‹ Idées et visionsChapitre 35 sur 59 · DISSOLUTIONS · texte numérisé non relu

DISSOLUTIONS

Chute de tout respect : la dispersion des forces s'en suit, comme d'une ville aux murailles étroites, et livrée au pillage, les meilleurs s'en vont.

Mais il est vrai que le respect porte l'autorité, comme un aveugle porte sur son dos la mort masquée, qui lui commande de la mener, de nuit, au milieu de la ville.

La marine est le thermomètre de l'ordre dans les états. Où il n'y a plus ni or re ni respect, il n'est plus | de marine.

On voit, depuis peu, une espèce de bouffons redoutables, qui n'eut jamais sa pareille : les ouvriers de marine. Ils ne se croient pas faits pour la marine, mais que la marine est faite pour eux. L'arsenal n'est pas le lieu où ils travaillent, mais l'antichambre où ils attendent des rentes. Ils s'élèvent ainsi à la dignité hargneuse de petits bourgeois. Nulle conscience, et l'arme de la paresse.

On laisse aller et on laisse faire : voilà la lâcheté sociale. Et parfois l'esprit manque encore plus que le caractère.

Le désordre est bien puissant quand il s'organise.

LXXYIII

La bassesse est le plus sûr moyen de parvenir. Sans doute, en tout temps ; mais il y a des temps où la bassesse porte le masque du talent.

Le mariage est si corrompu qu'il ne peut plus se défendre. Il y a eu de vrais mariages dans la société catholique ; mais je n'y étais pas.

Dès que la religion n'a plus eu son empire indiscret sur les mœurs, l'adultère a tempéré le règne absolu du mariage. C'est à présent le mariage qui tempère l'adultère pour un temps.

Page 1