Oli.nt. Clrt., lib III, en
4. iSuKT., ycio, 39 : « Rome va devenir une seule maison. Romains, retirez-vous à Véies ; pourvu néantuoins que œlte maison n'envahisse pas ausbi Véies. »
DU XVlIl" SIÈCLE 365
mœurs de toute la nation. Les Francs n'étaient alors qu'une troupe errante et farouche, presque sans lois et sans police, qui ne faisait que des ravages et des invasions : il ne faut pas confondre les Gaulois polis par les Romains avec ces Francs si barbares. Il faut laisser voir un rayon de politesse naissante sous l'empire de Charlcraagne ; mais elle doit s'évanouir d'abord. La prompte chute de sa maison replongea l'Europe dans une affreuse barbarie. Saint Louis fut un prodige de raison et de vertu dans un siècle de fer. A peine sortons-nous de cette longue nuit. La résurrecticm des lettres et des arts a commencé en Italie, et a passé en France fort tard. La mauvaise subtilité du bel esprit en a retardé le progrès.
Ibid.
Un historien doit retrancher beaucoup d'épithètes superflues et d'autres ornements du discours : par ce retranchement, il rendra son histoire plus courte, plus vive, plus simple, plus gracieuse. Il doit inspirer par une pure narratio» la plus solide morale, sans moraliser : il doit éviter les sentences comme de vrais écueils. Son histoire sera assez ornée pourvu qu'il y mette, avec le véritable ordre, une diction claire, pure, courte et noble. Nihil est in Instoria, dit Gicéron, para et illustri brcvitate dulcius ^. L'histoire perd beaucoup à être parée. Rien n'est plus digne de Cicéron que cette remarque sur les Commentaires de César : « Gommentarios quosdam scripsit rerum suarum, valde quidem probandos : nudi enira sunt, recti et venusti, omni ornatu orationis tanquam veste detracta. Sed dum voluit alios habere parata unde sumerent qui vellent scribere historiam, ineptis gratum fortasse fecit, qui volunt illa calamistris inurere, sanos quidem homines a scribendo deterruit^. » Un bel esprit méprise une histoire nue :
1. De Claris Oratoribus, c. i xxv. i Rien n'est plus agréable dans ITjistoire qu'une concision pure et noble. »
2. De Claris Oratoribus, c. lxxv : « Il a écrit des mémoires excellents;
3G6 IDÉES ET DOCTRINES LITTÉRAIRES DU XVIIl* SIECLE
il veut rhabiller, l'orner de broderie et la friser. C'est une erreur, ineptis. L'iiomme judicieux et d'un goût exquis désespère d'ajouter rien de beau à celte nudité si noble et si majestueuse.
Ibid.
le style en est simple, pur, gracieux, et dépouillé de toute pompe de langage ; c'est une beauté sans parure. En voulant lournir des mater aux aux historiens futurs, il a peut-être iail pUdsir a de petits esprits qui seront tentés de charger d'ornements irivoles ces grâces naturelles ; mais pour les gens sensés il leur a ôté à jamais l'envie d'écrire. » (Trad, de Bi aNOUl'.)
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