PREMIER DOCUMENT
Texte des propositions émanées de la Congrégation de l’Index en 1866, et souscrites par M. Bonnetty.
I. Quoique la foi soit au-dessus de la raison, on ne peut cependant trouver entre elles aucune opposition véritable, aucun désaccord, puisqu’elles procèdent toutes deux de la même et unique source immuable de la vérité, qui est le Dieu très-bon et très-grand, et qu’ainsi elles se prêtent un secours mutuel.
IL Le raisonnement peut prouver avec certitude l’existence de Dieu, la spiritualité de l’âme, la liberté de l’homme. La foi est postérieure à la révélation, et par conséquent, lorsqu’il s’agit de prouver l’existence de Dieu contre un athée, la spiritualité et la liberté de l’âme raisonnable contre les sectateurs du naturalisme et du fatalisme, on ne peut convenablement l’alléguer.
III. L’usage de la raison précède la foi et y conduit au moyen de la révélation et de la grâce.
IV. La méthode dont se sont servis saint Thomas, saint Bonaventure et, après eux, les
Du LA PHILOSOPHIE.
autres scolastiques, ne conduit pas au rationalisme, et elle n’a point été la cause de la chute des écoles modernes de philosophie dans le naturalisme et le panthéisme. Il n’est donc pas permis de faire un crime à ces docteurs et à ces maîtres d’avoir employé cette méthode, d’autant qu’ils ne l’ont fait qu’avec l’approbation expresse ou tacite de l’Église.
I. Etsi fidcs sit supra ràlionem, nulla iamen vera dissensio, nullum dissidium inter ipsas inveniri unquam pôles' , cum ambæ ab uno eodemque immutabili veritatis fonte, Deo optimo inaximo, oriantur, atque ita sibi mutuam opem ferant.
II. Ratiocinatio Dei existentiam, animæ spiritualilatem, hominis libertatem, cum certitudine probare potest. Fides posterior est revelatione, proindeque ad probandam Dei existentiam contra atheum, ad probandam animæ rationalis spirilualitatem et libertatem contra naluralismi et fatalismi sectatores, allegari convenienter nequit.
lit. Rationis usus fidem præcedit et ad eam ope revelationis et gratiæ conducit.
IV. Methodus qua usi sunt D. Thomas, D. Bonaventura et alii post ipsos scholastici, non ad rationalismum ducit, neque causa fuit cur apud scholas hodiernas philosopbia in naturalismum et pantheismum impingeret; proinde non licet in crimen doctoribus et magistris illis vertere quodmetliodum hanc, præsertim approbante vel tacente Ecclesia, usurpaverint.