iJt Claris Oraloi\htis, c. Lxxv
Français du temps de Henri II avec des perruques et des cravates, ou de peindre les Français de notre temps avec des barbes et des fraises. Chaque nation a ses mœurs, très différentes de celles des peuples voisins. Chaque peui^Ie change souvent pour ses propres moeurs. Les Perses, pendant l'enfance de Cyrus, étaient aussi simples que les Mèdes leurs voisins étaient mous et fastueux'. Les Perses prirent dans la suite cette mollesse et cette vanité. Un historien montrerait une ignorance grossière s'il représentait les repas de Curius ou de Fabricius comme ceux de Lucullus ou d'Apicius. On rirait d'un historien qui parlerait de la magnificence de la cour des rois de Lacédémone, ou de celle de Numa. Il faut peindre la puissante et heureuse pauvreté des anciens Romains.
Parvoque potentem, etc. 2.
Il ne faut pas oublier combien les Grecs étaient encore simples et sans faste du temps d'Alexandre, en comparaison des Asiatiques : le discours de Charidème à Darius le fait assez voir ^. Il n'est point permis de représenter la maison très simple oîi Auguste vécut quarante ans, avec la maison d'or que Néron fit faire bientôt après :
Roma domus fiet : Veios migrate, Quirites, Si non et Veios occupai ista domus^.
Notre nation ne doit point être peinte d'une façon uniforme : elle a eu des changements continuels» Un historien qui représentera Clovis environné d'une cour polie, galante et magnifique, aura beau être vrai dans les faits particuliers, il sera faux pour le fait principal des