‹ Iconographie romaine (volume 5)Chapitre 81 sur 139 · COLLEGUES ET SUCCESSEURS DE DIOCLÉTIEN · texte numérisé non relu

COLLEGUES ET SUCCESSEURS DE DIOCLÉTIEN

EiMPIUE DIVISÉ.

Après dix années de tanquillité, procurées par la soumission que l'empereur Maximien et les deux Césars témoignèrent toujours pour Dioclétieu , appelé le Père des Augustes , les Romains virent avec peine la division de l'empire, proposée par l'ambitieux Galère, et consentie à regret par Dioclétien. Cette division fatale sembloit exister depuis l'association de Dioclétien et de Maximieu; mais le respect du dernier pour celui à qui il devoit son élévation , et la docilité que montrèrent pour lui pendant quelque temps les deux Césars, en retardbient l'accomplissement. C'étoit, comme dit Montesquieu % une puissance unique exercée par plusieurs. Même après que la division eut été effectuée, cliac|ue empereur paroissoit encore être le souverain de tout ce qui obéissoil aux Romains ; car chacun d'eux nommoit toujours ses collègues dans les lois qu'il faisoit, et ceux qui leur adressoient des suppliques sembloientles rendre collectives. On doit dire cependant que , loin de détruire la cause des guerres intestines. Dioclétien l'avoit seulement déplacée. Les empereurs

(i) Mes fjuides, dans ce chapitre, sont (2) Grandeur et décadence des Romains,

les mêmes que ceux du chapitre précédent. liv. XVII.

SUCCESSEURS DE DIOCLETIEN gS

combattirent entre eux depuis lui, comme les généraux l'avoient („,p xvi. fait avant lui. collègue ei suc-

tesseurs de Dio-

Lactance ' est celui des écrivains parvenus jusqu'à nous qui a ciétien , excepte

,T, . , . p lIT'-i Conslamin et sa

pemt le plus cnergiquemcnt les suites lunestes de la division de famiiie. l'empire : division dont seul il a cru trouver la cause dans la ti- '' ' ^ midité de Dioclétien , qui l'empêclioit de s'exposer aux dangers. Chacun des quatre empereurs voulut avoir sous ses enseignes autant et même plus de soldats et d'officiers qu'on n'en voyoit jadis sous celles de l'empereur unique; les sommes employées à leur solde furent énormes. On multiplia les impôts , et les laboureurs abandonnèrent les champs, qui ne pouvoient plus les nourrir. Plus les contribuables étoient appauvris, plus on multiplioit les exacteurs. L'Italie , qui n'étoit obligée qu'à fournir des vivres à la cour des empereurs et aux troupes de leur cortège, fut, de même que les autres provinces, contrainte à payer les tributs. Enfin le nombre des officiers civils étant aue^meuté dans la même proportion que celui des officiers militaires, et les patrimoines des habitants des villes ne pouvant suffire à fournir aux dépenses municipales qui étoient à leur charge, ils abandonnèrent les cités pour se soustraire aux dignités dispendieuses de la curie. C'est alors que les carrières et les antres de la Thébaïde devinrent la retraite des Antoine, des Paul, de ces exilés volontaires qui préféroient les rigueurs de la vie cénobitiquc aux tumultes des camps et aux agitations perpétuelles des cités.

Constance-Chlore prit le premier, depuis les fils de Vespasien, le surnom de Flavius. Ce surnom désigna sous la république une famille assez obscure. Vespasien et ses fils lui donncrcnt une véritable illustration. Depuis eux il tomba dans l'oubli, jusqu'à

{\) De Mort. Posée, cap. M], i\. (2) Vict. , Gw., XXXIX.

96 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

c.iAr. XVI. ce que Ton vit monter sur le trôuc des Césars Claude-le-Golhique, coiiecucseisu.- ^^^ Trcl)cllius et Vopisque appellent Flavius Claudius', quoi-

• csscurs (le Dio- x 1 l 1 1 ' i

riéticn, excepté qu'on ue lise rien de semblable sur ses médailles. Constance-

f'.nnstaiitiii el sa ^

tainiii. Chlore, que Ton croyoit descendre de cet empereur, prit le

" '^ surnom de Flavius sur tous les monuments; et il fut imité en cela non seulement par ses descendants jusqu'à l'empereur Julien inclusivement , mais encore par des princes et des princesses qui n'étoient point issus de ce noble sang; tels que Fausta , épouse du grand Constantin; l'usurpateur Magnence; Jovien, qui succéda à Julien ; enfin, après eux, un grand nombre d'empereurs et d'impératrices. Il en avoit été de même du nom de César, qui auroit dû finir avec Néron, dernier rejeton de cette famille, et qui fut cependant adopté par ses successeurs. • Les historiens nomment quelquefois Galère le premier des deux Césars , parcequ'il étoit gendre et fils adoptif de Dioclétien ; cependant Constance est placé ici au premier rang et avant Galère parcequ'il l'est ainsi dans les fastes et dans les inscriptions, et parcequ'il descendoit d'aïeux très recommandables.

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