LARGILLIÊRE — VANLOO — LA TOUR — LENOIR
N ne saurait nier, qu'au triple point de vue de l'art, de la curiosité et même de l'histoire, une recherche iconographique sur cet incomparable écrivain, dont la bibliographie forme à elle seule des volumes, serait un travail d'une utilité, d'un attrait incontestables. L'ensemble des estampes relatives à Voltaire que l'on est parvenu à recueillir à la bibliothèque de la rue de Richelieu, est représenté par trois énormes tomes in-folio, qui, comme nous aurons occasion de le constater, ne sont encore qu'une portion, considérable, il est vrai, de ce qui a été gravé et pubUé de son temps. Ce ne serait là d'ailleurs qu'un des côtés de la tâche; il y aurait à
6 ESSAI D'ICONOQ.RAPHIE VOLTAIRIENNE.
inventorier en outre les portraits, les bustes, les difFérentes médailles dont il fut Tobjet, enquête longue, pénible, presque insurmontable, s'il s'agit d'être aussi complet qu'exact. Cependant ce travail a sa séduction , nous allions dire sa fascination ; et nous y avons cédé, sans nous flatter de triompher de tous les obstacles, mais encouragé, stimulé par l'espoir de mener jusqu'à un certain point une besogne que d'autres pourront reprendre et parfaire. La seule méthode que nous suivrons sera Tordre chronologique : ce sera une biographie de Voltaire par images, un aspect de son histoire et un aspect assurément fort piquant. Aussitôt qu'il s'agit de l'auteur de Candide^ tant de faits intéressants, d'anecdotes amusantes se mêlent auxmoindres incidents, que le défaut le plus aisé à éviter est l'aridité et la sécheresse. L'observation peut retomber sur nous de tout son poids, nous le savons; mais, s'il y a peu d'adresse, il y a de la loyauté à le reconnaître.
Le premier portrait du poëte, qui nous l'offre dans toute sa jeunesse, dans la fleur de ses vingt-quatre ans, est celui que peignit Largillière, en 1718, et dont il existe une copie au musée de Versailles, sur laquelle nous aurons à revenir. L'original était destiné à M"" Suzanne de Corsembleu, une jeune et jolie fille, à laquelle l'auteur à! Œdipe avait donné des leçons de déclamation, au château de Sully, en attendant qu'il la fît débuter sur notre première scène, celle enfin qui s'attira, par son manque de mémoire , cette impertinente mais charmante épître des vous et des lu :
Philis, qu'est devenu ce temps Où dans un fiacre promenée...
Mais M"* de Livry (encore un de ses noms*) s'était métamorphosée en marquise, en marquise de Gouvernet ; elle n'avait dès lors rien de mieux à faire que d'oublier le passé. Le procédé n'était déshonnête qu'à l'égard du poëte dont il eût été convenable au moins de renvoyer le portrait. Suzanne s'en garda bien. Ce ne fut que
I. Elle en avait trois, et s'appelait Suzanne-Catherine Grave t de Corsembleu de Livry.
soixante ans plus tard, en 1778, après une visite trop innocente de cet octogénaire qui' allait- mourir -et avait eutbufJe.temps 'de pardonner, que la vieille marquise se dessaisissait de, ce souvenir presque séculaire et le faisait remettre à M"' Denis/On sait rexclamation mélancolique de Voltaire à la suitç dé .,cett:e entrevue de fantômes : « Ah ! mes amis, je viens* de passer^ i^in î>ôf^ » C'est ce
même tableau qui. fi^uraii à la Vénte-dù (ferjpièr n^arqviis'de Villette, en i86t, après l^asséz scandaleux procès qui eut Jieîi entre MM. de Montrétifl êr l'évêque de. Moulins, Monseigneur! de Dreux-Brézé. Il fut acquis. au prix ae^ 6, 20^^^ Il est des gerjs.qùe Pon.n^,^ jamais vus qu'avec lés ridés, lès chë^véux gris^ Tâir atù^isté dès liniités de la vie. Qui s'imagine M^'^'délMàintenon' autrement qù'eii guimpe, que dans cette' attitude: plutôFréseirée qu'aux dé/Rigaud?
Elle a 'été' pburtânf^et-gi'àcieusé et jolie plus qù'aïkf une fëinme de son tempsV'de tdûs'des^éMiàux dé"Pétitôti rièùs^né connaissons pas un visage éclàiré'de 'plùs-'lîéàùx et- d&ux yetix'qiié le porfrait, d'ailleurs si finenjéiït fai^i qu'il nous '^à- laissé d-èllé Ml 'né faut pas un moindre effort de *• réfléxîoh*^ ^lîf 'admettre ' qixe l'auteur ^de Zaïre ait eu vingt ans tout* côiHme'ùri autre, 'qu'il* ait'- pu avoir de la gentillesse, une physiôftbmifr' agréable qiiè^devsSéhtaniîhér étrelévéjrle'j)éCillement d'escarbbuôle's dont le feîi-rie s'éteindra- qu'avec la vie- et les;;inëëssantes étincelles de cet esprit incomparable:' Le .tableau ile-^ a
cela de précièiix-pbuf hous^ qu-'it est le seùl^qui tiblislâit' transmis un Voltaire espiègle, à la mine' éveillée, brillant, avântageiDC>*'. ■ U n'est plus un .jeune"- hbmme dans lé tableau- de La Tour,- s'il' est «encore un homme 'qu'on -peut aimer, puisqu'on* l'aime et -d'une façon assiu-émèht aussi dévouée que passionnée j ^ ' •
I. Le Hfa^uel^àe, l'amateur d^estampes, t. ,1, p. 619, indique . un . dessin du comte de Caylus : Voltaire à la Bastille^ que nous avons vainement cherché dans son œuvre si complète, à la Bibliothèque nationale. Caylus était lié avec l'auteur de la Henriade; ce dessin devait avoir été fait à l'époque de la détention du poëte ; c'était donc un portrait de Voltaire à l'âge de vingt-trois à vingt-quatre ans, et nous sommes aux regrets de ne l'avoir pas retrouvé. Il existe deux estampes modernes ; la première : Voltaire à la Bastille^ Ch2i99elsit del., parue dans le Miroir ; la seconde : Arouet^ publiée par Leclère, mais l'une et l'autre sans la moindre valeur.
Cette élégante et spirituelle œuvre de Largillière a été souvent gravée. Signalons particulièrement les estampes suivantes :
Alexandre Tardieu. Médaillon^ encadrement rectangulaire, in-8*, très-remarquable .
Dumantort. Médaillon, enc. rect., in-S**; très-beau.
Etienne Beisson. Médaillon, enc. rect,, in-8*.
Couché fils. Médaillon, enc. rect., in- 12.
Et. Fessard (édition de la Henriade, d^Amsterdam, 1748,) in-8^
Pujos delin., Bertoni sculps. H. o'", 16. L., o'", 10.
J. Mollisson [Voltaire et Rousseau^ de lord Brougham, 184$), in-8°.
Il existe bien, du même temps, un portrait sans indication de nom et qui nous restituerait un Voltaire aussi jeune et plus jeune d'apparence que le Voltaire de Largillière*. Le personnage a un habit brodé d'or; il tient de la main droite une plume, et un portefeuille de la gauche. Nous ne devinons pas ce qui a pu donner lieu à une pareille attribution ; mais cela ne ressemble ni de près ni de loin : ce n'a jamais été Voltaire. Cette toile ne saurait figurer au musée de Versailles, où on la voit au deuxième étage (n* 3883), qu'à titre de spécimen du costume du temps, et sans grande utilité dans une galerie où le xviii* siècle est abondamment représenté. Ce portrait a été gravé par Bertonnier * .
Nous avons rencontré encore, chez un curieux, un Voltaire de ce temps, jolie toile élégante, bien peinte, de Vanloo. Le poëte tient à la main son OEdipe. La Henriade, qui parut en 1723 sous le titre de la Ligue y n'a pas sans doute encore fait son entrée clandestine dans Paris; Voltaire doit avoir de vingt-six à vingt-huit ans. Le tableau, après avoir dormi trente ans dans l'hôtel fermé du marquis de Villette, ne revit le jour que pour devenir la proie du plus fort enchérisseur, ce qui est la destinée commune des tableaux et de bien
I. Citons^ pour mémoire, une estampe de Voltaire à Tâge de vingt-deux ans, de Benoist, qui ne rappelle en aucune façon cette physionomie endiabléd du jeune Arouet.
a. Ne pas confondre avec le portrait de Latour gravé par lui et indiqué plus bas.
.ESSAI D/ICQNQG.R.APHI;E VOLTAIflLipNNÇ. ,9
4-auttes chQsesw Gomme pQrjtrait l'on>n'eiBt, qa:Hi§uffisai}iinftrit^atisfaif j ce n'eafc tiî; cette. yivaciié, oii:ert; <»il4)eullîuit.ide la. ;toU&^de . l^rr gilKère; celai donne, Tidée *d;':Ui) .«Sprit .plU3! rassis; pluft câliné,-: pîiiS longanime tquû: ne lenfû ticei salpêtre, fait ^hoibme \ -'; •, ' » ';> ArriironSi âu,:pafitel...de: :La tTpi«jr^ qui est de. lyjô. .G*wi Mî^ ::dur tichâifeelct oqui Je jjSQubaita^ c'est' pojar- elle (ju'il fut fait. Là poât^iâtaittalôrsi'à cCtrey;.^ i:Q.se»^ l!ûbjet*:dçt toute une corres? pfmdanee ' eittoe^ui ««: :l?alibé.\IVlous6ihot, q^i rSô. cjiargiersi de, voir le péid3àp«/'.d&'lnitâommuhiquer les obsenratJQn^ :.er l493Ld(^ir$:^de^is.Qn mèdèkr/ Le portrait. de: ;La- Tour est: le.pUis. cqohû 'di^Sr.pQi:tra^«'de ¥x)ltairû :ic'èstiOel|ii:qû est reproduit daRjS::l9.plu.par( di^s édijtiQt|s.de ses^ œuvres j^Ypltairei à. -quarànterdeux • 4ns:; soa visage p^a plusi.c^ aîr^ouverti ductaUeauîdé.LargiUière. Le.|ije9,s'&st^alloi}g[é>:l4 jiâriqe t^dst élargièr/.Ia loaôHe; en revanche, s^est.piiicé& Qt/jSQnit>lQ.pçQm@l;^e piùs d'épîgmimies que ^dé .madrigaux \ IL est *âeb0U(:et .tiçnCvûn.-JiiYrâ àMà^ main.' Natarellement; lés amis; le tQûrmeritèrojît pour, avoii: deç eopiês,(étril priera: SDitoffieiéux. factotum d -ajouter jau^ autres. pëin:e^ iqu-il.voulaitibisn'.se: donner celle d^ répoh4re^ à'.C.e.t7 Q^pressemQQt ôbligtftnti > Faites' fiiirè;d;abordldeux.bonnes^copieà,,aprè3 quoi nçu} en- ferons '.df autres:;'! mais îveÛ£r;ce ique^je .voudrais : qup .1» ,pr9n(ièrç popie se fasse .avec ; tout le . savoîr-ffaire '[et .toute l^h^ileté;, dç la copiste, afin qu'elle '.puisse .servie. -d'origixial aux ^uticéSg {>è$,que çertie "preniièxé cdpîe sera: fakè. Je; vdiis*^ prierai -de,* I^l faire. '«^Eajiii^^ et retoucher parj Latoiui. i>Ciapendaatf. votis;,m'fenYeiTiêz.':.mq(p:, Ofi^n^l bien én«adrêj bien; eiripaq'Uétéi et. sur cette' ;préîrtiè«e;.cia{ïi^ ygus pi* feriez : faire .utf é . miniaiurè pour porteir is à . Ilaguê .' . Le. plus- tô t , i, wq'q eher ^bé; oh cette affaire -comme ea.totut,:sera.le;miëux:(i2:a,vi-il 1.736/. :j).:Aîilsivc*est lune: femnie À qui est:. échue -cette ij^^^Ogne '4e
X. Ce tableau appartieac à Af. Léonce Leroux, auquel nous* en devons la cômmùnlcatidii gracieuse; il fetiànt de M. Petit, alors m^irchand de bric-à-brac, 'nie des ^dts^Clunîps: •«
a. L'on a trouvé le masque de La Tour indiqué convne suit, dansjès, J^zttX-/9rr«« àt JuUf de.Goncourt, CdXdio^MG de Philippe Burty (Paris, 1876), p. 17.^ « Premier itat^ légère marque , de pointillé,— Deuxième Air," reprise' des travaux au pointillé.— Troisième /rtfr,avec*'Vbltajré à gauche; à Sroite^ J. G. 73: H. o'»,a4. L. 6% 18. 'CoUection dé M. Eudoxe MvciUe. * . *'
lo ESSAI D'ICONOGRAPHIE VOLTAIRIENNE.
reproduction . Le portrait de La Tour et ses copies sont une de ses préoccupations du moment, et trouvent leur place obligée dans ces étourdissantes épitres où il est simultanément question de finances, d'achats de livres, de générosités, de théâtre, de chimie, de tout enfin. Voltaire est homme d'ordre principalement, d'une économie bien entendue et réglée. Il témoigne à son ami le chanoine le regret un peu tardif de n'avoir pas pris ses sûretés avec l'artiste, en faisant son prix à l'avance. 11 a manqué de prévoyance en cette circonstance ; mais c*est là une faute qui ne se répétera point. « Je suis très-fâché qu'on n'ait pas fait marché avec le peintre. Dorénavant, je ferai des marchés pour tout, fut-ce pour des allumettes, car les hommes abusent toujours du peu de précaution qu'on a pris avec eux (30 juillet 1736). » C'est voir l'espèce humaine sans trop d'illusions. Mais Voltaire avait déjà été dupé plus d'une fois ; il avait été plus d'une fois victime de friponneries, supportées d'ailleurs assez philosophiquement. Il faisait la part du feu; en esprit positif, il la faisait la plus mince possible. Le portrait attendu arrive enfin, il ne lui plaît qu'à moitié; Voltaire se trouve là, en effet, un peu éteint et médiocrement à son avantage : « Je voudrais qu'il fût plus empâté etplus vif de couleur, dit-il. Pourriez- vous en faire exécuter quelque copie un peu plus animée? » En définitive, cela ne le touche guère, et l'observation faite, il n'y reviendra plus.
Cette miniature, pour porter en bague, dont il est parlé plus haut, on devine à qui elle est destinée. Mais quel artiste en chargera-t-on? ce On dit qu'il y a à Paris un homme qui fait les portraits en bague d'une manière parfaite. J'ai vu un portrait de Louis XV de sa façon, très-ressemblant; vous trouverez très-impertinent que la même main peigne le roi et moi chétif ; mais on le veut et j'obéis. Ayez la bonté de déterrer cet homme. Envoyez de ma part savoir où il demeure, à M. le chevalier de ViUefort, chez M. le comte de Clermont (même lettre, 17 novembre 1736). »
Cet artiste, dont on a admiré un portrait très-ressemblant de Louis XV, était François-Julien Barier, graveur distingué en pierres
ESSAI D'ICONOGRAPHIE VOLTAIRIENNE. n
fines. Voltaire, du reste, le nomme dans le madrigal à M"* du Chàtelet qui accompagnait Tenvoi du bijou :
Barier grava ces traits destinés pour vos yeux ; Avec quelque plaisir daignez les reconnaître : Les vôtres dans mon cœur furent gravés bien mieux, Mais ce fut par un plus grand maître**.
La bague était en cornaline, entourée de petits diamants dont le chaton recouvrait le portrait. S^il fallait en croire Longchamp, il était dans les destinées de cette bague d'abriter plus d'une effigie. M"« du Chàtelet mourait à la suite de couches, le lo septembre 1749. Après le premier moment de trouble, de désespoir, Voltaire pense à l'anneau, à son portrait qui ne devait point tomber dans les mains du mari. Il s'inquiète de ce qu'il est devenu, voulant à tout prix faire disparaître ce témoignage d'une affection trop intime. Longchamp le rassure, et lui dit qu'il avait lui-même ôté la bague du doigt de la marquise et l'avait remise à M'"* de Boufflers qui s'était empressée d'extraire la miniature du chaton. Voltaire respire; mais il apprenait en même temps que le portrait extrait était celui de Saint-Lambert. « O ciel! s'écrie alors l'ami sacrifié en joignant les mains, voilà bien les femmes ! J'en avais ôté Richelieu, Saint-Lambert m'en a expulsé... ainsi vont les choses de ce monde. » Disons que Longchamp a voulu nous donner la comédie, et que la vérité vraie ne pousse pas aussi brutalement à l'effet. D'abord, s'il est exact que Voltaire remplaça l'AIcibiade français, comme il l'appelait, dans le
I. A la même époque, Algarotti faisait passer à ses amis de Circy deux petits portraits que M"^* du Chàtelet retournait à Paris, pour en faire faire des bagues, f Celui de M. de Voltaire est infiniment mieux que l'estampe, quoiqu'il ne soit pas encore parfaitement ressemblant, écrit-elle au jeune Comte, à la date du ao mai 1736 ; c'est une jolie coquetterie que cela. » Il n'y a pas, toutefois, à supposer qu'il s'agisse d'une seule et même miniature, quant à Voltaire. Algarotti écrivait de Londres, en août 1739 (^)j ^ l'auteur de la Henriadt : « A propos, mandez-moi, Monsieur, si vous êtes content de votre portrait gravé en pierre que j'ai vu commencé dans les mains de Barier... i Eugène Asse, Lettres de Madame du Chàtelet (Paris, Charpentier, 1878), p. 89.
la ESSAI D'ICONOGRAPHIE VOLTAIRIÈNNE.
cœur de la marquise^ le portrait du duc ne pouvait se trouver, en tout état de cause, dans la bague donnée par le poëte à la docte Uranie, et il n'avait pas eu à Ten faire disparaître. En racontant de la sorte cette petite historiette dans ses curieux commérages, le valet de chambre perdait de vue quMl avait présenté les faits d'une façon notablement différente. « Il me pria (Saint-Lambert) de lui avoir son portrait qui était dans une bague que madame portait au doigt, et me donna le secret pour l'ouvrir. Je détachai le portrait que je lui remis chez M*"* de Boufflers, et donnai en même temps la bague à M. le marquis du Châtelet. Voilà tout ce que je sais, et c'est la plus exacte vérité. » Donc il faut rayer ce petit dialogue entre Voltaire et Longchamp ; mais le côté shakespearien de l'aventure n'en subsiste pas moins, et il résulterait de tout cela que la bague de cornaline, à la mort de la marquise, ne recelait plus le portrait de Voltaire, qui avait fait place à celui d'un rival plus jeune. Que Saint-Lambert se fût préoccupé de ce que deviendrait son portrait, nous le comprenons. Mais M. du Châtelet eût-il été si fort étonné de rencontrer la miniature de leur hôte? La marquise avait un portrait du poëte gravé sur pierre dure, avec lequel elle cachetait ostensiblement ses lettres, ce qui, soit dit en passant, n'était pas d'une médiocre inconvenance ; et quoique rarement, dans les ventes d'autographes, il se trouve de ses épîtres avec l'effigie en cire rouge de son illustre ami*. Cela étant, l'on se demande ce qui eût motivé la surprise et le chagrin d'un mari d'ailleurs si débonnaire ou si obstinément aveugle*.
C'est encore le lieu de mentionner un autre portrait de Voltaire
I . Etienne Charavay, Catalogue des lettres autographes et documents manuscrits et imprimés^ du 7 juin 1870, p. 19.
a. Puisqu'il est question d'émaux, citons un portrait en émail de Voltaire par Pasquier, un Voltaire de soixante-dix-sept ans. • M. Pasquier aime à peindre les aveugles et les mourants, écrit le poëte à M. de la Verpilière, à la date du 27 avril 1771; il destine apparemment mon portrait aux Quinze- Vingts... Je l'ai laissé enjoliver la charpente de mon visage. Son pinceau délicat n'était pas fait pour moi. » Edit. Beuch. T. LXVII, p. 130, 131. — Explication des peintures, sculptures et gravures de Messieurs de VAcadîmie royale^ année 1771, p. ai ; ibid, année 1773, ?• *^'
approximadvement de ce temps, et qui figurait à la vente Marcille*. Cette miniature n'est intéressante qu^au point de vue iconographicjue, car Tœuvre est médiocre et non signée. On la trouve déjà dans le Catalogue de la Mésangère en compagnie d'autres portraits qu'on nous affirme être ceux des père, mère, grand'mère de Tauteur à^Œdipe^ ce qui nous semble tout à fait inacceptable à la seule inspection de l'ajustement et de la coiffure. Quant à Voltaire, c'est bien lui, et c'est là l'important pour ce qui nous occupe *.
La Tour songea à joindre le portrait de Voltaire aux autres tableaux qu'il envoyait au Louvre. Il s'en ouvrit à l'auteur de la Henriade qui lui répondit, avec sa politesse habituelle, qu'il était complètement à ses ordres. « M. La Tour, le peintre, doit vous venir voir au sujet de mon portrait. Je vous prie de faire généralement tout ce qui pourra lui faire plaisir. 11 veut exposer le pastel qu'il en a gardé : de tout mon cœur...» Ce devait être une copie faite par La Tour lui-même, ou sous sa surveillance, que ce tableau auquel le poëte faisait allusion. Voltaire ne semble pas comprendre tout d'abord que l'artiste ne pouvait avoir en vue que le tableau original*. Toutefois, malgré ses répugnances, il se ravisait et annonçait, un mois après, au complaisant chanoine, une caisse partie de Joinville et contenant le portrait, qu'il le priait de remettre à son (( ami de Latour ». Expédié seulement le 5 ou le 6 août, le tableau arriva probablement trop tard pour l'exposition qui ouvrait
I. Catalogue de tableaux et de dessins provenant de la collection de feu M. Camille Marcille (Paris, 1876), p. 51, n» 155'. — A la vente Chevallier, 1779, figure « une boîte d*or contenant le portrait de Voltaire », qui fut vendue 600 livres. Charles Blanc, le Trésor de la Curiosité (Paris, Renouard, 18^7), t. I, p. 4^5.
a. Catalogue du cabinet de feu de La Mésangère (Paris, Dezauche, 183 1), p. 14, n^ 46. Nous trouvons, au même Catalogue, p. ao, n'* 9a, l'indication d'un Voltaire jeune ^ sans autres détails.
3. U existe à Ferney un pastel de Latour, qui ne serait qu'une des copies dont il est ici question. Le portrait original se trouve, parait-il, au musée de Fervaques, à Saint-Quentin, avec l'œuvre du maître. Desmaze, le Reliquaire Q. de latour j peintre du roi (Leroux, 1 874), p. 30.
le i8; au moins ne fîgure-t-il point parmi les pastels de ce peintre
élégant et gracieux ^
Le pastel de La Tour, nous croyons Tavoir déjà dit, est de tous les portraits de Voltaire celui qui a été le plus reproduit par la gravure. Dès le 24 mai 1737, Voltaire parle d'une estampe dont il ne semble que médiocrement enchanté, celle probablement de GeuUard, qui porte Tannée 1736. « L'estampe qu'on a tirée sur ce pastel est horride (sic) et misérable, n'en déplaise au graveur ; mais peu je m'en soucie; je ne prends point le parti de mon visage. » Toutefois, il fait prier La Toiu- de veiller à ce qu'on retouche « cette mauvaise estampe » ; et il dit à l'abbé Moussinot ^ a Vous êtes obligé en conscience de me faire graver autrement. Il faut qu'Odieuvre s'en mêle ; je donnerai cent livres ; la planche restera à Odieuvfe ; j'aurai quelques estampes pour moi ; Latour conduira le graveur (auguste 1738). » Un pareil travail devait tenter un artiste encore ignoré et qui avait à faire ses preuves. Etienne Fessard, un garçon de vingt-deux ans, se présente et est agréé. Le voilà dans la joie de son cœur, au comble du bonheur : c'est la gloire, c'est la fortune, qui sont au bout de cette estampe dans laquelle il mettra tout ce qu'il a d'âme et de talent ! Mais à cette ivresse succède la plus cruelle des déceptions. Après avoir dit oui on s'est dédit ; le travail sur lequel il comptait est confié à un autre. Désolé, désespéré, il prend le parti d'en appeler à M. de Voltaire même, et lui adresse cette lettre vraiment touchante, que nous reproduisons parce qu'elle est inédite et qu'elle ne saurait être dépaysée à cette place :
« A peine ay-je sceu graver, Monsieur, que mon ambition a été d'avoir l'honneur de faire votre portrait; ce désir qui s'est toujours nouri, m'avoit fait trouver les moyens de conoître monsieur
I. Explication des peintures et sculptures de Messieurs de V Académie royale (Paris, CoUombac, 1738), n" ^6, 169, 170. La Tour exposa, en 1738, trois portraits de femmes : M">^ ***, habillée avec un mantelet polonais; M*^* de la ^oissière, ayant les mains dans au manchon, appuyée sur une fenêtre, et M"^^ Restout, en coiffure.
ESSAI DyCOfJOGRAPHIE VOLTAIRIENNE. 1$
l^abbé Moussinot. Enfin^ sans entrer dans un détail plus long, je crois parvenir au point heureux après lequel j^aspirois depuis si longtemps : il étoit décidé que j'aurois Thonneur de vous graver... je m'en étois fait une fête parmy tous mes amis, je Tavois annoncé, il me sembloit même que je ne pouvois pas échouer dans cette noble entreprise, j'avois trop d'inclination pour y être malheureux, sur ce fDndement j'aurois même avoué à monsieur Moussinot que si le portrait n'étoit pas au point où on de voit le désirer que je n'en dehiandois rien, et même j'aurois ajoutté que je ne voulois dans cette illustre occasion travailler que pour Thon neur. J'étois, jele répète, ^u comble de la joie, mais quelle est suivie d'amertume et de chagrin, j'apprends, Monsieur, par M. Delatour, qu'on a changé d'idée sur mon compte, et qu'on veut donner le portrait désiré depuis si longtemps à graver à un autre. Si on me fait cette injustice après une paroUe donnée et l'avoir publiée à tout le monde , que dira le public ? Ne pensera-t-on pas que je n'en étois pas digne, ou mes ennemis ne diront-Us pas que j'ay manqué ce portrait; mais s'il est décidé absolument par envie ou pour faire plaisir à un autre, que je n'auray pas eu l'honneur, du moins ordonné. Monsieur, que j y travaille aussy, cela se peut sans déranger les projets arrêtés, en permettant que je le fasse pour compte de la grandeur des hommes illustres de M. Perrault. Le public y trouvera son compte, parce qu'il y a beaucoup de personnes qui seroient ravis de l'avoir de manière à pouvoir l'encadrer dans leurs cabinets. Pardonnez, Monsieur, si je m'adresse à vous sans avoir l'honneur d'être connu de vous, mais votre réputation de bonté et de politesse pour les artistes m'ont donné cette confiance *. )> On plaint le pauvre Fessard, on s'attendrit pour lui et avec lui et on se demande quelle sera la réponse de Voltaire. L'auteur de
1. Etienne Charavay, Catalogue tU lettres autographes du lundi 26 avril 1875, n^ 291. Lettre de ï'essard à Voluire; de Paris, ce 30 août 1738. Il a le soin de donner son adresse assez compliquée, comme toutes celles du temps, les numéros n'étant pas encore en usage à cette date : « Rue Saint-Denis, au Grand Saint-Louis, chez un miroitier, près du Sépulcre, à Paris. »
x6 ESSAI D'ICONOGRAPHIE VOLTAtRIENNE
Zaïre mandait^ deux jours après^ au chanoine de Saint-Merri : « Un
graveiu* nommé Fessard vient de m^écrire. J^aime autant que ce soit lui qui me grave qu'un autre. Envoyez-le chez Prault, et mettez-les aux mains (i septembre 1738). » Mais, malgré ce consentement subordonné à des convenances^ à des arrangements devant lesquels il n'avait à cette distance qu'à s'incliner, nous ne voyons 'pas qu'on ait donné satisfaction à Fessard, qui nous paraît avoir été définitivement écarté. Cependant sa démarche auprès de Voltaire ne fut pas entièrement vaine : il gravait plus tard la toile de Largillière, ainsi qu'un portrait de M"** du Ghâtelet, vue de face, un globe à sa gauche indiquant les occupations de la docte Uranie; tout cela d'un burin sec et d'une médiocre valeur.
Malheureusement dans cette correspondance du poëte avec l'abbé Moussinot, Voltaire, qui sait qu'il sera compris, ne donne aucun nom. Il était à Bruxelles, à la date du 20 juin 1741 : il prie l'abbé de faire graver d'après le portrait de La Tour une autre estampe « qui soit un peu moins grossière que celle de notre ivrogne » . Le qualificatif est insufiîsant pour nous mettre sur la voie et nous révéler l'artiste si durement et sans doute si justement traité.
Les estampes d'Odieuvre avaient été tirées in-4'' et in- 12. Voltaire en faisait monter avec des bordures dorées, dont il gratifiait à l'occasion ses amis et connaissances; et nous voyons la marquise, en son absence, demander à l'obligeant chanoine de lui en adresser trois du grand format et une in-12 pour répondre aux envois dont elle s'était chargée.
Nous ne pourrions, sans témérité, nous flatter d'avoir réuni ici les innombrables gravures ou estampes faites d'après ce pastel de La Tour. Nous citerons donc, avec la crainte trop fondée d'omissions regrettables, les noms et les œuvres qui suivent :
Fiquet, 1762. Médaillon ovale, enc. rect. ; ornements et attributs in-8' . Celui de tous qui a reproduit le plus exactement le portrait
du maître.
Cathelin, i763. Ovale, en. rect.
Langlois, 1784, in-4° (nous le reproduisons) et in-8°; très^remarquable.
Dumantort, enc, rect., in-8*; également remarquable.
Bertonnier. Médaillon, enc, rect. in-8° (OEuvres de Voltaire).
Baléchou, enc. rect., in-8% avec la légende : post genitisy hic carus erit, nunc carus amicisy composée par M"* Du Châtelet; trèsbeau.
J. M. Liotard del. Baléchou sculp. Médaillon. Dominant Tovale, un génie, une couronne à la main, avec la même légende.
Hopwod. Avec ornements; in-8^ (édit. Pourra t).
Sous la direction de Chrétien de Mechel à Basle {Collection cornplète des œitpres de M. de Voltaire)*^ ^77^? in-8*.
Desrochers. Ovale, dans un riche encadrement. Attributs. H, o",24. L. o",20.
Desrochers, chez Petit, avec les quatre vers :
Dès l'âge le plus cendre il se rendit fameux....
H. o",i4. L. o",io.
Mehu del. Bonvoisin, sculp. Enc. rect., in-8^
Mehu del.. Couché fils sculp., in-8\
Rampaldi. H. o*",i8. L. o'",i3.
Grand médaillon, enc. rect. H. o",34. L. o",Z3. Draperies, masque tragique, avec la légende ci-dessus.
Jacob Falkema ; in-8*.
Gauthier Dagotti père. Juin 1772; en couleur. H. o°^,24. L. o'**,i8 {Galerie universelle).
Beisson, 178$. Médaillon, enc. rect., in-8^
Martinet. H. o".i2. L. o*",8; L. T. pinx. J. B. G., chez Odieuvre. H. o'",i4. L. o^jio.
Chez la veuve Chereau, rue Saint- Jacques. Médaillon, enc. rect. H. o",22. L. o",i7.
Chez Durand, rue Mandar. Enc. rect. H. 0^,19. L. o'",i9.
Benzeche del., Chapuy sculp. H. o",20. L. o",i3; chez Basset.
i8 ESSAI D'ICONOGRAPHIE VOLTAIRIENNE.
Marillier deh, Lebeau se. Médaillon ovale : lyre, couronne, attributs. H. o'^iy. L. o",io.
Chez Mondhare. H. o"*,i5. L. o^^io.
Petit médaillon sur un socle : lyre, instruments, lauriers ; titre de la Henriade ( chez la veuve Duchesne, Saillant, Desaux, Panckoucke et Nyon, libraires).
Geullard, 1736. Médaillon, enc. rect. , in-8\
N. J. Bapt. Poilly, in-fol.
Le Roux, enc. rect., in-8*.
U Apothéose de Voltaire^ « Dédiée à M"* la marquise du Châtelet, par Charles Natoire, mort à Rome, directeur de TAcadémie de peinture *. » Dessin original. Apollon, dans Tempirée, 'tient un médaillon où sont reproduits les traits de son favori et le contemple avec des yeux ravis. C'est le portrait de Voltaire, très-ressemblant et venant chronologiquement après celui de La Tour, qui lui est antérieur de six ou sept années au plus. Personnages allégoriques au premier plan; composition large et harmonieuse que relève encore le nom estimable de Natoire, condamnée à rester enfouie dans des cartons oîiFon n'ira certes point la chercher*.
Portrait de Voltaire « par M"* de Livry, devenue marquise de Gouvernet, à qui Voltaire adressa TÉpître des vous et des tu ». Telle est l'étrange légende reproduite par le Trésor de la curiosité (t. 11, p. 389), qui l'a lui-même empruntée au Catalogue de la Mesangère (Paris, Dezauche, 18 ji). Ce portrait, nous avons été assez heureux pour le retrouver dans le cabinet d'un curieux bien riche en maîtres du xviii^ siècle, M. Walferdin. C'est une toile de huit centimètres carrés, derrière laquelle l'on a collé l'indication que nous donne la Mesangère. L'auteur de la Henriade représente ici un homme de cinquante-quatre à cinquante-cinq ans. 11 pourrait se faire
1. Erreur. Natoire était remplacé à la direction de l'Académie en 1774. Il se retira alors à Castel Gandolfo, où il mourut, le 39 août 1777.
2. Bibliothèque nationale. Département des Estampes. Collection-Hennin, t. CXI, p. 24. Vendu à l'inventaire de la marquise du Châtelet.
NOI.TAIK-
que cette toile, qui n'est rien moins qu'un chef-d'œuvre, datât du très-court intervalle qui s'écoula entre la mort de la docte Uranie et le départ pour la Prusse auquel nous touchons. Nous ignorions complètement que M"* de Livry comptât la peinture au nombre de ses taleinjt^ ; i pt , .»çgns y ^prp i- . ep ét^%. d'expliquer ,^ l'origine d'une aussi étr^gd |%ttribp|30^,.' ipo^ lie -6a<43terQla$^|^$;)^qtt>^ f^el point elle nohJ»]ikisffizMGp^\Ji^§^.fÇ)ètSiiti-k^^ mtent;^oî^qUe.VplJtair^ comme on Ta vu^f^vait- çpmi|iand^^n 'portrai|;;à J^âfig^rère^ e4^c^.p{>i:trait lui restera, epHl^pitrd'unç mpture qu'elle avak.yo^uluev S^^J^^ toile
était une.'copieréduite de celui-ci, tout cela serait; po^i^^lêj' Mais, à dater d%vril. 1726 au- plus tard, l'auteur d'^rftfwf^é et M-*'de Livry ne se rencpntreronti||lus. Arouet, exilé' eh' 'Arig^è4»rrè,*^^^ dra quîé'tt 17^9' pojir'rse qas^br le ne» â fe-'ptMrtè ;de'-5é»fcanne : il
avait trfeîke-déux aiV^^^^^r^Ç^^ 'Wf^^•#lîse, qui
d'aillé uics. avait plus; 4^ motifs d^oublier que de :ft'M sou-
venirs par la rëpi'bdlic^ion de traits apcusatpurs, fera-t--elltf le portrait de son âmànt, iiôn. pas iel qu'elle l'a ço^nu/ iftais tel .qu'il sera vingt
ans plus tard? "Ici les traits de^l'ofiginal: ne f.e^sem^^ à
l'original du premier âge; et la mémoire^ à dtéfaut -def lavprésence réelle, n'arjmvenir e^i-aidte à l'artiste. -.11 est donc dé toute impossibilité d'admettre qûëT ôette peintare soit de la ' marquise de Gouvernet; Mais ce-^ n'<est pas l'unique qiiesttibn :q4ite soidève ce portrait dfutteattributiion* ridicule. ■■' •:•.." ' '/•
Nous>^^bns trouvé, chez im petit-neveU.^etlifeiâîn''Uti-.pastel de Lenoir (l'âiAeur du porœiit bien connu 'du- célèbre aéte;ûr;;d^s le rôle d'Orosmane) , représentant le poëte de trois, quarts, un peu: dans la pose du pastel de La Tour, mais ressemblant encore plus au prétendu portrait fait par M*'° de Livry. Jamais Lenoir n'est allé à Ferney, quoique ce tableau soit signé et daté de 1764*; et Voltaire alors avait soixante-dix ans, bien des printemps de plus que
I. Explication des peintures et sculptures de VacaMmie de Saint'Luc (1764^, p. 8, n® 20. Le portrait de M. de Voltaire peint au pastel, d'un pied dix pouces sur un pied six pouces, par M. Lenoir, adjoint à professeur.
ao ESSAI D'ICONOGRAPHIE VOLTAIRIENNE.
n'en accusent ces traits encore verts. Fort probablement, dans l'impossibilité de peindre le patriarche d'original, Lenoir s'était résigné à le peindre d'après un de ses portraits, et à copier en 1764, une physionomie qui pouvait ressembler en 1749. Le pastel (que nous reproduisons), quoique fait d'après une assez méchante toile* a du mérite, il tiendrait dignement sa place dans une collection de portraits de Voltaire; et il faut savoir gré à son présent possesseur, qui est pastelliste ', d'avoir vulgarisé l'œuvre ignorée, car elle n*a point été gravée, par une ou deux copies très-soignées et trèsfidèles.