I. Brmusj act. I, se. m
De U CotUction de M, le Btron de ■■roleingen, 1 Sjnre.
HalMT QuIt. dilin. 17M.
de nos recherches*. C'est à TErmitage que nous serions allé en droiture, dans ce temple élevé à la dévotion voltairienne, et d'où, depuis quelques années, les livres et les manuscrits du poëte ont été transférés à la bibliothèque de Saint-Pétersbourg. Mais, puisque ce mot de « dévotion voltairienne », qui caractérise assez justement Tengouement de Catherine II, nous est échappé, disons que la Révolution française porta un coup funeste à cette véritable adoration, La philosophe se rappela qu'elle était impératrice. Les excès qxii se commettaient étaient bien faits pour dégriser les mieux disposés et donner à réfléchir aux mêmes princes qui avaient souri à toutes ces audaces. Le réveil fut complet. Peut-être se montra-t-on sévère et injuste à l'excès envers les écrivains qu'on avait jusque-là caressés et adulés. Fallait-il faire remonter la responsabilité de ce sang versé jusqu'au patriarche de Ferney, qui, dans ses poëmes et dans ses livres, n'avait prêché que la philosophie de Marc-Aurèle et des Antonins ? Tout le monde, même de nos jours, ne répondrait pas uniformément et unanimement à une telle question ; pourrait-on demander plus de sang-froid et d'indulgence aux témoins des crimes commis au nom de Voltaire et de V Encyclopédie? Catherine désenchantée renia] son vieil ami, elle fit disparaître de ses appartements le buste du grand homme (vers 1702) *. Sans doute, fut-ce le signal d'un ostracisme plus général ; et les plaisantes et spirituelles compositions d'Huber eurent la même fortune. Ce qu'il y a de trop certain, c'est qu'à l'heure qu'il est, après avoir fouillé les combles des châteaux impériaux, l'on en est arrivé à se demander si jamais ces œuvres mignonnes ont existé à Saint-Pétersbourg. Sic transit gloria mundi !
I. Nous serions sans excuse de ne pas témoigner ici toute note gratitude à M. le baron Buhler, directeur des Archives principales de Moscou. Mais tout espoir nous est dté, en fin de compte, par une réponse négative de M. le baron Kœhne, qu'il avait provoquée et qu'il s'est donné la peine de nous transmettre. (14-26 février.)
a. Revue des Deux Mondes (1877), t. XIX, p. 604, 680. Voltaire et Falconnet, par Alfred Raimbaud.