‹ Iconographie voltarienne: histoire et description de ce qui a e?te? publie? sur Voltaire par lChapitre 4 sur 35 · VOLTAIRE EN DÉSHABILLÉ · texte numérisé non relu

VOLTAIRE EN DÉSHABILLÉ

D'aprù* le l^lctu original ippirlenaal it M. It comte d'Hauuonvilli.

ESSAI D'ICONOGRAPHIE VOLTAIRIENNE. ji

Joignons à cette liste une Échappée de vue de Ferney, calquée sur un des tableaux de M. Hubety qui sont à Saint-Pétersbourg ; un médaillon dans lequel on aperçoit le vieux poëte^ de profil, en perruque et en bonnet, Tœil fixé sur la campagne * . Puis un Voltaire en pied « peint d'après nature à Ferney », coifè de son même bonnet, dans Tattitude de la méditation (lithographie de Coteau), et qui pourrait bien être une copie, dans d'autres proportions, du Voltaire que nous venons de décrire. Enfin une « esquisse d'après nature faite à Ferney, en 1769* ». Nous donnons ces trois pièces.

Espérons que ces curieuses et originales productions sortiront toutes de leur nuit tôt ou tard et viendront compléter le groupe déjà respectable de ces pochades voltairiennes. Tout récemment, M. le comte d'Haussonville trouvait dans les greniers de Coppet', un panneau encrassé de 41 centimètres de hauteur sur 35 de largeur, qu'il fallut avant toutes choses «envoyer au nettoyage. Ce ne fut qu'au retour de cette opération trop nécessaire, qu'il fut possible de se rendre compte- de cette c<Mnposition brunie et jaunie par le temps. Cela avait l'air d'une mascarade : une sorte de vieille femme édentée, les lèvres serrées, l'œil toutefois extraordinairement vif, coiffée d'un bonnet arrêté par un ruban d'un bleu tendre du plus curieux effet. Il est vrai qu'une houppelande entourée de pelleteries semblait révéler un individu du sexe masculin. L'hésitation eût été permise si, malgré l'étrangeté de l'ajustement, ces traits, ces yeux sans pareils, cette bouche prête à lancer aussi bien l'épigramme que le madrigal, ne se fussent pas reconnus entre mille autres : c'était bien là le patriarche de Ferney, le Vieux de la Montagne, comme il s'appelait,

I. D'autres exemplaires portent çc titre : Vue au levant de Ferney, calquée sur un tabkàui de M, Huher,

a. Voir encore, dans cette collection «i riche de Hennin, t. CXI, p. 13, une ébaudie à Tettcre de Chine : perruque, ièvfes serrées, jusqu'au buste, que nous indiquons ici pour mémoire. H. o",io. L. ©""^oy.

3. M. le comte d'Haussonville est le châtelain de Coppet du fait de M"» d'Haussonville, la seconde fille de M~« la duchesse Victor de Broglie (Albertine de Staël).

quand il voulait faire peur à ses hôtes. Le tableau est incontestablement d^Huber, bien que sans signature. Nous devons à l'extrême obligeance de M. d'HaussonviUe de l'avoir examiné tout à notre aise. Mais nous savions depuis longtemps son existence par une gravure à Teau-forte et non terminée, qui se trouve au département des Estampes de la Bibliothèque nationale et que nous publions, très-intéressante, elle aussi, et à certains égards plus curieuse peut-être que le tableau lui-même.

Si Ton pouvait douter que cette composition fût de Tartiste genevois, nous renverrions à une esquisse au crayon, que nous reproduisons également, où le poëte est représenté dans la même attitude, s^il a eu le temps, cette fois, de quitter son bonnet de nuit et de revêtir sa perruque. Ce simple crayon est d'un effet saisissant : à quoi et à qui pense-t-il? est-ce à la guerre de Genève? est-ce à Fréron? Ce dessin faisait partie de la collection du baron de Beroleingen, de Spire, quand il fut gravé en 1790, avec ces trois vers de sa tragédie de Brut us auquel il ne songeait sûrement point au moment ou Huber dérobait pour la milUème fois cette incomparable et si variable physionomie :

La liberté, que tout mortel adore, Donne à l'homme un courage, inspire une grandeur Qu'il n'eût jamais trouvés dans le fond de son cœur.

Ce qui nous importerait de savoir, c'est le nombre, c'est la description minutieuse de tous ces petits tableaux dépêchés en Russie, si goûtés un instant, et sur lesquels nous supposions obtenir si aisément et si complètement tous les détails désirables. Nous nous sommes adressé aux personnages les plus compétents, les mieux posés pour nous renseigner, qui se sontmisà notre discrétion, hâtonsnous de le signaler, avec autant de zèle que de courtoisie; et, malgré la plus sérieuse enquête, nous n'avons pu être fixé que sur l'inutilité

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