‹ Idees italiennes sur quelques tableaux celebresChapitre 51 sur 100 · GALERIE SCIARRA · texte numérisé non relu

GALERIE SCIARRA

Voyez quelle est Y influence de leurs moyens d'imitation sur le caractère de leurs ouvrages. La finesse de Léonard de Vinci manque toutà-fait au Titien, et en revanche le peintre de Florence n'a point l'animation sensuelle du Titien.

D'un autre côté le portrait du Joueur de violon pourrait être de Léonard, dont les femmes n'ont pas la passion sérieuse des Madonnes de Raphaël.

L'amateur ordinaire fait attention au singulier, et en vieillissant tourne à Y Archéologue. Dans un bas relief représentant l'histoire de Niobé et la vengeance d'Apollon, il remarque un personnage de plus.

L'amateur qui a de l'âme, cherche le beau et s'arrête sous les maronniers de Milan, quand il rencontre une tête d'Hérodiade, il a plus de plaisir, mais il ne sait pas briller dans la conversation en jetant une date, ou un fait sec. Si vous réfléchissez sur les différences qui existent entre les têtes de servantes de Sasso Ferrato; les belles femmes fesant l'amour de Léonard ; les femmes passionnées du Corrége, et

Uigitiz

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les Madonnes comprenant Dieu et sa Majesté infinie, de Raphaël; les belles têtes de femmes rencontrées dans la rue, vous jetteront dans une rêverie profonde. Chose singulière ! les sens seront pour peu de chose dans cette rêverie, du moins directement. Le voyage à Rome enseigne cette rêverie aux gens de bonne foi.

Cette Galerie possède encore:

Quatre petits tableaux de Claude Lorrain.

Deux de la première manière un peu froids de ton, toutefois celui du côté de la fenêtre est d'une finesse remarquable.

Des deux Paysages de la seconde manière, celui désigné comme vue du lac de Bracciano au soleil couchant, est d'une grande beauté.

Les deux Madelaines du Guide, montrent combien ce peintre si élégant aimait à copier les têtes des Niobé.

Une Madonne et deux Saints de Francesco Francia. C'est l'Holbein de l'Italie, exact avant tout.

Une Sainte Famille d'après un dessin de Michel-Ange, qu'il faut étudier.

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La vue du Gesù grande Eglise de Rome, remplie d'une foule de Romains, tels qu'ils étaient en 1600. Ce tableau est fort intéressant, il a de la couleur et puis il nous donne une idée exacte des costumes et des façons d'être de ce tems là. L'artiste voulant montrer l'Eglise telle qu'elle est réellement, a supposé le mur de façade abattu. Sans cette précaution il arrive toujours que les peintures ou dessins représentant des intérieurs de monumens, les montrent infiniment plus larges qu'ils ne sont dans la nature, et toutefois ces dessins ne manquent point d'exactitude.

Ce défaut apparent est une conséquence inévitable de la position où se trouve placé l'artiste quand il s'occupe de ce travail; comme il doit être nécessairement dans l'intérieur de l'Eglise, son point de vue n'embrasse dans son ensemble que la partie du fond, et il doit renverser la tête pour voir la partie du plafond , qui est au dessus de lui. 11 doit pareillement se tourner à droite ou à gauche, pour voir les côtés de droite et de gauche, qui sont sur la même ligne que lui.

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Tout cela constitue trois points de vue différents du véritable qui est au fond.

La perspective enseigne au peintre, qu'il doit tirer ses lignes jusqu'au devant du dessin, jusqu'au plan que lui môme il occupe, il résulte de là que l'artiste représente le monument dans son entier, tel que nous ne le voyons jamais, c'est-à-dire d'un seul point de vue, ce qui ne peut exister, qu'en supposant ainsi que l'a fait l'artiste de la Galerie Sciarra, que le mur de la façade n'existe pas, et que nous sommes assez reculés pour embrasser d'un seul coup d'œil tout l'intérieur du monument.

Je demanderai au voyageur de donner quelque attention à ce tableau qui a le mérite d'ailleurs de représenter la Cour du Souverain Pontife telle qu'on la voyait en 1600.

Les figures sont d'Andréa Sacchi et l'architecture de Galiano.

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