‹ Idée et réalitéChapitre 66 sur 195 · LEE · texte numérisé non relu

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Re et nn SR 39 ? I F1 r - ; d’autres horizons, de paysages nouveaux et de mœurs ne

différentes ; ils usent une existence stagnante au même trottoir.

Henri Meilhac ne pouvait quitter son cher Paris et je crois qu d'il n’alla jamais plus loin que le pavillon

Bu | Henri AV, à Saint-Germain, d'où l'on aperçoit en- À ore les es de la grande ville. Il n'eut aucunement ér le goût de la nature bienfaisante, purifiante et répa- 3 ratrice; il n’écouta point l'invitation au voyage ni

l’appel des ie ines patries ; 1l détestait la mer et l'infini : il aima fidèlement les petits théâtres, les petites femmes, les petites musiques et si l'amitié, dans ce qu’elle a de plus noble, de plus distingué,

llégea ses derniers moments, il n’en avait pas rempli les heures valides de sa vie.

Pourquoi eût-1il cherché au loin sensations et observations quand elles foisonnaient pour lui entre la Madeleine et la Bastille ? À chaque pas, il rencontraît les types dont il peuplait la galerie théâtrale : la de-

moiselile rouée,; délurée et séduisant e, Ingénieuse en

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menteries aux dépens de la sotlise dés mâles ; la Are { femme en quête d'aventures et punie par ses propres he expériences ; le mondain, niais et vaniteux, éperdu Ê

de l'envie de paraître, de faire figure, d'’ét tes son chic ; le prudhomme sentencieux et hypocrite, mannequin déséquilibré au jeu de ses vices ; le séducteur, l'homme à femmes éminemment Stupide comme

cest de règlei; enfin, l'éternel jocrisse de l'amour : 4, ou plulôt de ce qu'on désigne sous ce térme, l’exem- | plaire dupe dont l’auteur joua) lui-même la partie, moralité ironique.

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L'œuvre théâtrale de Meïlhac se compose de livrets d’opérettes et d'opéras, de pièces, de piécettes et de comédies dramatiques. Même âme de moquerie or | anime presque tous ses ouvrages et leur prête un caractère commun, la parodie. La fantaisie charmante qui y règne est une outrance de la vérité, une rail-

lerie pétillante des ridicules et des faiblesses réelles.

Comparez une petite merveille d'humeur et de malice

telle que le Roï Candaule à une pièce de trois actes,

la Cigale ou Barbe-Bleue, vous respirez pareil

souffle d’ironie et cette ironie destructrice, cette pa-

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7 rodie qui tue, s est exercée invariablement au hasard ‘ des sujets, soit qu'elle mette en action les folies du | ; pouvoir absolu, les ridicules des grands généraux et

des grandes guerres dans la Grande-Duchesse, soit qu'elle crayonne irrévérencieusement la charge des souvenirs classiques par les traits de la Belle- Hélène, soit qu'ellé disperse en éclats de rire les contes de notre enfance et les légendes terrifiantes de Barbe-Bleue.

Ainsi la moquerie parodiste a soufflé l’irrespect sur des croyances enfanlines, la culture intellectuelle des écoles et les rites fondamentaux de la société. | La destruction est un prélude de renouveau. L’agrées ment d'opérettes facétieuses, est infiniment supérieur

à tous les opéras-comiques du genre éminemment

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français ; Je compte même parmi les plus jolies ré-

créations d'une soirée le livret des Brigandas, qui a la saveur d'un conte philosophique. Oui, ce petit

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