‹ Iconographie romaine (volume 5)Chapitre 84 sur 139 · PREMIERE ÉPOUSE DE CONSTANCE-CHLORE · texte numérisé non relu

PREMIERE ÉPOUSE DE CONSTANCE-CHLORE

M Lxi. Les chrétiens rendent les plus grands honneurs à la mémoire

de sainte Hélène , première épouse de Constance-Chlore. Ils

(1) En 1826, M. le baron Marchant a opinion qui nie paroit très vraisemblable,

émis sur les médailles qui présentent le La nature de cet ouvrage ne me permet

nom ou l'effigie de quelque Hélène une pas d'en rapporter les preuves. Voici cette

SUCCESSEURS DE DIOCLETIEN. loi

attribuent à ses conseils , avec vraisemblance , la protection que cmp. xvi. son époux accorda aux lideles; et avec raison l'adoption du Collègues et suc-

1 'A cesseurs ue U»o-

cliristianismevpour la relimon du prince et pour celle de Tem- <=i.;'ien, excepté

^ O 1 i Constantin et sa

pire, solennellement proclamée par son fils Constantin. C est famiiie. ainsi que l'on vit depuis sainte Clotilde et plusieurs autres princesses exercer la même influence sur l'esprit des rois leurs époux. Sans vouloir juger les moyens que la Providence choisit pour l'accomplissement de ses desseins , et qui sont au-dessus de l'intelligence humaine, ne peut-on pas attribuer en partie le noble intérêt que prirent à la propagation du christianisme ces pieuses femmes, à l'abolition de l'esclavage qu'il proclamoit, à la fraternité qu'il établissoit entre tous les hommes, et à la sainteté du mariage (la monogamie) qu'il substituoit à la polygamie, plus ou moins complète ?

Quelques soins que les historiens ecclésiastiques aient apportés à recueillir de nombreux détails sur la vie de sainte Hélène, ils ne donnent cependant pas les moyens de déterminer son âge ' à l'époque de sa mort, ni l'année de cette mort. On sait seulement qu'elle étoit fort jeune lorsqu'elle devint l'épouse de Constance , et qu'elle m^ourut peu après l'année 32,7, non à Rome, car Eusebe ' dit que l'on y transporta son corps pour le déposer dans la sépulture des empereurs. Lorsqu'en 292 Dioclétien donna le titre de César à Constance, le collègue de cet empereur (Maximien) adopta le nouveau César; il le força à épouser Theodora sa belle-fille, et à répudier Hélène, déjà mère de Constantin. C'est le seul enfant qu'elle ait eu , ou du moins le seul dont l'histoire fasse mention.

opinion dans ses propres termes : « On siècle de cet empereur, qui nous sont par-

doit attribuer à SAINTE Hélène, nicre de veiuu's avec le nom d'IlÉLENE. » {f^e suite.

CoHS(an(m-/e-G»anf/, toutes les médailles du Li:Urc XFII'.) (i) Euseb. , c. xi.vii.

famille.

PI. LXl

102 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.

cuA.-. XVI. Les écrivains sont partagés d'opinion sur la nature des liens Coiiegucâ ei suc „^^ Tunissoicnt à Constance. Zosime', la Chronique d'Alexan-

cesseurs de I)io- .•■ •"

cictien, except.- dHc ', saiut Ambroisc ^, et quelques autres, ne les reconnoissent

Constantin et sa • 1 ' 1 1 r-I • « 11 r>

pas pour un mariage légal; la Chronique même appelle Constantin enfant illégitime. Mais de fortes inductions , tirées de textes des deux Victors, et le titre d'Auguste donné à Hélène par son fils, ont porté le judicieux Tillemonf* à rejeter leur opinion.

Sainte Hélène .vécut dans la retraite jusqu'à l'an 3o6, que son fils, parvenu à l'empire, lui donna le titre d'Auguste, un rang distingué dans sa cour, et des revenus destinés à lui faciliter l'exercice d'une ardente charité. Eusebe' assure que cétoit lui qui la convertit à la foi ; mais on peut croire qu'il veut parler seulement du culte ostensible qu'elle rendit au dieu des chrétiens , l'an 3i 1 , à l'exemple de son fils et de toute la cour. Sainte Hélène éprouva une grande douleur en voyant la fin tragique du César Crispus, sou petit-fils. Elle ne pouvoit s'en consoler, et elle blâmoit hautement l'arrêt qui lui avoit ôté la vie^ L'an Ssy, Constantin appela de son nom, Hélénople, le bourg de Drépane en Bithynie, qu'il éleva au rang des villes. Sa mère s'occupoit à faire construire des églises dans divers endroits, mais sur-tout en Palestine; province qu'elle visita plusieurs fois pour satisfaire sa piété. Elle s'y trouvoit encore l'an 327, année que l'on croit avoir précédé immédiatement sa mort. Elle étoit âgée de plus de quatre-vingts ans , selon un auteur cité par Suidas-.

Quoique son fils lui ait fait élever des statues, nous ne pos-

(i) Lib. II, c.viii.

(2) Chronic. Alexand. , p. 65o.

(3) Ambr. , De diversis.

(4) Tom. IV, n. i.

(5) Fit. Constant., III, 47.

(6) Suidas, voce Kpi<rz);;. Codin., p. 34o.

(7) Suidas , voce Eoria&ç.

PI. LXI

SUCCESSEURS DE DIOCLETIEN. io3

sédous de portrait de cette princesse que sur les médailles; et ciup xvi. encore s'est-il élevé de fortes contestations sur leur authenticité, •^""«^gi^w «suc-

cesseurâ de Uio-

Trois princesses de cette famille avant porté le nom d'Hélène, la cietien, excepté

" Constantin et sa

mère de Constantin , l'épouse du César Crispus , et celle de l'em- famiiie. pereur Julien II , il est fort difficile de distinguer les médailles qui appartiennent à chacune d'elles. Eckhel ' a établi cette distinction avec une grande vraisemblance. Il attribue à sainte Hélène celle de petit Ijronze qui est gravée ici sous le n° y de la planche LXI. On y voit sa tête avec la légende FLai^iœ lYhi'œ HELENAE AYGustœ. Revers : légende, PAX PVBLICA; type, femme debout tenant un rameau d'olivier et une lance; exergue, CONSE.

FLAVIA MAXIMIANA THEODORA,

Page 1