‹ Idees italiennes sur quelques tableaux celebresChapitre 41 sur 100 · XVI, XVII, XVIII · texte numérisé non relu

XVI, XVII, XVIII

Massacre des Innocents. Le dessin de Raphaël , est beaucoup mieux conservé qu'ailleurs dans les trois parties de ce grand tableau. Les enfans surtout sont fort bien. Quant aux couleurs, les rouges seuls ont tenu contre le tems.

Pèche miraculeuse. Etrange exiguïté des barques; où pourraient se placer les jambes de l'Apôtre à genoux devant le Sauveur?

Quant à la barque de gauche, où l'on voit des pécheurs retirant avec effort un filet rempli de poissons, elle chavirerait à l'instant.

J'admire ces grands oiseaux pleins de grâce sur le premier plan du tableau.

Ces oiseaux placés là paraîtraient une bien lourde inconvenance à un peintre du 19."* siècle. Les prétendus progrès des convenances sont encore une des causes de cette impuissance des arts qui nous afflige en 1840.

Je suppose que les grands artistes du 16."" siècle avaient une âme, et cherchaient avant tout à plaire à cette âme. On voit le Dominiquin résister au ridicule ameuté contre lui par Lanfranc. Cet habile intrigant bien venu des Princes et du public, haïssait d'autant plus le Dominiquin qu'il comprenait tout son mérite.

La Conversion de S.' Paul.

Cette tapisserie placée en face des précédentes peut facilement échapper au voyageur ; elle mérite d'être vue, la composition en est très-belle. Le groupe du Père Eternel rappelle celui de Michel-Ange dans la Création de l'hom-

me à la Chapelle Sixtine. On voit que la sublimité de ce groupe avait vivement frappé Raphaël. Malheureusement la figure de S.' Paul n'est point â la hauteur du reste de la composition.

Beau mouvement des soldats.

Ces cartons sublimes dont sept seulement subsistent encore, ont été faits en 1515 et 1516,

168 LES AHAZZI.

ainsi qu'on le voit par les régistres de la fabrique de S.' Pierre ; ils furent payés à Raphaël 43 i ducats d'or (*)• Vasari dit qu'ils sont tous de sa main ; c'est ce dont il est permis de douter. On croit que tous sont de sa composition ; toutefois la Descente du Saint Esprit sous forme des langues de feu, parait bien médiocre pour être d'un si grand homme.

Les cartons que j'ai vus à Hamptoncourt représentent:

S. 1 Paul à Athènes.

S. 1 Paul et S. 1 Barnabas à Listri.

Ananias.

S. 1 Pierre et S.' Jean guérissant un estropié. S. 1 Paul et Sila.

Le Christ donnant les clés à S. 1 Pierre.

La Pèche miraculeuse.

Les figures sont colorées et plus grandes que nature. Quatre des dix-huit tapisseries sont la moitié plus petites que les autres, savoir:

O Je voudrais bien qu'an homme de sens nous donnât la valeur en 1840 du ducal d'or de 1516. Il faut lenir compte des nouveaux besoins imposés par la Vanité.

LES VRAZZl. 109

le Massacre des Innocents sujet % di visé en trois; les Disciples d'Emaùs; et Jésus apparaissant à la Madelaine.

Il est probable que Jean d'Udine a travaillé aux accessoires : Paysages, oiseaux de la Pèche miraculeuse, etc.

En 1527, lors du fameux pillage de Rome, décrit par Jacques Bonaparte et qui dispersa l'Ecole de Raphaël, ces Arazzi furent volés ; ils tombèrent ensuite aux mains du Duc de Montmorency général des troupes françaises, et furent renvoyés à Rome sous Jules III vers 1552.

Les cartons ont été coupés par des lignes verticales, sans doute pour la commodité des ouvriers d'Arras. Charles I Roi d'Angleterre les avait acquis. A la dispersion des meubles du Palais qui suivit la mort de ce Prince, Cromwell les fit conserver. Sous Guillaume III ils furent collés sur toile et placés dans le triste Palais à la Hollandaise, que ce Prince fit construire près de Londres et qui lui rappellait sa patrie.

Je m'apperçois que j'ai oublié de parler d'un mal nécessaire: X Itinéraire de Rome que

le voyageur place sur la banquette de devant de sa calèche. Demandez celui de Nibby fort savant homme mort en 1840; on imprime après sa mort son Itinéraire de la Rome moderne.

L'Itinéraire de la Rome antique qui parut en 1838 est ennuyeux, parceque au lieu de donner au lecteur le résultat de ses recherches, Nibby fait un mémoire d'Académie , dans lequel il étale l'histoire de ses recherches. On voit poindre la vérité peu à peu.

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