‹ Idées et doctrines littéraires du 17e siècle (extraits des préfaces, traités et autres ecrits théoriques)Chapitre 75 sur 125 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

LA COMÉDIE DE MOf.IF.RF,

I. — M L'emploi de la comédie » est de corriger lc3 vices des hommes par le moyen du ridicule . (p. 174 )

II. — Elle ne peut être utile qu'à la condition de plaire; dédain des règles (p. 174 )

III. ~ Pour plaire, il faut peindre Ihomme avecvcritè. (p. 175.)

IV. — Ce n'est pas les individus, mais l'homme général que peint Molière, (p. 176.)

V. — Le comique (et même le comique des mots) doit être pris dans la vérité, (p 177.)

VI. — Il faut de la vérité dans le jeu des acteurs. (p. 178.)

TEXTES CITES

Molière : Préface des « Précieuses ridicules », 1659, — Avertissement des (c Fâcheux », 16G1.

174 IDKES ET DOCTIUNES LITTERAIRES

MoLii.uF, : La Critique de « l'Ecole des Femmes », 1G63.

— L'Impromptu de Versailles, 1663.

— Préface de « Tartuffe », 1668.

BoiLEAU : Art poétique, 1674.

I. — « L'oiiiploî de la comédie » est de oorrîç-,'^r les vices des hommes par le moyen du ridicule.

Si remploi de la comédie est de corriger les vices des hommes, je ne vois pas par quelle raison il y en aura de privilégiés. Celui-ci * est, dans l'Etat, d'une conséquence bien plus dangereuse que tous les autres ; et nous avons vu que le théâtre a une grande vertu pour la correction. Les plus beaux traits d'une sérieuse morale sont moins puissants, le plus souvent, que ceux de la satire; et rien ne reprend mieux la plupart des hommes que la peinture de leurs défauts. C'est une grande atteinte aux vices, que de les exposer à la risée de tout le monde. On soulfre aisément des répréhensions, mais on ne souffre point la raillerie. On veut bien être méchant; mais on ne veut point être ridicule.

MoLiÈlRE, Préface du « Tartuffe ».

II. — Elle ne peut être utile qu'à la condition de plaire ; dédain des règ-les.

J'offenserais mal à propos tout Paris, si je l'accusais d'avoir pu applaudir à une sottise : comme le public est le juge absolu de ces sortes d'ouvrages, il y aurait de l'impertinence à moi de le démentir, et ([uand j'aurais eu la plus mauvaise opinion du monde de mes Précieuses ridicules avant leur représentation, je dois croire maintenant qu'elles valent quelque chose, puisque tant de gens ensemble en ont dit du bien.

Mo[>iÈRE, Préface des a Précieuses ridicules. »

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