CHAPITRE XVIII
i.xn, et Lxin.
OBSERYATIOiNS GENERALES.
11. Lx,Lxi, -L'empire romain prend une nouvelle face. Sauf quelques exceptions qui ne changèrent pas sa constitution, il n'avoit été gouverné que par un seul Auguste. Dioclétien, prince d'une prudence consommée , crut devoir modifier cette forme ; il créa deux Augustes et deux Césars qui dévoient gouverner ensemble; mais les deux seconds ne dévoient agir que d'après l'impulsion des deux premiers. Galère voulut rétablir l'unité d'empereur; non qu'il la crût nécessaire au bonheur de Rome, mais parcequ'elle favorisoit son penchant pour le pouvoir absolu. Il en fut empêché par des circonstances indépendantes de sa volonté. Devenu seul empereur par la défaite de Licinius, Constantin fut le maître de choisir le plan de Dioclétien, ou celui de vjalere ; il se décida pour le dernier, quoiqu'il agit autrement par la suite et dans ses dernières dispositions. Mais celte unité de chef prévalut à la longue, et ce fut une des principales causes
(i) Mes guides, dans ce chapitre, sont chrétiens, les empereurs Constantin (Oraf.
Eutrope, Sextus Rufus, les deux Victors , ad sanctorum cœtum, Eusebii Hist. eccles.
Ammien Marcellin , Orose, Zosime, Zo- SH^y'ccffz ) et Julien. nare , Lactance , les premiers historiens
qui soutinrent si long-temps l'empire sur le penchant de sa chap. xvni.
Constantin
ruine. , , „
et sa iamille.
Donnerons-nous le même éloge à Tadoption de Byzance pour pi lx^lxi, la capitale de l'empire régénéré? Si l'on devoit rigoureusement fixer dans le centre d'un état la position de la \ille principale, Constantin auroit commis une grande faute; mais si elle doit, par sa situation, mettre le souverain à même de se porter le plus promptement à la défense des frontières les plus exposées aux attaques des peuples ennemis, Constantin agit en politique habile, car c'étoit dans l'Orient qu'ils se trouvoient en plus grand nombre. D'ailleurs , si l'on doit juger cet acte d'autorité par les suites qu'il a eues , comme je l'ai fait pour le précédent, il trouvera son apologie dans les dix siècles écoulés avant que l'empire d'Orient n'ait pris fin. Déjà même la nécessité sembloit en avoir été sentie par les derniers des prédécesseurs de Constantin, qui préférèrent au séjour de Rome celui de Niçomédie et celui d'Antioche.
Le préfet du prétoire ( des prétoriens) , chef de toute la milice et juge par appel d'un grand nombre de causes civiles, étoit devenu une puissance redoutable pour les enapereurs , qu'il avoit changés souvent à son gré, et auxquels il avoit fait plusieurs fois ôter la vie. Cet abus désastreux fut détruit par Constantin, qui créa quatre préfets du prétoire, auxquels il ne laissa que des fonctions civiles , et deux maitres de la milice. Par cette mesure, l'empire fut délivré des guerres civiles qu'occasionoient le changement fréquent et la muhiplicité des empereurs, et l'on doit y reconnoitre la sagesse de Constantin. Mais on ne peut donner le même éloge à la nouvelle disposition qu'il établit (et qui subsista toujours après lui) relativement au séjour permanent des légions. Elles étoient campées près des frontières, sur les bords
i42 ICONOGRAPHIE ROMAINE. Part. II.
chap. XVIII. des grands fleuves et hors des villes ' ; Constantin , en les établisconsianui. ^.^^^^ dans Ic cœur do reninire, détruisit les barrières que ces
et sa tanuile. l ' ^L
l'i Lx,Lxi, troupes opposoient aux courses des barbares, et il les exposa à