PORTRAIT DE RAPHAËL
la bouche et dans le menton, un peu reculé ce qui semble accuser de la faiblesse.
L'ensemble de la physionomie exprime de la douceur et de la simplicité. Le tableau a été mal retouché , surtout vers la jointure des planches, il est sur bois.
Rien dans cette tête n'annonce le génie; voilà qui est triste à dire. Voyez combien sont menteurs tous les portraits de Raphaël.
On remarque dans la Galerie de S. 1 Luc, la Fortune de Guide ; un beau Saint par Sébastien del Piombo, et un Ange, sublime fresque de Raphaël. Les jambes sont grosses ; c'est ainsi qu'on les voit aux enfans des paysans voisins de la ville éternelle, on dirait de petits Hercules, et dans les loges du Vatican Raphaël a suivi cette nature. Que dira à cette vue l'amour du svelte que nous ont donné les gravures du Journal des modes!
Une figure svelte s'habille mieux, et la façon de porter les habits dénote le rang des personnages.
L'Aurore du Guide
[Palais Rospiglioii).
Cette fresque magnifique est peut-être le chef-d'œuvre du Guide; on regrette que cette charmante composition soit placée au plafond, on ne peut jouir qu'imparfaitement de la grâce noble, et de l'agencement si gracieux qui régnent dans les figures des heures.
On reconnaît le souvenir du groupe de Niobé. Vous savez que le Guide introduisit dans la peinture l'imitation de l'idéal grec (1600).
11 ne faut pas chercher dans ce peintre la science infinie et l'âme tendre de Raphaël. Le talent du Guide est plus superficiel, moins étudié, mais cet homme aimable possédait la grâce élégante, ses Saints ont l'air de gens comme il faut. Le peintre, joueur déterminé, fréquentait