EMPIRE NON DIVISÉ
-TENDANT les soixantc et dix-neuf années qui s'écoulèrent entre la première du règne de Dioclétien et la dernière de celui de Julien II, il est difficile de placer autrement que dans Tordre chronologique les empereurs qui portèrent le nom d'Auguste, soit en même temps, soit successivement. J'ai trouvé cependant le moyen d'établir trois coupes assez distinctes: la première, dans laquelle l'emj^ire ne fut point divisé, quoique Dioclétien se fût donné un collègue, à l'exemple de Marc-Aurele et de quelques uns de ses successeurs; la seconde, qui commence à l'époque où les empereurs Galere-Maximien et Constance-Chlore partagèrent l'empire; la troisième enfin, celle où Constantin, suivant l'exemple de son père et de Galère, quant à la division de l'empire , apporta cependant un grand cliangement dans la constitution romaine, en substituant le christianisme à l'antique
(1) Dansce cliapitre, j'ai eu pour {;iiides ticle de Dioclélien et de ses successeurs,
Eutrope, Sextus RulVis, les deux Victors , jusqu'à Julien, de l'ouvrajîe de M. J. Nau-
Orose, Zosime, Zonare, Lactancc, Aniuiicn det, couronné par rAcadéniie des belles-
Marcellin , et les premiers historiens cliré- lettres , dont il est membre aujourd'hui, tiens ; je nie suis beaucoup aidé, pour l'ar-
74 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.
Chai. XV. rcllgioii clc Télat, cl en transportant à Byzancc la résidence des
n.otiç..on empereurs avec le sïé^e du gouvernement. Clic-, empereurs. Pour falrc scntlr combien il est difficile de porter un jugement sur les empereurs qui ont persécuté les chrétiens, d'après les écrivains qui appartiennent à celte religion, je citerai le passage suivant d'Eulrope, qui écrivoit dans le siècle de Dioclétien , le quatrième. «Dioclétien fit prisonnier Achillée, qui étoit assiégé depuis huit mois dans Alexandrie, et il lui ôta la vie. Il usa cruellement de sa victoire, en punissant toute TEgypte par les proscriptions sanguinaires et par des meurtres. Cependant il fit à celle occasion un grand nombre de règlements très sages , qui sont encore en vigueur aujourd'hui '. n Orose, écrivain chrétien du cinquième siècle, emprunte à Eulrope le passage qui condamne Dioclétien, tandis qu'il supprime entièrement celui qui donne des éloges.