ne George Lillo
;t. D'Ed. Moort), 17^3.
sont moitié vers et moitié prose. Le premier poète qui nous fil rire avec de la prose introduisit la prose dans la comédie. Le premier poète qui nous fera pleurer avec de la prose, introduira la prose dans la tragédie.
Mais dans l'art, ainsi que dans la nature, tout est enchaîné; si Ton se rapproche d'un côté de ce qui est vrai, on s'en rapprochera de beaucoup d'autres ; c'est alors que nous verrons sur la scène des situations naturelles qu'une décence ennemie du génie et des grands effets a proscrites. Je ne me lasserai point de crier à nos Français : La Vérité! la Nature! les Anciens! Sophocle! Philoctète! Le poète l'a montré sur la scène, couché à l'entrée de la caverne, et couvert de lambeaux déchirés. Il s'y roule : il y éprouve une attaque de douleur; il y crie, il y fait entendre des voix inarticulées. La décoration était sauvage; la pièce marchait sans appareil. Des habits vrais, des discours vrais, une intrigue simple et naturelle. Notre goût serait bien dégradé, si ce spectacle ne nous affectait pas davantage que celui d'un homme richement vêtu et apprêté dans sa parure... se promenant à pas comptés sur la scène, et battant nos oreilles de ce qu'Horace appelle
... Ampullas et sesquipedalia verha '
« des sentences, des bouteilles soufflées, des mots longs d'un pied et demi »,
Nous n'avons rien épargné pour corrompre le genre dramatique. Nous avons conservé des Anciens l'emphase de la versification qui convenait tant à des langues à quantité forte et à accent marqué, à des théâtres soacieux, à une déclamation notée et accompagnée d instruments; et nous avons abandonné la simplicité de l'intrigue et du dialogue, et la vérité des tableaux.
Diderot, Dorval et moi, 2*-" entretien,