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ÉGLISE

L'Église est une société parfaite. C'est pourquoi elle a

ses lois qui défient toute loi et qui, selon elle, ruinent toute loi qu'elle n'a pas faite.

L'Église prétendue morte et à jamais vivante. Quelle preuve contre la décadence ! L'Église n'est pas seulement dans ceux qui la croient à la lettre, elle est aussi dans ceux qui la nient, et qu'elle a nourris pendant deux mille ans. Comme tout ce qui fut, elle est dans ce qui est. Il faut avoir été catholique, ou il le faut être. Quand la foi est passée dans le sang, elle meurt, et morte vit encore. Voilà la promesse éternelle. Retour qui enchante. Il paraîtra cruel aux fidèles.

Il ne faut point raisonner des forces comme on voudrait qu'elles fussent, mais comme elles sont. C'est pourquoi faire des lois, ce n'est pas faire raison : c'est faire vioience.

L'Église est vaine d'attendre justice de l'État : il légifère. Et si l'État prétend faire justice à l'Église, il ment. Il en fait justice ; c'est tout le contraire.

L'Église veut dominer sur l'État ; c'est son institution qui l'y force. Elle ne le dit plus, parce qu'elle n'est pas la plus forte .

Si les autres églises se soumettent, c'est la preuve qu'elles ne sont pas des églises

Admirable discipline de l'Église : fondée sur le sentiment. Ici, la volonté met à servir la même joie qu'ailleurs elle a dans la révolte. L'âme même se plie, s'il faut, à la violence. Or, la plupart aujourd'hui se servent de l'Église et ne servent pas.

L'obéissance dans la joie, voilà la pierre dont il est dit : Tu es Petrus et — Le ciment est parti, la pierre branle : quand le cœur n'y est plus, l'homme a horreur de l'Église ; il trouve ce joug insupportable ; et refusant d'obéir, il la hait d'avoir obéi.

L'Église est une souveraineté. Mais le nombre est la souveraineté. On n'arrête ni la mer ni le nombre. Nous sommes au large de l'Histoire. Tout le mouvement du genre humain s'est fait dans le sens du nombre.

NGBUD DU DRAME

Nous sommes au premier siècle de l'Empire. Les rbares de l'Est se sont ébranlés vers l'Occident. Tout 5t remis en question ; les éléments se heurtent et se )nfondent. Mais les proportions ne sont plus les lêmes.

Comme il y a deux mille ans, sous le César romain, on assiste à l'essai d'une loi universelle . L'Europe se cohère, au noyau de la planète, comme l'anneau romain s'était condensé au centre du vieux monde. Le globe est découvert, et la race des maîtres, venus d'Occident, ouvre la voie aux barbares et aux jeunes. Ce qu'on n'avait encore jamais vu, la matière a un dieu : la science.

Époque capitale que celle-ci, en mal ou en bien,

selon le sentiment de chacun ; mais ni le mal ni le bien

n'ont de relation aux métamorphoses de l'énergie. Un

cas de conscience a eu tous les effets de la Réforme,

moins la guerre civile, que les combats de la parole, de

la haine et de la calomnie ont rendue inutile. En vingt

ans, le monde a plus changé qu'il n'avait fait en vingt

siècles.

Ici, où est la cellule mère, il semble que la France tente le destin, qu'elle se prenne elle-même en oubli et qu'elle crée enfin l'Europe.

Il n'y aura d'Europe, que si le génie de la France l'emporte. Elle a d'abord créé l'Église pour le monde chrétien. Puis elle a créé la monarchie, pour que les états prissent forme. 11 s'agit à présent de révéler le peuple entier, en sauvant l'esprit, et de donner l'ordre humain à l'homme.

Bien loin qu'il y ait chute de la vie, voici peut-être l'aurore d'un grand siècle. Mais il est vrai qu'on touche peut-être aussi au noir matin de la matière, au triomphe de l'automate, à la barbarie savante.

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