STENDHAL
Recherche des « petits faits vrais » et du naturel dans la forme. Condamnation de « l'emphase germanique et romantique ».
TEXTES CITES
Stendhal. — Correspondance inédite.
— Armance, Avant-propos, 1827.
— La Chartreuse de Parme, Avertissement, 1839.
M. Le Barbier1, fatigué de tout ce moyen-âge2, de l'ogive et des vêtements du xve siècle, osa raconter une aventure qui a lieu en 1830, etlaisser le lecteur dans une ignorance complète sur la forme de la robe que portent mesdames d'Espagne et Sainl-Ange, ses deux héroïnes, car ce roman en a deux, contre toutes les règles suivies jusqu'ici.
L'auteur a osé bien plus : il a osé peindre le caractère de la femme de Paris, qui n'aime son amant qu'autant quelle se croit tous les matins sur le point de le perdre.,. Voilà une chose que les Allemands ne croiront jamais ; mais j'ai bien peur, cependant, que M. Le Barbier n'ait été peintre fidèle. La vie des Allemands est contemplative et Imaginative. Là morale, exécrable aux yeux des belles, la morale qui résulte du livre de M. Le Barbier est celleci : « Jeune homme qui voulez être aimé dans une civilisation où la vanité est devenue, sinon la passion, du moins le sentiment de tous les instants, chaque matin persuadez, avec politesse, à la femme qui, la veille, était votre maî-