LA VICTOIRE DE S.‘ LÉON
faut de bon chevaux et voir de suite toutes les choses semblables, par exemple les cours du Palais Farnèse, de la Chancellerie, du Palais Borghèse, et de Monte-Cavallo.
Je pourrais ajouter huit ou dix pages de semblables particularités, fruit de sept années d’études assidues, mais je crains de paraitre long; et peut-être que de semblables détails |)our être supportables, veulent être montrés sur les fresques.
Je conseillerais au petit nombre des curieux qui pendant leur séjour à Rome veulent acquérir une connaissance réellement profonde de la (leinture et des arts du dessein, de prendre le Palais du Vatican pour point de départ, il s’agit de se donner la connaissance intime et complète de tous les objets d’art qu’il renferme. Trois personnes à ma connaissance, ont suivi cette indication; et chaque jour pendant tout le tems qu’elles avaient consacré à Rome, je les ai vues passer deux heures au Vatican, et avant de sortir on écrivait bien clairement et sans
ÉTLDE DE RAPHAËL. 3-25
songer au style, les remarques et découvertes de la journée.
Mais ce plan de travail est bien étendu ; il exige l’ardeur de la première jeunesse, ou les loisirs d’une belle vieillesse dégagée d’affaires.
J’ai proposé à d’autres voyageurs, par exemple à des Dames, de se contenter de l’étude de Raphaël tel qu’il apparait au Vatican.
Il faut noter avec le plus grand détail, les sensations que l’on doit à ce peintre, les premiers mois, qu’on le voit. On remarquera avec étonnement, si l’on repasse par Rome après trois mois, combien cette sensation a déjà changé.
Les premiers mois, en général, l’on se refuse à voir les défauts de Raphaël ; c’est qu’on a la mémoire remplie des phrases des livres.
La plupart des gens qui écrivent sur Raphaël, songent à la beauté de leurs phrases, bien plus qu’au sens réel des mots emphatiques qu’ ils réunissent.
L’heureux mortel qui entre pour la première fois au Vatican, doit se hâter d’oublier