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LES MUSCADINS

Lundi 17 mai 1897.

Ce n’apas été la semaine des hommes, oh! non! ce ne fut: pas la grande semaine masculine. Des cendres de la rue Jean-Goujon, de l'ossuaire du palais de l'Industrie, de la Morgue, des cimetières, des lits d’agonisantes, des chevets d'infigmes et d’estropiées, monte un cri qui chaque jour grossit contre les représentants du sexe fort au Bazar de la Charité.

Ce crine sera pasétouffé sous les paquets de billets de banque, par l’attendrissement d'œuvres charitables dont les malheureux hasardeux ignorent jusqu'aux noms.

Ils étaient là quelques Bayards qui se trouvèrent des ailes aux pattes et des cannes au poing ; maints visages de femmes et de jeunes filles mortes ou vivantes en portent la marque. Un prêtrese distingua, dit-on, dans la panique en bâtoniste herculéen et en pugiliste forcené. Il fit trouée jusqu'à la rue, en

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crevant les figures et en abattant les corps. Cependant, à l'extrémité opposée, sous l’ardeur du feu dévorant, deux sœurs de charité aidèrent cent femmes à se sauver et passèrent les dernières par la lucarne de salut.

Au moment du péril, certains flirteurs se changèrent en assommeurs et en bouchers. Ils étaient venus élégants, parfumés, tirés à quatre épingles, se montrer, faire les empressés et les galants, cherchant une aventure ou préparant le bon mariage. Telle ‘était la nature de leur charité. Mais, à la première alerte, ils s’enfuirent, laissant brüler leur flirt, sans tourner la tête, sans griller un poil de leur moustache. Plusieurs, empêtrés dans la masse humaine, frappèrent à coups redoublés sur l’obstacle vivant, enfoncèrent les poitrines, démirent des épaules, martelèrent des visages à coups de talons de botte. Les cannes restées sur le sol auxquelles adhèrent des cheveux sanglants, furent les armes du galant tournoi de la noblesse française. Au dedans, il semble n'y avoir eu de bravoure que parmiles valets.

Au dehors, des passants, des ouvriers, des hommes enfin, se précipitèrent dans la fournaise, et sous Îa morsure du feu, sous la pluie de goudron en fusion, arrachèrent au fléau proies nombreuses.

Les noms des fuyards et des batteurs de femmes sont sur les lèvres des blessées. Ils ont été prononcés dans le cabinet du juge d'instruction par les survivantes qui s'indignent d’avoir vu des jeunes gens de leur monde, de leurs relations, à tel point de lächeté. Les commentaires énergiques ne manquent point à cette sinistre cacade. Une duchesse se serait

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