‹ Idées italiennes sur quelques tableaux célèbres, par A. ConstantinChapitre 17 sur 89 · LE SPÂSIMO DE SICILE · texte numérisé non relu

LE SPÂSIMO DE SICILE

résignation. Toutefois il répand de grosses larmes.

On cherche vainement le deltoïde d’un bras armé d’une lance, et qui va frapper le divin Sauveur.

Madonne du Sac d’ André del Sarto

[Peinte à Florence en 1525).

Je ne parle de cette fresque célèbre que parceque je l’ai copiée. Elle se voit dans le cloître de la Santissima Anmnziata au dessus de la petite porte qui communique avec l’Eglise.

Pendant la fuite en Egypte, dans un moment de repos, S.' Joseph est occupé à lire les Saintes Ecritures. 11 arrive à un passage d’un Prophète qui annonce clairement la passion du Christ. L’Enfant se retourne avec vivacité, et semble dire: C’est moi qui dois accomplir ces choses. Joseph suspend sa lecture; ce que l’ar^ tiste a très-bien exprimé par le mouvement de la main gauche.

76 MADONNE DU SAC.

Marie réfléchit tristement aux douleurs qui attendent ce Fils si tendrement aimé.

Cette peinture est une des belles de ce maître, cependant je préfère celles qu’il fit dans un âge moins avancé lesquelles sont traitées il est vrai, avec moins de bravura (force et facilité), j’y trouve plus de cette simplicité et de cette naïveté qui touchent. Sous le portique qui sert de Ve.stibule à la 55.* Annunziata on peut voir ces fresques que je préfère.

On a trouvé dans les archives du Couvent les contrats faits avec le peintre, il ne lui fut alloué que 1 8 écus d’or (l'écu d’or valant un écu 76 centièmes, 16 écus équivalaient à fr. 1*1, 25), pour chacune des fresques du Vestibule, il est vrai d’ajouter qu’on lui fournissait les couleurs.

La tradition veut que le peintre n’ait reçu qu’un sac de blé pour prix de la sublime fresque du cloître, et comme souvenir de cette lésinerie, il introduisit le sac dans le tableau, c’est celui sur lequel S.* Joseph s’appuye.

11 y a de la manière (de l’alTectation) dans les draperies de la Madonne du Sac, les plis

MADONNE DU SAC. T7

sont trop cassés, c’est un défaut qu’on retrouve dans presque tous les ouvrages d’André del Sarto faits depuis son retour de France; François 1.” l’avait appellé ainsi que Léonard da Vinci.

On dit encore que la tête de la Vierge est le portrait de la femme d’André, fort méchante et qu’il aimait à la folie; on retrouve son portrait dans beaucoup de ses tableaux.

Cette femme avait le front avancé et comme divisé en deux par une ligne verticale. Est ce là la bosse de la méchanceté féminine?

Vénus du Titien

A la Tribune à Florence.

Le Comte Cicognara de Venise me dit un jour, que ce tableau était le portrait de la maltresse d’un Duc d’Urbin, laquelle dans la suite se fit épouser.

A cette époque les nobles Vénitiens avaient l’usage de faire peindre leurs maîtresses dans le simple costume d’Eve.

Ce tableau fut longtems caché ; puis lorsqu'on le crut oublié, il reparut, sous le nom de la Vénus du Titien. Une chose me parait venir à l’appui de cette histoire : le portrait de cette jolie femme a été peint de nouveau, quand elle était grande Dame et plus âgée, et le Titien a placé sur une table, le môme petit

Page 1