THÉS LOURDES
OU écarts au delà
desquels on est en droit de déclarer la
nou-idenlite.
ÛO
Les chillres des colonnes B et G sont obtenus eji doublant et en quadruplant respectivement ceux de la colonne A. Quant à celle-ci,
sage successif d'une même indwulualilé à travers la gcùle d'une prison, serait l'indice infaillihle d'une erreur.
Les petites dilTci'oncos en question doivent donc cire interprétées cortime étant la preuve inéluctable et précieuse que les ricus signalements identifiés ont t)icn été relevés indépendamment l'un de l'autre, à des époques dill'érentes, et ne sont pas des duplicata d'après un même oriffiual,
SIGNALEMENT ANTHROPOMETRIQUE -sxTii
qui détermine ainsi tout le système, elle nous donne, pour chaque mesure, en millimètres et fractions de millimètre, la longueur maximum dont un observateur scrupuleux peut se tromper en plus ou en moins (-\- ou — ) autour du chiflre vrai idéal (i).
Ainsi pour la taille une diflërence de moins de 7 millimètres en dessus ou en dessous du chiffre supposé vrai est toujours admissible et ne saurait être qualifiée de faute.
La tolérance est la même en ce qui regarde le buste.
Mais pour l'envergure la diflërence entre deux mesures également bien prises sur un même sujet pourra s'élever à 10 millimètres, ou I centimètre, ce qui n'a rien d'étonnant, cette longueur étant la seule du signalement, qui soit relevée en chiffres centimétriques ronds, c'est-à-dire sans adjonction de millimètres.
Ces trois observations pouvant être dans une certaine limite l'objet de manœuvres de tricherie de la part du sujet, il faudra toujours dans la comparaison des résultats tenir compte en outre des corrections et indications qui pourraient être mentionnées, soit en note, soit à la rubrique voûte.
L'approximation d'un deini-niillunètre (o """ 5), exigible pour la mensuration des diamètres céphaliques et de la longueur du médius, étonnera au premier abord ceux de nos lecteurs qui, ayant eu entre les mains des relevés anthropométriques, auraient remarqué que la plus petite décimale employée est le millimètre, autrement dit, que l'on n'y mentionne jamais le demi-millimètre.
Néanmoins il est facile de s'assurer, pour peu que l'on y réfléchisse, que cette approximation est réellement atteinte, puisque les diver-
(i) La possibilité d'atteindre pratiquement ce degré de précision ne sera contestée par aucun anthropomètre de bonne école. L'exactitude des chitTres de la colonne A a d'ailleurs été confirmée a posteriori par un relevé statistique scrupuleux, basé sur la comparaison de plus de /loo couples de signalements similaires de récidivistes adultes revenus en dissimulant leur identité, remesurés et finalement reconnus par le service durant ces dernières années.
Voici pour chaque mesure le chiiTvc exact obtenu en divisant la somme du produit des erreurs par le nombre des cas : Taille, 6 ""^ 7 ; — Envergure, 7 ™™ 8 ; — Buste, 7 ™™ 3; — Tète: longueur, o '"""62; — largeur, o ™"i 53 ; — Oreille: longueur, o "'™ g3 ; largeur, i "•" 3; — Pied, i """ 4 ; — • Médius, o ""^ 5i ; — Auriculaire, o """ GG ; — Coudée, I '"'" 35. •
Les chiffres de la colonne A, quoique obtenus directement par l'expérimentation, semblent être la copie arrondie de l'erreur moyenne donnée par le calcul. Ils ne sont donc pas l'expression d'un désir, d'un idéal irréalisable en pratique, mais donnent une idée suffisamment exacte de l'approximation qui est atteinte journellement par nos agents anlhropomètres lorsqu'ils opèrent dans les plus mauvaises conditions, c'est-à-dire sur un sujet cherchant à dissimuldr son identité et ayant intérêt à tricher et sans savoir cnsmèrnes que ces nouvelles observations seront l'objet d'une comparaison ultéi'ieure par suite de la reconnaissance d'identité.
3lXV1U INTRODUCTIOX
genccs de i millimèlic entre deux diamètres céplialiques égaJement bien relevés sur un même sujet no s'observent eu pratique anthropométrique que lorsque la longueur vraie tombe, à peu de chose ])vès, juste entre deux chilTres millimétriques consécutifs.
Les autres nombres fractionnaires du tableau, savoir: i""" 5 (un millimètre et demi) pour la largeur de l'oreille et les longueurs du pied et de la coudée, et o """ 76 (trois quarts de millimètre) pour la longueur de l'auriculaire, s'expliquent de même parla nécessité de tenir compte des erreurs, en dessus ou en dessous du chilTre vrai, qui, en se combinant, peuvent arriver à produire une diflërence totale non fractionnaire d'étendue double. Les chilTres de la colonne A sont les seuls de ce tableau qui soient précédés des signes -j- ou — (plus ou moins).
Les chifTres de la colonne B, obtenus en multipliant les précédents par 2, peuvent donc être absolument relevés entre deux signalements d'un même sujet sans qu'en réalité chacun d'eux, considéré séparément, soit affecté d'une erreur plus grande que celle mentionnée en la colonne A, c'est-à-dire, sans qu'il y ait nécessaire nient faute commise. Néanmoins si des divergences de cette nature ne doivent pas, en tout état de cause, entraîner un blâme à l'adresse du ou des observateurs, elles doivent toutes les fois que cela est possible (c'està-dire toutes les fois que le sujet est encore présent), donner lieu à une contre-vérification dans le but de s'assurer que les deux valeurs divergentes sont réellement l'une et l'autre également éloignées de la vérité qui est restée entre les deux.
S'il en était autrement, si l'on tolérait dans la pratique anthropométrique que des divergences aussi fortes que celles de la colonne B puissent se glisser en un seul sens, il se présenterait nécessairement des cas où ces écarts, en se produisant une première fois en plus et une seconde fois en moins, atteindraient une différence absolue égale aux chiffres de la colonne C. Or, nous avons précédemment insisté assez longuement sur l'obligation d'arriver au maximum de précision possible pour qu'il soit utile d'y revenir.
On doit donc admettre qu'il y a eu forcément faute commise du moment que la comparaison de deux signalements relevés sur la môme personne fait ressortir un écart égal à celui de la colonne G (obtenue elle-même par le doublement de la colonne B). La faute sera simple si elle n'atteint pour chaque signalement que la moitié de cet écart (c'est-à-dire les chiffres de la colonne B) ; elle sera très lourde
SIGNALEMENT ANTHROPOMÉTRIQUE XSiX
si elle est uniquement attribuable à un seul des deux signalements examinés.
Conclusion : la colonne G nous donne les valeurs au delà desquelles on est en droit de déclarer la non-identité entre deux signalements de l'exactitude desquels on est également sûr.
Théoriquement, un seul écart supérieur à celui de la colonne G, comme par exemple une difTérence de 3 millimètres pour l'un des diamètres céphaliques ou de 6 millimètres pour la longueur du pied, etc., devrait suffire pour prononcer la non- identité entre deux signalements. Néanmoins, étant donnée l'étom'derie humaine, on agira prudemment en ne concluant qu'après la découverte, sur une autre mesure, d'un nouvel écart caractérisé.
La connaissance de l'écart maximum nous met à même d'apprécier d'une façon raisonnée la valeur récognitive qu'il convient d'attribuer au signalement anthropométrique et de préciser ce que nous avons dit plus haut sur la presque impossibilité de rencontrer dans la collection deux signalements concordants, c'est-à-dire présentant approximativement les mêmes chifTres, quoique ne se rapportant pas à la même personne.
C'est là une question capitale qui se pose journellement devant les tribunaux. La réponse à formuler varie quelque peu suivant que la découverte du signalement contesté a été amenée : i" par l'enquête judiciaire proprement dite; ou 2° par une recherche spontanée au moyen de la classilî cation tripartite décrite précédemment.
Examinons d'abord le premier cas. Les révélations d'un témoin, les aveux momentanés de l'intéressé, une saisie de pièces, etc., font retrouver dans les archives criminelles un ancien dossier judiciaire avec un signalement anthropométrique, dont toutes les observations concordent, dans la limite des écarts admissibles, avec celles releA'ées sur l'individu présent.
Nulle hésitation ! La concordance des chiffres doit être regardée, en pareil cas, comme une preuve absolument péremptoire. Des témoins peuvent être induits en erreur par des coïncidences physiques de taille, d'âge, de complexion (voir PI. Sg et 60 de l'Album). On peut admettre aussi que l'intéressé ait été tenté de profiter de pareilles ressemblances venues à sa connaissance. Mais les observations anthropométriques échappent à cette cause de suspicion, par cela même que leur constatation nécessite l'emploi d'instrumenls de précision. Et quand même l'individu visé aurait à sa