LE NOVATEUR
1° Le nombre des « sujets » et des grandes « passions » tragiques est limité. On ne peut, après Corneille et Racine chercher la nouveauté que dans des « embellissements » extérieurs (p. 194).
2° Notre tragédie est trojp « discoureuse ». Il faut imiter le drame anglais, qui met sur la scène plus
IDÉI'S ET DOCTRINES LITTÉUAinES DU XVIII* SIECLE 183
d'action, de pompe et d'appareil que de discours. Mais le spectacle doit faire mieux ressortir, non remplacer la beauté des sentiments et des passions (p. 195).
3° Il faut étendre le champ des sujets, exploiter surtout 1 histoire de France, celle des Américains, des Scythes, des Persans (p. 203).
4° La tragédie doit faire aimer la vertu, inspirer l'horreur du fanatisme, de la persécution, et l'amour du bien public (p. 205).
TEXTES CITES
VoLTAiRK : Préface à l'édition d' « OEdipe » de 1730.
— Discours sur la tragédie (eu tète de « Brutus «),
— Eriphile, Discours, 1732.
— Zaïre, P" épître à Falkener, 1733.
— Alzire, discours préliminaire, 1736.
— Le Fanatisme, ou Mahomet, avis de l'éditeur, 1743.
— Dissertation sur la tragédie (en tète de a Sémi-
ramis »), 1748.
— Oreste, épître à la duchesse du Maine, 1750.
— Siècle de Louis XIV, 1751.
— L'Orphelin de la Chine, épître au maréchal de
Richelieu, 1755.
-- Tancrède, épître à Mme de Pompadour, 1760.
— L'Ecossaise, épître à M. le comte de Lauraguais,
— Lettre à Mlle Clairon, 16 octobre 1760.
— Olympie, notes, 1764.
— Dictionnaire philosophique, 1764.
— Commentaire sur Corneille. Remarques sur le
i^r Discours du poëme dramatique, 1764.
■ — Les Scythes, préface, 1767.
— Les Guèhres, Discours historique et critique, 1769.
— Les L As de Minas, notes, 1773.
— Fr:igment d'un ciscours historique et critique sur
« D.n Pèdre », 1774.
— Irène, lettre à V Académie française, \118,
184 IDÉl-S ET DOCTJilNES LITTÉliAIKES