisque, par leurs traits hideux. Aux i^uerres avec les étrangers Prohus fut forcé, en 280, de faire succéder la guerre intérieure contre les usurpateurs du diadème impérial. Les plus célehres furent Saturninus, Proculus, et P)Ouosus. Le premier commandoit dans l'Orient; et, étant venu à Alexandrie, les hahitants de cette ville, inconstants et audacieux , le proclamèrent empereur. La crainte d'être puni comme usurpateur, et l'espoir d'en reculer le moment, lui fit accepter ce dangereux honneur, non sans verser beaucoup de larmes. Prohus , quil'aimoit, vouloitle sauver; mais une partie de l'armée d'Orient, qui avoit participé à son élection, le conduisit à Apamée, et y soutint un siège dans lequel Saturninus perdit la vie. Proculus fut tué à Cologne, où il avoit revêtu la pourpre, espérant de se voir soutenu par les Gaulois. Ou disoit (telle étoit alors la facilité avec laquelle on montoit sur un trône) que sa révolte eut pour cause un jeu dans lequel il avoit été appelé empereur par excès de gaieté, et la crainte de se voir accusé pour cette plaisanterie. Ce fut aussi la crainte d'être puni pour avoir laissé hrûler parles Germains les navires de la flotte du Rhin qui fit prendre à Bonosus le titre d'Auguste. Il résista quelque temps aux troupes de Prohus avec celles qu'il commandoit , mais enfin , se voyant vaincu , il termina sa vie en s'étranolant. Prohus le railla encore après sa mort, comme il le faisoit pendant sa vie, sur son penchant désordonné pour le vin.

L'année 281 vit l'empire dans une paix générale; mais Prohus ne laissa point les soldats languir dans l'oisiveté'. Annihal avoit

(0 Vict.,Ca'5., XXXVII.

etieii.

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