‹ Idées et doctrines littéraires du 17e siècle (extraits des préfaces, traités et autres ecrits théoriques)Chapitre 111 sur 125 · Allusion au passage du Rhin de l'épître IV de Boileau · texte numérisé non relu

Allusion au passage du Rhin de l'épître IV de Boileau

tant que cbrestiens, et que mieux persuadés encore des choses saintes, que les Payens ne Festoient, n'ayant pas plus de peine à ajouster foy aux evenemens miraculeux, qu'aux evenemens ordinaii^es.

Chapelain, La Pucelley préface.

Ainsi l'illustre Horaere, et le fameux Virgile

Pour plaire aux vains mortels, attachez à leurs dieux, Donnent à leurs héros des cœurs religieux, Font descendre du ciel des deïtez visibles.

Et le Ciel et l'Enfer...

Ne semblent occupez qu'à ce seul différend.

Mais leurs feintes jamais, pour estre vray-semblables.

Des cultes étrangers n'ont emprunté les fables ;

Et jamais dans leurs chants...

Ils n'ont produit des dieux en Egypte adorez.

Osyris, Anubis leur estoient méprisables.

Et nous qui possédons un heur incomparable, Instruits par les leçons du seul Dieu véritable,

Nous cherchons le secours des dieux dignes d'horreur. On nous dit que sans eux tout ouvrage est stérile ; Que les fables des Grecs sont le seul champ fertile.

On invoque sans cesse Apollon et les Muses ; On croit que par eux seuls les grâces sont infuses ; Que les vers n'ont sans eux ni force ny beauté. Mais manquons-nous d'esprit, et de Divinité, Pour aller emprunter dans notre sécheresse, De l'esprit et des dieux de Rome et de la Grèce?

Le vray Dieu ne peut-il, ce qu'ont pu les faux Dieux ?

L'Impiété jointe à la Jalousie,

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Ne peut donc supporter la haute Poésie,

Lors que pai- vray-semblance, elle appelle en ces lieux

Les hostes differens des Enfers ou des Cieux.

Les \nges, les Démons leur sont insupportables.

Ces esprits, à leur sens, ne sont point vray-so!nbl.ibl s.

D'Hercule ils aiment mieux apprendre les haz:u-ds,

Et les faits de Bacchus, de Mercure, ou de Mars,

L'un larron, l'autre yvrogne, et l'autre sanguinaire.

Quelle feinte des deux est la plus vray-semblab e,

D'appeller au secours, contre un camp effroyable,

Ou Mars, ce furieux...

Dont la fable en ses chants n'a conté nuls explois ;

Ou cet Ange fameux, de qui le fer agile

De fiers Assyriens meurtrit neuf fois vingt-mille ?

Qui des deux est plus grand, si quelqu'unles compare,

Ou le Dieu de Moïse, ou le grand Jupiter ? Ou le charme d'Helene, ou le charme d'Esther? Ou le fougueux Achille, ou celuy qui sur l'herbe Abattit le grand coips du Philistin superbe, Et qui toujours aidé du céleste seco irs, Etoufïa dans ses bras des lions et des ours * ?

Tout impie est confus, lisant la sainte histoire ;

Par les prophètes saints tant de noms annoncez, Aux sincères esprits la confirment assez. Pour te convaincre, impie, aux veritez rebelle. Fable pour fable, au moins, qui crois-tu la plus belle ?

Et tu dis que des dieux les chimériques fables,

Sont pour les vers pompeux des sujets plus traitables.

Aux grands effets de Dieu rien ne peut s'égaler,

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