‹ Idées et doctrines littéraires du 17e siècle (extraits des préfaces, traités et autres ecrits théoriques)Chapitre 73 sur 125 · La Fontaine · texte numérisé non relu

La Fontaine

2. Cotie idée classique : « rien n'est beau que le vrai » ('et pour Boilcaii, le laid même, imité par l'art, s'il est vrai, peut devenir beau) rcn ouïrait «les résistances même chez les esprits moyens cultivés Le P. Bouhours, qui lut très écouté, eu pleine période classique, dans la belle sotiét qu'il Iroqueutait, prélérc le vrai orné, et en reste en somme, sinon dans la lettre de ses écrit-, au moins dans l'esprit, au goût précieux.

« Les pensées a force destrc \raycs. dit-il, sori: quelquelbis triviales... Outre la vérité qui contente toùjou: s l'esprit, il faut quelque chose qui le liappe et qui le surprenne... Il seroit diificile de ne rien dire qui ne l'ust nouveau : c'est assez que les jiensées (|iii entrent dans les ouvrages d'esprit ne soient point usées : que si l'invention n'en est pas tout à lait nouvelle, la manière dont on k-s tourne le s>it au moins, ou que si elles n'eut pas la grâce de la nouveauté, môme dans le tour; elles ayent je ne sçay

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IV. — Il faut îiiiîter dans la « nature », non les singularités et les exeei)tious, mais les choses communes. L'œuvre littéraire doit exprimer les sentiments et les idées universels.

Qu'est-ce qu'une pensée neuve, brillante, extraordinaire ? Ce n'est point, comme se le persuadent les ignorants, une pensée que personne n'a jamais eue, ni dû avoir : c'est, au contraire, une pensée qui a dû venir à tout le monde, et que quelqu'un s'avise le premier d'exprimer. Un bon mot n'est bon mot qu'en ce qu'il dit une chose que chacun pensait, et qu'il la dit d'une manière vive, fine et nouvelle.

BoiLEAU, préface de Ceci, de 1701.

Pour ce qui regarde les passions, je me suis attaché à le * suivre plus exactement. J'avoue que je lui dois un bon nombre des endroits qui ont été le plus approuvés dans ma tragédie; et je l'avoue d'autant plus volontiers que ces approbations m'ont confirmé dans l'estime et dans la vénération que j'ai toujours eues pour les ouvrages qui nous restent de l'antiquité. J'ai reconnu avec plaisir, par l'eîîetqu'a produit sur notre théâtre tout

qiioy en elles-mêmes qui donne de l'admiration et du plaisir. » (B.iuhours, La Minière de bien penser dans Les ouvrages de l'espri\ dialogue I.)

EL il ajoute :

« Je vous disois qu'en maliere de pensées ingénieuses, le vray nestiffisoit pas, et quil y falloit ajouter quelque chose d'extraordinaire qui iVappast l'esprit. Nous l'avons dit, et ou ne sçauroit trop le dire : la vcrilé est à la pensée ce que les fondemens sont aux édifices; elle la soutient et la rend solide. Mais un basliment qui ne seroit que solide n'auroit pas de quoy plaire à ceux qui se connoissent en architecture. Outre la solidité, ou veut de la L^rauJeur, de l'agrém nt, et même de la délicatesse dans les maisous bien basties ; et c'est aussi ce que je voudrois dans les pensées dont nous parlons. La vérité qui plaist tant ailleurs sans nul ornement, en demande icv ; et cet ornement n'est quelquefois qu'un tour nouveau qu'on donne aux choses. «{Ibid., dialogue II. j

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