‹ Idées et doctrines littéraires du 18e siècle (extraits des préfaces, traités et autres écrits théoriques)Chapitre 2 sur 106 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

L'accueil que reçurent nos Idées et doctmes liltriaires du XVII" siècle et les encouragements qui, de divers côtés, nous parvinrent, nous ont engagés à continuer la série commencée.

Le dessein, le plan^ la disposition générale sont les mêmes pour ce volume que pour le pi'éccdent. La seule différence est que nous avons donné, dans ce second recueil, des extraits beaucoup plus étendus que dans le premier. Ce qui nous y a déterminé, c'est sans doute le souci de satisfaire quelquesuns <le nos collègues, au gré de qui le premier recueil contenait trop de textes courts. Mais c'est aussi et surtout que les théoriciens littéraires du xviii® siècle sont plus nombreux et, en général, beaucoup plus verbeux que ceux du XVII'- siècle. Racine, Molière, La Fontaine, tous les grands écrivains classiques, s'ils avaient réfléchi sur leur art et savaient, à l'occasion, en disserter doctement, pensaient toutefois que le meilleur moyen de faire triompher leurs idées littéraires était de les mettre à l'épreuve : l'exemple passe le précepte. Et ils écrivaient des chefs-d'œuvre. S'il leur arrivait do faire la théorie de leur art, c'était sans s'y attarder, sacs s'y complaire. Dans de brefs écrits, ils condensaient leurs doctrines en quelques formules pleines et expressives. Mais, au xviii* siècle, quand la tragédie, la comédie, la poésie se meurent, alors apparaît une légion de théoriciens consultants qui tous à l'envi vantent leur Catholicon. Jamais, comme il est naturel, on ne discuta avec plus d'abondance et d'âpreté sur la méthode propre à produire des chefs-d'œuvre qu à l'heure où les chefs-d'œuvre manquaient.

1. Nous avons cru devoir ajouter, dans cette deuxième édition, quelques textes intér. ssauts qu'où trouvera en Appendice (p. 425) ; nous avdiis iodiqué, pour chacun d'eux, la place où il devait être inséré dans le classement général.

Avril 1920.

Page 1