‹ Idée et réalitéChapitre 9 sur 195 · HR OMR NT TE · texte numérisé non relu

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IDÉE ET RÉALITÉ 21 main le plus idéal et le plus réel, le plus poétique et le plus charnel, le plus mélodique et le plus savant, le plus spontané et le plus complexe, le plus intense et le plus démesuré qui ait jamais été achevé par aucu homme. Sans nul souci des conditions scéniques ni de la patience des spectateurs, les deux amants cèdent au penchant de leur esprit pour les bagatelles philosophiques de tendres propos qui trois fois les confondent sur le banc, pâmés au bras l’un de l'autre dans une extatique mélodie. Ils ne reviennent à eux que pour Souhaiter la réunion suprême, indissolubles dans la mort :

Tous les amants heureux ont parlé de mourr:

Que leur importe la venue du roi Marke! qu'importe au poète-musicien la durée d’une scène où le mari pleure sur la femme et l'amant! Ne plane-t-il pas au-dessus du ridicule et de la plaisanterie? Ne fait-il pas chanter au bon prince la superbe mélan:colie et le sublime pardon des âmes supérieures ? Ce n’est ni votre convenance, ni l'agrément ordinaire que sollicite Wagner ; il règne sur l'orchestre et sur la déclamation du roi et tyranniquementil impose ce qu'il a vécu et conçu.

Non plus ilne concédera rien aux exigences normales du drame en cette durée du troisième acte remplie par l'appel fiévreux et déchirant de Tristan que suit aussitôt le Zamento d'Iseult, terminé dans la mort.

Donc l'œuvre dominatrice est conçue dans la forme plastique de la tragédie classique : duo d’amour entire

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les protagonistes, dé ion avec les confidents.

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Elle est formée, à v ne dire à. “ue duo d'amour aupremier et au second acte et de deux monologues juxtaposés au troisième. Le drame d'action objective, accessible aux spectateurs, n it à que pendant Île

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