‹ Idées et doctrines littéraires du 17e siècle (extraits des préfaces, traités et autres ecrits théoriques)Chapitre 110 sur 125 · Celle de Satil · texte numérisé non relu

Celle de Satil

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pée, en deslriiisant la vray-seiiibiance, qui en est tout le fondement. 11 faut donc que l'argument du Poème épique soit pris de l'histoire chrestienne, mais non pas de l'histoire sainte : d'autant qu'on ne peut sans prophanation en altérer la vérité ; et que, sans rinvenlion, qui est la principale partie du poète, il est presqu'iinpossible que l'Epopée puisse avoir toute sa beauté.

ScuDÉRY, préface cC a Al a rie n.

Lorsque d'un Dieu du Rhin on nous montre l'image S'opposant en fureur à ton heureux passage, On ternit par le faux la simple vérité.

Forcer les éléments par un cœur héroïque,

Est bien plus que lutter contre un dieu chimérique.

Ces froides fictions offensent ta victoire,

Et c'est moins dire en vers que ne dira l'histoire *.

Desmarets, Estlier^ épître au roi.

Que si l'on vouloit rejetter, comme contraire à l'imitation et à la vray-semblance. lout ce qui se fait par rinspiration ou par l'as-istance des cieux ; oij en seroit Homère, et après luy toute la famille poétique, qui souvent sans besoin, et souvent aussi par nécessité, ont introduit les divinités dans les actions des hommes ?...L'interest, qu'ils feignoient que les dieux prenoient dans les affaires huniaines, reiississoit avantageusement parmy les Payens, parce que ceux-cy avoient une fermecreance du pouvoir de ces divinités, et que cette créance leur rendoit les suppositions des poètes vray-semblables. Je dis par proportion la mesme chose des machines chrestiennes, lesquelle-s, pour n'estre pas du ressort de la Nature, ne laisseroient pas de garder leur vray-semblance, quand mesme elles seroient inventées, les chresliens, en

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