‹ Idée et réalitéChapitre 74 sur 195 · DRAC · texte numérisé non relu

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Samedi 14 août 1897.

Souvent, lorsque j'entends accuser la friponnerie des petites gens, des domestiques, des chambrières et des valets, lorsque je dure contre les mar-

chands-et les fournisseurs je corrige ces jugements

évères par la réflexion que si les petits ont accoutumé es moindres larcins, les grands, sans de de commerce, sans excuse d’élat, ne font pas voir r {rop de délicatesse. Nombre de gens qui Higurent san le monde et y prétendent aux grands airs sont dénués

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de scrupules Ti les aflaires particulières. Îls dépens sent de grosses sommes aux occasions de vanités, pour la satisfaction de leurs plaisirs, mais ils SLIVÈ— leront en secret une pièce de vingt francs avec au» tant de rapacité, plus vilainement même, qu'un laquais !

Aucune des bassesses de l'argent nesl étrangère aux mondains : ils accueillent en leurs salons des soujats et de plates canailles uniquement parce que

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ces « espèces » possèdent un gros LÉ be : 11sS se revanchent, il est vrai, de pareilles complaisances en racontant sur leurs hôtes hasardeux mille horreu réelles et imaginaires, mais ces récits sont à la hont des narrateurs capables de recevoir chez soi et d'entourer d'apparences amicales les beaux sires dont ils connaissent le tissu de méfaits.

De cette lutte pour le mensonge, de la ladrerie et de limprobité mondaines, j'en pourrais citer des exemples infinis, mais ce n'est point là mon projet. En commencant, je me proposais d'emprunter un sujet à l'actualité de la sai son, de montrer comment Pexploitation impudente et bête des marchands, des fournisseurs, des hôteliers aux villes d'eaux, aux thermes, aux stations balnéaires continue la petite œuerre du vol. Où que vous alliez, vous retrouvez méchanceté et friponnerie, mais par un juste retour, les méchants et les fripons finissent par être atteints à leur seul endroit sensible : à la caisse.

Je viens de passer un mois devant un site charmant de verte campagne et de paysage marin, dans un petit port de pêche dont*les Parisiens, les étransers, les visiteurs de toute sorte ont fait la fortune. Chaque été, durant un mois ou deux, la ville, morte l'hiver, devient un séjour d'élégance, un relais du train de fête qui parcourt la côte. Les rues sont peuplées de femmes en fraîches et jolies toilettes, d'hommes disposés à oublier le poids des alfaires, des ennuis, des traéas matériels. C’est aussi une réunion d’oisifs opulents qui vont où va le bruit. Sur la

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plage, les coquettes villas, les chakets aux constructions pittoresques fleurissent leurs terrasses et ou-

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