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bares mahdistes, sans cesse assailli par les peuplades sauvages. La vie humaine compte pour rien; les violences, le vol, le pillage, le meurtre y dominent. Cependant Emin-Pacha ne quitte point sa douceur, son humeur de bienveillance, son rêve de philanthropie et d’humanitarisme. Il respecte l’homme quel qu'il soit; jamais peut-être il n’ordonna d'exécution, Il tâche de régner sur ses bandes égyptiennes comme de conquérir ses sauvages adversaires par la persuasion et la bonté. Docteur en médecine, il s enorgueilhit plus de ce titre que de son généralat : il garde dans les situations les plus critiques sa passion de savant chercheur, de botaniste, d’entomologue, d’ethnographe ; il ne cesse pas d'enrichir ses herbiers, sés cartons, de pratiquer ses observations météorologiques, de garnir ses calepins de renseignements et de documents. Sa culture intellectuelle, son goût de la littérature se manifestent dans ses lettres, ses communications et ses écrits. Si on ajoute qu'il était d’une myopie à ne pas voir à un mètre de soi, à tomber d'un balcon dans la rue au risque de se briser les membres, comme il advint lors de son retour à Bagamovo, vous aurez un type inédit d'explorateur, de chefmilitaire et de coureur d'aventures. Pourtant il ne regrettait pas l’Europe; il préférait à la civilisation, aux étroites limites des grandes cités, la liberté nomade, l'existence aventureuse de partisan dans les régions inconnues parmi les alliés douteux et les peuples féroces. À peine guéri de ses blessures, après quelques mois de repos, au lieu de regagner son pays, il retourna dans le continent africain, au service de l'Allemagne. Dites : vit-on
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jamais caractère mêlé pareiïllement de savant, de littérateur, de soldat, de poète et d'aventurier?
Il était tendre et affectueux. Vous avez lu que, calme devant la mort, « sa voix trembla seulement un peu lorsqu'il parla de sa petite fille ». Il chérissait cette petite Férida qu'il avait eue d'une Abyssine; elle restait près de lui depuis la mort de sa mère. Stanley, dans son livre À travers les ténébres de l'Afrique, conte haineusement qu'il fut obligé de trancher un différend entre la servante de Férida et un mari jaloux, Mohamed-Effendi. Celui-ci se plaignait que sa femme ne réintégrât plus sa tente et demeurât jour et nuit sous celle d'Emin. La belle pénètre auprès de Stanley juge du camp : « Un parfum subtil de roses de Chiraz ou de Stamboul se répandit dans l’air et j'entendis une voix pure et délicieuse, » Madame Mohamed demandait à rester toujours auprès du pacha, loin de son mari, une brute païenne, indigne de l’approcher. « Elle me parut extrêmement belle, avec des yeux noirs splendides..… Dans toute l'Afrique sauvage, je n'avais rien vu qui pût lui être comparé », écrit Stanley. Néanmoins, raide comme la justice, il ordonna que la femme rentrérait chez son mari après le coucher du soleil. — « Jamais! » répondit-elle. Et comme Mohamed l'entraîna de force, sitôt rendue, elle déchira de ses ongles son beau visage et se meurtrit le corps en se roulant à terre. Il fallut qu'Emin intervint pour lui commander le calme et la soumission.
Ce petit roman de mœurs durant la retraite de l’'Equatoria, à travers l’Afrique, ne laisse pas que d’être fort piquant.
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Le Pere ochement des noms de Stanley et d'Emin impose la comparaison entre les deux hommes dont chacun représente laseoise différente, âme opposée. L'un qui s’avance dans l'inconnu, conquérant
itoyable, le fusil de tir rapide à la main. person- ; Darwin, et l’individualisme, encore qu il présinspirer de la Bible pour sa mission pro videntielle. Intrépide, infatigable, tout plein du sentiment de la supériorité de sa race et de la certitude du succès, c’est le conquistador xterminateur, dont la marche à travers l'Afrique tient du prodige et frappe d’admiration; l’autre, figure d'intelligence, d'humanité, de bonté, formé à l’école de Hegel, inspiré par un idéal de fraternité, répugne à la violence,. à la force brute, et dans un apostolat d’aventure, chef de guerre, essaie de s’attacher les peuples et de gagner les territoires par la douceur et la per- Suasion. Le‘premier, fléau exterminateur des faibles et des inférieurs, spécimen extraordinaire de la race humaine, survit glorieux et tranquille. Le second, symbole de l'élévation morale, de la philanthr Opie, dé l'influence intellectuelle, resplendit un moment sur la nuit africaine, et bientôt s'éteint, frappé de mort sous les coups des barbares, — des homme
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Samedi 21 septembre 1895.
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D- "ne ne v = 2 4 & Le gr PRE Le de Panurge meurent sans gloire, décimés par les lèvres. Imprévoyance des organisateurs, erreurs et
querelles des chefs, — toujours le bétail pâtit, souffre les intempéries, le ct
ülle de see üre la langue de soif et crève d’épi-
Zootié, loin du champ de bataille.
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