PREFACE
L'idée de ce travail est née dans la classe. Un des défauts les plus fréquents dans les « dissertations littéraires » d'élèves et d'étudiants, c'est l'imprécision, la banalité vague des exposés et discussions relatifs aux doctrines littéraires. Tant qu'il ne s'agit que de caractériser et d'apprécier une œuvre, on se tire assez aisément d'affaire : il suffît de quelque intelligence et d'un peu de goût ; et ce ne sont pas là qualités rares chez nos étudiants. Mais pour juger avec justesse les idées d'un écrivain, d'une école, d'un temps, l'intelligence et le goût ne suffisent plus : il faut en outre, ou plutôt il faut d'abord la connaissance très précise de ces idées. Or, c'est justement cette connaissance qui fait défaut aux élèves, même aux meilleurs. On aurait tort de s'en étonner : où l'auraient-ils puisée ? Aux sources? Mais il est impossible que des étudiants, — même candidats à l'agrégation, — dépouillent, nous ne disons pas tous, mais seule-