‹ Idées et doctrines littéraires du 19e siècleChapitre 23 sur 75 · V. Hugo, Les Orientales^ préface · texte numérisé non relu

V. Hugo, Les Orientales^ préface

3° Le poète doit être attentif à la vie moderne et « contenir la somme des idées de son temps ». Le « personnel » doit n'être que le reflet du « général ». « Le beau doit être le serviteur du vrai » . « L'art pour le progrès. »

Cette vie imposante de l'artiste civilisateur, ce vaste travail de philosophie et d'harmonie, cet idéal du poème et du poète, tout penseur a le droit de se les proposer comme but, comme ambition, comme principe et comme fin. L'auteur l'a déjà dit ailleurs et plus d'une fois, il est un de ceux qui tentent, et qui tentent avec persévérance, conscience et loyauté. Rien de plus. Il ne laisse pas aller au hasard ce qu'on veut bien appeler son inspiration. Il se tourne constamment vers l'homme, vers la nature ou vers Dieu. A chaque ouvrage nouveau qu'il met au jour, il soulève un coin du voile qui cache sa pensée; et déjà peut-être les esprits attentifs aperçoivent-ils quelque unité dans cette collection d'oeuvres au premier aspect isolées et divergentes.

L'auteur pense que tout poète véritable, indépendamment des pensées qui lui viennent de son organisation propre et des pensées qui lui viennent de la vérité éternelle, doit contenir la somme des idées de son temps. V. Hugo, Les Rayons et les Ombres, préface.

Il ne laisse même subsister dans ses ouvrages ce qui est personnel que parce que c'est peut-être quelquefois un reflet de ce qui est général.

Il ne croit pas que son individualité, comme on dit aujourd'hui en assez mauvais style, vaille la peine d'être autrement étudiée. Aussi, quelque idée qu'on veuille bien s'en faire, n'est-elie que très peu clairement entrevue dans ses livres.

Page 1