TENERANI
ce Temple. Un homme de goût et de grand sens, voulait lui donner la place de quelqu’un des magots gigantesques qui occupent le rang d’en bas des niches, un subalterne sans-doute fort savant n’a pas voulu. Si je parle de ce S.' Alphonse de Ligori placé depuis deux mois seulement, c’est qu’il embarrasse fort les connaisseurs partis de Paris ou de Berlin, avant que les Académies se fussent arrêtés à une opinion sur cette figure colossale. Les connaisseurs n’osent en parler avec leur ton tranchant de peur de se compromettre. Le talent de Tenerani les embarrasse, il ne sont pas fait pour sentir que si S.' Alphonse de Ligori parait maigre c’est que les plats imitateurs du Bernin ont fait de l’intérieur de S.‘ Pierre une collection de rococo. L’Apollon du Belvedere y paraîtrait maigre. Il faudrait ôter toutes les colombes en marbre blanc le long des piliers en marbre rouge ; ainsi que tous ces médaillons des Saints Pontifes dont la plupart sont vûs de face et si peu ressemblans, et terminer par un arc ou demi cercle toutes les fenêtres de S.‘ Pierre.
STATUES PEINTES
A propos de Statues , il faut se figurer que tout était peint parmi les anciens, les façades des temples et les statues. On donnait une couleur bien décidée: rouge vif ou bleu de ciel par exemple à tous les membres de l’architecture, à tous les petits détails ; les anciens aimaient ce qui est gai : un temple de la plaine de Rome entouré de son bois de chênes ou de platanes (bois sacré) apparaissait de loin comme un bouquet de fleurs.
11 ne faut pas se figurer qu’on peignait les ombres des corniches, médaillons, etc., le relief donnait l’ombre; et chaque chose avait une couleur locale.
Le zèle du 16.'”' siècle a lavé la plupart des statues avec de l’eau forte, et les couleurs ont été enlevées; toutefois en cherchant bien on trouve encore des vestiges de couleur dans les plis profonds.
Une Minerve dans le style de l’Ecole d’Egine, du Musée de Naples, a encore la broderie du bas de sa robe peinte en rouge. On vient de trouver sur la route du Pyrée à Athènes
STATUES PEINTES
(2 lieues) des tombeaux et des bas-reliefs avec leurs couleurs très fraîches. Tous les ans à Rome, des magistrats nommés ad hoc donnaient une belle couleur rouge vif à la statue de Jupiter Capitolin. Le Jupiter de Phidias à Athènes étant composé d’ébène, d’ivoire et d’or, n’avait pas besoin de cette peinture annuelle.
Quand vous voyez les paysans d’Italie habiller les figures de la Madonne et du Christ, dites c’est un usage ancien qui s’est conservé ainsi que beaucoup d’autres.
Les Italiens aiment les couleurs pures et tranchées , cela les égaye ; la timidité d’un peuple brillant par la vanité, n’ose choisir pour ses vêtemens que des couleurs indécises.
Les anciens aimaient les sensations vives.
Figurez-vous le fronton de la Madelaine peint et les vêtemens de chaque personnage distingués par une couleur différente, vous frémissez, mais c’est l’habitude qui frémit chez vous, avouez cependant que ce fronton serait moins monotone.
STATUES PEINTES
L’édacation moderne nous empêche de nous étonner de bien des choses. Ne pourrions nous pas nous guérir de ce ridicule dans ce qui a rapport aux arts ? Qui est-ce qui réfléchit l’habitude disait Mirabeau quand il demandait des réformes ?
GALERIE DORIA
Babtolo et Baldo Jurisconsultes
Deux por traits dans un même tableau, probablement de Raphaël.
L’admirable couleur de ces deux têtes approche inflniment de celle du Titien, surtout la couleur de la tête à gauche du spectateur; c’est la manière forte de Raphaël. Le faire de ces deux portraits rappelle ce tableau de la Galerie du Louvre que l’on appelle Raphaël et son maître d’armes, ou Raphaël et le Pontorme.
A la Galerie Doria ces portraits sublimes sont mal placés et mal éclairés.
Le Prince Gabrielli possède un petit tableau de la jeunesse de Raphaël, le Christ au jardin