‹ Iconographie romaine (volume 5)Chapitre 73 sur 139 · P!. UX · texte numérisé non relu

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occupé les siens à planter des oliviers dans les plaines de l'A- chap. xiv.

r< • , 11' 1 i • Empereurs

fnque; a son exemple, 1 empereur occupa les troupes romames ap^^s caiiien ju à planter des vignes sur les coteaux des Gaules, de la Pannouie, q"'àDiocié et de la Mœsie (provinces situées sur la rive droite du Danube). Il permit aux habitants de ces contrées et à ceux de l'Esjjagne d'en cultiver autant qu'ils le jugcroient nécessaire. Domitien avoit défendu, Fan 92 , de planter de nouvelles vignes en Italie, et avoit ordonné d'arracher dans le reste de l'empire la moitié de celles que l'on y cultivoit. Le motif apparent de cette proscription étoit la disette de blé que l'on avoit éprouv^ée l'année précédente , tandis que l'on avoit récolté une grande quantité de vin ; mais Philostrate ' nous apprend que la crainte des séditions excitées par l'abus de cette liqueur fut le véritable motif de ce prince insensé. L'empereur Julien dit" aussi que Probus , pendant un règne de moins de sept années seulement, avoit rebâti soixante-dix villes. Mais il lui reproche la continuité des travaux dont il accabloit les soldats; ce fut aussi une des causes de sa mort. Les troupes, occupées sans relâche à dessécher les marais qui environnoient la ville natale de leur empereur, complotèrent de le tuer. Ils l'attaquèrent dans une marche, mais il évita d'abord leur fureur en se réfugiant dans une tour fortifiée extrèmenaent haute , d'où il inspectoit leurs travaux , et dans laquelle ou lui ôta la vie l'an -282. La cause première de la haine des soldats pour cet excellent prince fut un mot qui lui échappa dans la satisfaction qu'il éprouvoit en voyant toutes les provinces pacifiées : « Nous n'aurons bientôt plus besoin de soldats '. 5> Quelques mois après , l'armée repentante lui consacra un monument funéraire formé par la réunion de plusieurs tuinuliis

(i) nt.Jpoll., VI, 17. (2) InCxs. (3) Vopisc, l'rob., X\I.

64 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

ciup. XIV. (tertre artificiel) elatis aggeribus; ce qui nous apprend que Empereurs jj^iis ^c sicclc Ics Piomains avoient adopté pour leurs généraux

près Gallien lu.'i- * ■'■ *^

luuDiuciénei). ig mode de sépulture usité chez les barbares. Le plus grand éloge que Ton puisse faire des talents militaires de Probus est de nommer les hommes illustres qu'il guida dans cette carrière , entre autres Carus , Dioclétien , Maximien -Hercule, et Constance- Chlore.

On voit sur les médailles de Probus le portrait d'une femme que l'on croit avoir été son épouse, mais dont l'histoire ne fait aucune mention. Il est probable qu'il eut plusieurs enfants, par* ceque Yopisque dit que ses descendants s'éloignèrent de Pvome, et s'établirent auprès de Vérone, soit qu'ils redoutassent ses successeurs, soit qu'ils craignissent d'exciter leur jalousie. K" f) et lo. Les médailles de Probus sont si communes , que l'on en con-

noit plus de deux mille en petit bronze seulement, avec des différences. Le médaillon de bronze du n° 9 , planche LIX , présente le buste de Probus couronné de laurier, en costume militaire, tenant la lance et le bouclier; et la tête accolée d'une femme, couronnée d'épis, que l'on croit être son épouse, avec la légende IMPera^or Cœsar PROBVS INVICfif^ Pins Yelix KVOustus. Pievers, MONETA k^'Gusta, et les trois Mounoies. Ce revers, commun dans ce siècle, se voit aussi sur le médaiillon de bronze du n° 10, mais on y lit autour de la tête de l'empereur, coiffée comme celle d'Hercule avec la dépouille d'un lion, VIRTVS PROBI kyGusti. On a cru inutile de faire graver ce double revers , qui ne présente aucune différence avec celui du n" 3'.

(i) Si Ton étoit étonné de voir le revers répété si souvent dans cette planche, il

des trois divinités qui présidoient au mon- faudroit se rappeler que dans ce siècle le

noyage de l'or, de l'argent, et du bronze, travail des médaillons étant moins mauvais

§. 7. CARUS, ExMPEREUR.

Marcus Aiirelius Carus , qui avoit été nommé préfet des prétoriens par Probus, fut choisi par les soldats pour lui succéder l'an 181 (io35 de Rome). Ils se hâtèrent de prévenir le choix du sénat , et de reprendre ce qu'ils appeloient leur droit. Carus écrivit au sénat pour lui demander son assentiment, «l'assurant qu'étant Romain, il s'efforceroit de surpasser ses prédécesseurs, dont la plupart, nés dans les provinces , pouvoient être appelés étrangers'. » Par le mot Romain, il vouloit dire seulement qu'il étoit issu de parents romains ; car Eutrope et les deux Victors lui donnent Narbonne pour patrie. Cette origine, et les vertus et la bravoure qui l'avoicnt toujours distingué , le firent agréer au sénat et au peuple. Aussi Vopisque' dit-il de lui, «C'est un homme que l'on doit placer plutôt avec les bons qu'avec les mauvais princes , et qui eût été digne de louanges s'il n'eût pas élevé Carin, son fils aîné, à des dignités qui dévoient placer le sceptre dans ses mains. »

En effet, à peine Carus eut-il été élu, qu'il donna à ses deux fils , Numérien et Carin, le titre de César, et bientôt après celui d'Auguste. La tendresse paternelle l'emporta, malgré la connoissance qu'il avoit des vices de Carin. Cependant, prêt à mar-

que celui des médailles, j'ai dû les em- leurs médailles le type des inonnoies, qui

ployer de préférence pour présenter les en désignoit la re>tauration , lUe est d'au-

portraits des empereurs; et que le revers tant plus remarquable que les nionnoies

des monnoies est placé très souvent sur ces ne furent jamais aussi grossières que dans

médaillons, dont le nombre, pou considé- ce siècle de troubles et de guerres civiles, rable, ne laisse pas la liberté du choix. (i) Vopisc, l'/i C\i>o, V.

Quant à l'affectation que mirent les empe- (?) /" Caro, IV.

reurs de cette époque h reproduire sur

CuAp. xrv.

Empereurs

après Gallien jusqu'à Dioclétien.

Pi. ux.

66 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

(:..M.. XIV. cher contre les Perses, il fut contraint à lui donner le gouver- Dmpr.eur, nemcnt des Gaules et de tout l'Occident , parceque Numérien

iipri'sGallicn jus-

,iu à Diori, ti, n. étoit trop jeune pour remplir un poste aussi important. La mort ' *''^ de Probus avoit fait renaître l'audace et les espérances des barbares , et ils fondirent de tous côtés sur l'empire romain. Après avoir repoussé les Sarmates , qui ctoient accourus pour piller rillyrie, la Tlirace, et même l'Italie, Carin s'avança, avec Numérien , vers l'Orient l'an 283. Une guerre civile occupoit à cette époque le belliqueux roi des Perses, Vararane II; de sorte que Carus se rendit facilement maître de la Mésopotamie , fit de grands ravages dans la Perse, et prit Sélcucie et Ctésiphon sur le Tigre (aujourd'hui Al-Modaïn, ou les deux villes).

Carus se préparoit à poursuivre les Perses au-delà de ce fleuve, quoique les oracles eussent prononcé qu'il seroit funeste aux Romains de porter leurs armes plus loin que Ctésiphon, lorsqu'il périt dans sa tente, l'an 283, frappé par la foudre pendant un violent oraire '. On regarda cette mort extraordinaire comme une punition de son mépris pour la voix du destin. Au reste Vopisque assure que cet orage fut si violent, que plusieurs personnes moururent de frayeur. Malgré ce préjugé populaire, Carus fut placé au rang des dieux, comme le prouvent ses médailles , il est probable que ce fut un acte de piété filiale.

On lui a donné long-temps pour épouse Magnia Urbica ; mais elle le fut de Carin.

N-ii. Le n° 1 1 de la planche LIX présente, sur un médaillon de

bronze, le buste de Carus couronné de laurier, et revêtu d'une cuirasse ornée de la tête de Méduse, avec la légende IMVerator Cœsar Marcus AYReliiis CARVS Fi'us Yelix KNGustus. Revers ,

(i) Les oracles de ce genre étoient souvent le résultat de Tc^périence du sénat, ou l'effet de sa prévoyance.

MONETA hNGGiistonim. Ces Augustes sont, le père, qui éloit ch*p. xiv. le seul véritable Auijuste, et ses deux fils, appelés du même nom , ^""f*"""

îJ ' 'Xi ' après Gallien jus

parcequ'ils appartenoient à la famille impériale '. quà DiociéUen.

PI. LIX

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