‹ Iconographie romaine (volume 5)Chapitre 75 sur 139 · CARIN, EMPEREUR · texte numérisé non relu

CARIN, EMPEREUR

ET MAGNIA URBICA SON ÉPOUSE.

Les morts funestes de Calii^ula , de Néron , de Domitien , et des autres monstres qui portèrent le diadème , n'empêchèrent point Carin d'imiter leurs vies licencieuses. Il fut, comme eux , indolent, hautain, cruel, dissipateur, plongé dans toutes sortes de débauches, et ne se plaisant que dans la société d'hommes aussi corrompus que lui. Mais le cruauté de Carin offrit une particularité qui ne se trouve dans les fastes d'aucun des princes qui l'avoient précédé dans cette honteuse carrière' ; il persécuta ceux qui avoient disputé contre lui dans les écoles, ou qui n'avoient pas prodigué les éloges aux déclamations qu'il composoit dans son jeune âge.

( I ) Eclog. 1,45. (2) Vict. , EpÙ. , XXXVIII.

PI. LIX

Créé César par son père Carus , Tan 1S1 ( io35 de Rome j avec chv... xiv. son frère Numérien, il reçut bientôt après, avec lui, le titre '"i'T"'^'^

"a 1 ' ' après Gallienju

dHimperator; mais ces deux princes ne portèrent celui d'Auguste qu'àDiociénen. qu'après la mort de leur père, tué par la foudre l'an 283. Cette mort prévint le juste châtiment que Carus vouloit infliger à son fils criminel. Ayant appris les débauches dans lesquelles il \ivoit, il s'écria avec douleur, «Il n'est point mon fils ' ! 55 Un historien contemporain, cité par Vopisque, assuroit qu'il avoiteu le dessein de lui ôter le titre de César, même la vie ; et d'adopter à sa place Constance-Chlore, gouverneur de Dalmatie, créé depuis César par Dioclétien.

Carus fut forcé par la trop grande jeunesse de Numérien , prince d'une rare sagesse, de laisser le gouvernement des Gaules et des autres provinces occidentales à son aine Carin, lorsqu'il marcha contre les Perses. Celui-ci ne signala son pouvoir que par des crimes et des folies; il chassa les conseillers que son père lui avoit choisis , et les remplaça par les hommes les plus méprisables ; il nomma un de ses huissiers préfet de Rome; il remplaça par l'agent de ses débauches le préfet du prétoire, qu'il avoit tué de sa main; enfin il fit don à un histrion de deux énormes défenses d'éléphant (longues de 9 pieds frauçois , ou 1 mètres 96 millimètres) qui avoient été destinées par Aurélien à l'ornement d'un trône pour Jupiter.

La mort de Numérien et l'élection de Dioclétien réveillèrent Carin du honteux assoupissement dans lequel il languissoit à Rome. L'an ^85 il marche vers l'Illyrie pour combattre Dioclétien ; mais il eut à repousser un nouveau prétendant à l'empire, Aurele Julien, qui, étant gouverneur de la Vénélie (aujouid'hui

(i) Vopisr. , ('/( Cnro.

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cmap. XIX. Tétat de Venise) , avoit revêtu la pourpre dans les Pannonies. Il Kmper.u,* jg vaînquit dans les plaines de Vérone. Enflé de ce succès facile ,

njirèsGiillien jus- 1

,,<ià Diochmen. [\ Kvra plusieurs combats aux troupes de Dioclétien; il obtint " "'^ même une grande victoire près de Viminiacum, dans la Mœsie ( non loin de Gradisca , dans l'Esclavonie ) ; mais, ayant poursuivi les vaincus avec trop d'ardeur, il se trouva éloigné de ses gardes prétoriennes. Alors un tribun dont il avoit souillé la couche nuptiale , et des soldats , qui le baïssoicnt à cause de ses cruautés, le percèrent de coups. Carin n'étoit âgé que de trente-six ans, et il n'avoit régné que pendant une année.

On croit, avec beaucoup de vraisemblance, que Magnia Urbica étoit son épouse.

N" i3 Le médaillon de bronze dessiné sous le n" i3 de la planche LIX

présente le buste de Carin couronné de laurier, tenant une lance et un bouclier sur lequel est gravé l'empereur à cheval, perçant de sa lance plusieurs ennemis, avec la légende TSlPerator Cœsar Mardis AYTvelàis CARINVS AYGustus. Revers , les trois Monnoies , avec la légende MONETA AYGGustorum , de Carus, véritable Auguste, et des deux Césars ses fils, appelés Augustes, parcequ'ils appartenoient à la famille impériale. K' 14- On voit sous le n° i4 de la planche LIX le buste de Carin,

portant la couronne de laurier, avec la couronne radiée et l'égide en forme de cuirasse. Il est gravé sur un camée bien conservé. Ce monument est d'autant plus précieux, que les camées sont fort rares à cette époque de l'histoire. Je n'ai trouvé aucuns renseignements sur le possesseur de cette pierre gravée en relief, que j'ai fait dessiner d'après une pâte de verre.

N" i5. Magnia Urbica n'est connue que par ses médailles. L'histoire

n'en fait aucune mention; c'est pourquoi on l'a donnée pour

épouse à plusieurs empereurs, à Maxence d'abord, puis à Carus. cun. xiv. En 1755, le baron de Stosch publia à Florence une lettre dans Empereurs

après Gallienjus-

laquelle il donnoit à cette impératrice Carin pour époux , d'après ■i»'-'' Diociétieu. une médaille de petit bronze que l'on voit gravée ici sous le n° 1 5 ^^' ^^^' de la planche LIX. Elle présente d'un côté une tête de femme ornée d'un diadème, avec la légende MAGNIA YPiBICA AYGusta. Revers, le buste d'un empereur jJortant un casque orné de laurier, tenant son bouclier d'une main, et de l'autre la bride d'un cheval; légende, IMVerator CARINYS AYGustus. Quoiqu'on ait élevé des doutes sur cette médaille, que Tanini a reproduite; quoique Belley ' y ait reconnu une femme de la famille de Carus, mais non l'épouse de Carin; cependant RhelP a soutenu de nouveau l'opinion contraire, celle de Stoscb , et EckheP l'a fortifiée de son suffrage.

Le n° 16 de la planche LIX présente, sur un médaillon de n° .g. bronze, le portrait de l'épouse de Carin, ornée du diadème, avec la légende MAGNIA VRlilCA AYGusta. Revers, une femme assise, ramenant un voile sur son visage (la Pudicité ) ; à ses pieds, deux enfants; derrière elle, une femme debout, tenant un caducée et une corne d'abondance : légende, PVDICITIA AY Gustag

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