‹ Idée et réalitéChapitre 191 sur 195 · ROSE CARON · texte numérisé non relu

ROSE CARON

eudi à Ja nvier 1899,

Madame Rose Caron, qu’on revoit à l’Opéra-Gomique dans Fidelio, prête à Léonore un vêtement de poésie et de pureté. S'il est vrai, comme 1l lui a été

‘communément reproché, que sa voix manque de

force aux passages éclatants, cette voix blessée contient une expression suprême de douleur, d'angoisse et depassion. L'artde la chanteuse m a paru supérieur à ses créations les plus célèbres ; l'art incomparable dont elle phrase l'air fameux, la perfection des nuances du récit, le sentiment exquis, l'accent musical communiquent le frisson des, grandes émotions.

Et j'évoque, je repasse, je compare les étapes de la carrière de cette grande artiste : les débuts modestes au Conservatoire de Paris, vers 1880, le premier essai de chant devant le public au Girque d'Hiver, où vaillamment Pasdeloup, contre vents et marées, dans ses concerts dominicaux, imposait les partiüons de Richard Wagner au public parisien,

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300 IDÉE ET RÉALITÉ Un dimanche, dans l'audition du premier acte de Zohengrin, je fus frappé par la voix pure, le sen- ï tüiment at d'une grande jeune femme mince st qui chantait la partie d'Elsa. C'était madame Rose | Caron.

On me conta l'histoire de cette fille du peuple L parisien, ouvrière piqueuse, . crois, qu'un musicien des avait aimée, épousée, faite artiste. s

Parmi les assistants à hicue concours annuel du “tr be se trouvait un bonhomme de lettres.

Alfred Blau, surnommé Patapon. C'était un vieux garcon . Noa de petites rentes : il avait collaboré au livret de Sigurd et collabora plus tard, avec Louis de Gramont, à celui d'Xsclarmonde. Il eut assez dé goût pour discerner le talent de madame Caron, quand elle concourut au Conservatoire, sans obeuie. de prix; il en parla à Rever comme de la Val- Kkyrie rêvée fs r leur «Sigurd »; tous deux enfin la recomm ane aux directeurs de la Monnaie, qui nine nt la

Court, bedonnant

4 1C, la figure maussade, le ton grinchu, Abred

hu était tout de même un PS brave homme : il aimait à trouver les artistes parmi pi les débutantes; plusieurs années plus tard il découvrit et nous présenta une exquise dite comédienne dont la jolie figure et l'aimable talent ont faït brillante fortune théâtrale, sous le nom de mademoiselle Darlaud. À Cependant, le théâtre de la Monnaie, de Bruxelles, FT représentait Sigurd, de M. Roter. L'ouvrage, qualifié de révolutionnaire, repoussé par les directeurs successifs de l’Académie nationale de musique, avait

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attendu vingt ans et venait après la tétralogie de Wagner. Le sujet était à peu près le même que celui de Siegfried, troisième partie de l'Anneau du Niebetung. La partition de Revyer, qui se dégageait des formules et du style de l'opéra italien, qui reprenait

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