CHAPITRE TREIZIÉME
GALERIE BORGHÈSE
( soni DES eSI.ERUS DE lOME ).
C’est la plus belle et la mieux tenue de Rome, après le Vatican. Chaque Salle a un écran, sur lequel est imprimée la liste des tableaux.
Première Salle.
Tableau N.° S, du Giorgion.
Les tableaux du Giorgion sont si rares et ce peintre occupe une place si élevée dans l’opinion des vrais connaisseurs, qu’il faut exa-
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miner avec soin tout ce que l’on rencontre de lui. Ce tableau nous montre David qui présente la tête de Goliath au Roi Saiil; il est d’une très-belle couleur; mais moins terminé, plus heurté que d’autres portraits de ce maître. Je trouve bien ici cette teinte chaude qui caractérise ses ouvrages. Le Giorgione eut la couleur du Titien, et plus de feu. Voyez la Galerie Manfrin à Venise , où il bat le Titien (Portrait de la Reine de Chypre).
. .. Voyez surtout le Satyre poursuivant une jeune femme, du Palais Pitti.
Tableau N.“ 23, de Paol Véronèse.
S.' Jean dans le Désert, de Paul Véronèse, tableau peu terminé, mais qui surprend par la lumière éclatante qui environne tous les objets. Cette qualité se retrouve dans tous les ouvrages du Véronèse. Comment y est-il arrivé ? On a dit qu’il ébauchait ses tableaux à l’acquarelle, et les terminait à l’huile, ce qui n’est point prouvé. Tous les peintres de l’Ecole de Venise
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étant coloristes, il est à croire qu’ils avaient un procédé que les peintres de Florence par exemple, ne connaissaient point.
En général les chairs des tableaux de Paul Véronèse sont ébauchées d'un ton plus froid que celui qu’elles présentent étant terminées, les clairs sont plus blancs, et bien empâtés ; il revenait sur cette ébauche avec des couleurs transparentes, et le dessous lumineux paraissait toujours, voilà ce qui donne à scs tableaux bien que vigoureux, cette clarté admirable. Elle est dùe à la transparence des teintes supérieures et à la lumière répandue sur l'ébauche. Si Paul Véronèse ébauchait à l’acquerelle il n'employait donc qu’une moindre quantité d’huile, et surtout ne couvrait pas les couleurs de l’ébauche avant qu’elles ne fussent bien sèches. De nos jours notre peinture noircit parceque la superficie seule des couleurs à l’huile est sèche quand on les recouvre. Il arrive de là que les couleurs enfermées sous une seconde couche qui seule est en contact avec l’air, étant en grande partie composées d’oxides, et soumises à l’action de la