‹ Identification anthropométriqueChapitre 11 sur 126 · I . DU SIGNALEMENT ANTHROPOMETRIQUE · texte numérisé non relu

I . DU SIGNALEMENT ANTHROPOMETRIQUE

L'emploi de l'anthropométrie comme procédé d'identification repose sur les trois données suivantes que l'expérience de ces dix dernières années a rendues indiscutables, savoir :

1° LA FIXITÉ A PEU PRES ABSOLUE DE l'oSSATURE HUiMAINE A PARTIR

DE LA vuNGTiÈME ANNÉE d'age. La taille sculc, OU plus exactement, les fémurs, continuent souvent à croître pendant deux ou trois ans encore mais si peu qu'il est facile d'en tenir compte. La pratique montre que cette faible augmentation est compensée et au delà par l'incurvation de la colonne vertébrale (désignée sur la fiche signalétique par la rubrique voûte) qui, commençant vers la vingtième année, va, pas à pas, en s'accentuant jusqu'à la Adeillesse.

2" LA diversité EXTREME DE DIMENSION QUE PRÉSENTE LE SQUELETTE

iiUMAi.N COMPARÉ d'un SUJET A UN AUTRE, à tel poiut qu'il sciait fort diflQcile, sinon impossible, de rencontrer deux individus pourvus d'une ossature, je ne dirai pas rigoureusement identique, mais seulement assez voisine pour pouvoir être confondue.

3° LA FACILITÉ ET LA PRÉCISION RELATIVE AVEC LESQUELLES CER- TAINES DIMENSIONS DU SQUELETTE SONT SUSCEPTIBLES d'ÉTRE MESURÉES

sur le vivant au moyen de compas d'une construction très simple.

SIGNALEMENT ANTHROPOMÉTRIQUE XVii

Voici parmi les innombrables mesures qu'il est possible de relever sur le corps humain celles qu'après une minutieuse critique nous avons définitivement admises à figurer sur le formulaire du signalement anthropométrique .

,, , , ,, ( Taille (hauteur de Ttiomnie debout).

Mesures relevées sur 1 en- > r. i i

, , , < bnvereure des bras .

semble du corps J -n , n l i m ■ \

■"■ r custe (hauteur de 1 homme assis).

Mesures role-\écs sur la tète

[ Longueur de la tète,

) Largeur de la tète .

) Longueur de l'oreille droite.

f Largeur de l'oreille droite.

( Longueur du pied gauche.

Mesures relevées sur les ) Longueur du doigt médius gauche.

membres j Longueur de l'auriculaire gauche.

( Longueur de la coudée-gauclie.

Ces constatations n'ont de valem- c[u'à la condition sine qiià non qu'elles soient relevées d'une façon rigoureusement uniforme et précise. La valeur signalétique d'une longueur osseuse est en effet, toutes choses égales d'ailleurs, directement proportionnelle à la précision de sa mensuration. C'est là un point capital sur lec^uel il nous faut particulièrement insister.

Supposons, par exemple, qu'au moyen d'un artifice quelconque, nous puissions arriver partout et toujours à mesurer la hauteur de la taille en commettant une erreur moitié moindre que celle dont cette indication est susceptible d'ordinaire ; il est évident que le chiffre ainsi recueilli permettra de distinguer deux fois t^\\x?, d'individus, autrement dit, aura une valeur signalétique double.

Mais, cj^uel résultat final n'obtiendrait-on pas, si l'on supposait le même perfectionnement de mensuration appliqué, après la taille, successivement aux dix autres observations du signalement anthropométrique ! L'envergure relevée avec une précision double différencierait de même deux fois plus de monde, ce qui, en tenant compte du résultat déjà obtenu par la taille, quadruplerait le nombre de sujets reconnaissables à l'ensemble de ces deux caractères (2 )<( 2 :=; 4). La hauteur du buste, en profitant du même perfectionnement, doublerait aussi pour sa part le nombre précédent qui deviendrait ainsi huit fois plus fort. La transformation des huit autres mesures, en apportant chacune avec elle un doublement successif, porterait progressivement ce coefficient au chiffre de 4-096 (8X2X2X2X2 X 2 X 2 X 2 X 2 - 4.096J !

XVIII IXTRODUCTIOX

Ainsi, le simple fait d'être à môme de relever les onze mesures du signalement anthropométrique, chacune avec une précision double, rendrait ce document plus de quatre mille fols meilleur; autrement dit^ si le premier signaleuicDt, tel que nous l'avons supposé, permettait de distinguer un millier de personnes les unes des autres (nous citons ce chiffre au hasard), le nouveau, après ce perfectionnement idéal, en distinguerait quatre millions (i.ooo X /i-OOG = 4 -000.000.)

Inversement, la moindre négligence, ou seulement la moindre différence dans la façon d'opérer C[ui diminuerait la précision de l'observation pourrait, en se répercutant sur la succession de nos mesures, arriver à réduire presque à néant la valeur slgnalétique d'une description anthropométrique.

Ces considérations démontrent jusqu'à l'évidence l'obligation inéluctable de relever les niesures avec toute la rigueur possible, au moyen d'instruments spéciaux et en se conformant exactement aux prescriptions minutieuses qui font l'objet de la partie technique de ce volume.

Le court résumé que nous allons en donner ici, tout en étant manifestement insuffisant pour guider une mise en pratique, servira à tout le moins à fixer les idées du lecteur sur la signification de chacune de ces constatations (voir la gravure du frontispice).

La hauteur de la taille est projetée au moyen d'une équerre en bois de forme spéciale sur un mètre gradué fixé A-erticalement au mur. Le sujet, pieds nus, est adossé au mur, la colonne vertébrale à environ i5 centimètres à gauche delà graduation. L'opération est d'autant plus juste qu'elle est exécutée plus rapidement.

L'envergure ou longueur des bras étendus en croix est prise immédiatement après, sans presque avoir à déranger le sujet, au moyen d'une graduation murale dont les verticales centiniétriques peuvent s'adapter à toutes les tailles.

La mensuration de la hauteur du buste ( hauteur de l'homme assis) est eiîectuée ensuite à l'aide d'instruments analogues à ceux employés pour la taille.

Les deux diamètres céphaliques (longueur et largeur du crâne) sont l'un et l'autre des dimensions maxiniums. Ils doivent être relevés au moyen d'un compas spécial, muni d'un arc de cercle gradué, du type appelé communément compas d'épaisseur.

La longueur de la tête est mesurée de la concavité de la racine du

SIGXALE^IKXT ANTHROPOMETRIQUE XIX

nez prise comme point fixe a la partie la plus saillante du derrière de la tète,

La mensuration de la largeur ( diamètre transverse maximum) est une opération un peu plus délicate. Elle dilTère notamment de la précédente en ce qu'il n'y a plus de point fixe et que les extrémités des deux branches de l'instrument doivent être déplacées ici à la fois horizontalement et symétriquement de chaque côté de la tête.

Remarque très importante : Ces deux observations doivent toujours être l'objet d'une vérification dite de contrôle qui consiste à fixer les branches du compas au moyen delà vis d'arrêt à l'écartement trouvé par une première investigation et à les essayer ainsi à nouveau sur la tête du sujet en modifiant la pointure, jusqu'à ce que le double contact désirable soit atteint (i).

Les deux diamètres de l'oreille droite sont mesurés sur leur axe maximum, au moyen d'un petit compas à coulisse spécial, en ayant soin de ne pas déprimer en quoi que ce soit les parties molles.

Ces deux dernières opérations sont les seules qui s'effectuent sur le côté droit de l'individu, toutes les observations unilatérales qui vont suivre devant porter exclusivement sur le côté gauche. Cette exception lient à ce qu'il a semblé préférable de faire porter la mensuration et la description sur l'oreille qu'il est d'usage, pour des raisons multiples et techniques, de reproduire en photographie judiciaire.

Le pied gauche nu doit être mesuré en ayant soin de faire reposer tout le poids du corps sur ce pied étendu à plat sur le sol ( de préférence sur un tabouret), le pied droit étant soulevé et porté en arrière. C'est le long du pied, du côté du gros orteil, que l'on dispose la tige du grand compas à coulisse employé pour cette mensuration. La branche fixée étant placée contre le talon du sujet, la branche mobile doit toucher, sans déprimer, l'extrémité du gros orteil.

Inutile de dire que la longueur anthropométrique du pied diffère de la mesure relevée par le cordonnier et qu'un soulier dont on aurait pris la mesure d'une façon aussi juste, ne pourrait être chaussé. Le but poursuivi ici n'est pas de faire une paire de souliers, mais de chercher à obtenir une longueur constante que l'on ne puisse

(i) La mensuration des deux diamètres, qu'il s'agisse du temps d'invesUgation ou do celui de contrôle, doit èlrc ollectuée en maintenant les branches du compas presque horizontalement et non verticalement comme il est fait souvent par suite d'une interprétation vicieuse des dessins de l'édition précédente.

IXTROBUCTIOX

altérer et que l'on soit toujours à même de reprendre aussi exactement, quels que soient le moment et le lieu où l'on opère ( i ).

■ Les doirjts médias et auriculaire de la main gauche sont mesurés d'équerre à partir du dos de la main, au moyen des petites branches du grand compas à coulisse. Ces deux observations ont une valeur signalétique considérable à la condition qu'elles soient relevées en se conformant exactement aux prescriptions.

La coudée gauche est mesurée de la pointe du coude à l'extrémité du médius, l'avant-bras étant plié à angle aigu par rapport aiubras et la main étendue à plat sur une table, les ongles en dessus. Cette opération nécessite pour être bien conduite l'emploi d'une table spéciale haute et étroite, en forme de tréteau, dont le plan et les dimensions ont été indiqués exactement planche i de Y Album. Rien de plus aisé que d'en faire construire une semblable par la main d'oeuvre pénale.

Toutes les mesures de notre signalement, l'envergure exceptée, sont relevées en enserrant la partie à mesurer entre deux surfaces parallèles dont l'écartement est projeté sur une tige graduée. Sur les trois compas employés, la lecture de la graduation doit être faite en se reportant vis-à-vis le trait zéro (analogue à celui en usage pour les verniers) qui se trouve approximativement au milieu du verrou mobile. L'emplacement de ce trait est déterminé, en pratique comme en théorie, par cette indication bien simple que l'inslrumeiit fermé doit marquer zéro.

Avons nous besoin de dire que la disposition de ces instruments a été l'objet de bien des tâtonnements et de multiples perfectionnements avant d'atteindre leur état actuel que nous regardons comme définitif. Aussi repoussons-nous d'avance toute modification, tout nouveau changement même minime, dans leurs formes comme dans la manière de s'en servir. C'est là une tentation bien grande de la part des débutants auxquels les idées nouvelles arrivent nombreuses,

(OLi pointure de cordonnier équivaut à environ 0,70 niilliniètrcs ec qui donne en cbiflrcs ronds i jjoinlurcs par 2 centimètres.

La longueur iiiaxiinum du soulier mesuré extérieurement, conl'ormément ù la pratique delà cordonnerie, est de 12 à 20 millimètres (soit deux ou trois pointnres) plus grande que la longueur unlhropométriqi'e du pied qui est logé dedans.

En cons'jquence, pour transformer une longueur de pied en pointures de cordonnerie, ajouter, suivant les cas, de 12 à 20 mlllijuètrjs au chiil'rc anthropométrique et multiplier la somme par 3/2. — lnvers?ment, pour changer une pointure en longueur signalétique : retrancher deux ou trois pointures et multiplier par 2/3. (D'' Georges Bi-RTnj.oN. — - De la reconstitution du sifjnalemenl antliropomélriquc au moyen des pièces de l'habillement. — Thl'sc inaugurale Paris, i8(j2.)

SIGXALEMEXT ANTHROPOMETRIQUE X5l

mais qui ignorent que toutes ces idées, même celles qu'ils croient les plus originales, les plus personnelles, ont déjà été proposées par d'autres, essayées et finalement rejetées pour diverses raisons.

En r éalité, tout changement apporté au manuel opératoire anthropométrique, soit dans ses parties essentielles mentionnées plus haut, soit dans les détails exposés dans la première partie des Insf rue lions ne peut avoir d'autre conséquence que d'augmenter la valeur de l'erreur possible et inévitable dont les constatations humaines sont toujours plus ou moins entachées, c'est-à-dire, ainsi qu'il a été démontré plus haut, d'afi'aihlir, sinon d'anéantir complètement, la valeur signalétique de ces constatations.

De la classification des signalements. "^

Les mesures énumérées ci-dessus ont été relevées sur les 120.000 sujets qui ont traversé les prisons de Paris durant ces dix dernières années et recopiées à mesure sur autant de fiches de carton de i/;6 millimètres de haut sur i/^a de large, qui sont rangées dans de petites boîtes mohiles.

\oici les lignes principales delà méthode qui a présidé à la classification de cette masse énorme de signalements :

Les hommes sont placés d'un côté, les femmes de l'autre. Ces dernières, beaucoup moins nombreuses ici que les hommes, ne dépassent pas le nombre de 20.000. Des 100.000 signalements masculins restant, il faut encore défalquer environ 10.000 relatifs à des mineurs âgés de moins de vingt et un ans, lesquels nécessitent une classification spéciale.

Quant aux go. 000 signalements d'adultes, ils sont d'abord répartis d'après leur longueur de tête dans les trois embranchements primordiaux suivants :

1° division des petites longueurs de tête comprenant environ So.ooo sig■nal'^ 2'^ — moyennes — — — — So.ooo —

3° — grandes — — — — • So.ooo —

Les mots petite longueur, moyenne longueur, grande longueur sont ici rigoureusement déterminés par des chilfres. L'expérience a prouvé c[u'il était possible, après quelques tâtonnements, d'en fixer une fois pour toutes les valeurs de façon à ce que les trois classes arrivent à contenir un nombre approximativement égal de signale-

Xxn INTUODKCTIOX

menls. Nalurellemeut ce résullat ne peut être obtenu qu'en enserrant la classe moyenne entre des bornes plus rapprochées que la petite ou la grande.

Ainsi les J imites chiffrées de la moyenne longueur de tète en usage à la Préfecture de police de Paris n'embrassent que 6 millimètres d'intervalle (de i85 à 190); tandis que celles de la grande, qui s'étend de 191 jusqu^à la plus grande dimension possible, englobe plus de 3 centimètres, car on rencontre quelquefois des longueurs de tête de plus de 22 centimètres. La division des petites longueurs réunit de même des tètes de 160 millimètres de long, par exemple, à côté d'autres de i8l\, c'est-à-dire de 26 millimètres plus grandes. Dans la division tripartite : a à i84, i85 à 190, 191 à 03 (i), ce sont naturellement les deux cliilTres limites de la valeur médiane qui déterminent l'ensemble du système.

Chacune de ces trois grandes masses de So.ooo signalements est ensuite partagée, sans plus s'occuper aucunement de la longueur de la tête, en trois groupes basés sur la largeur de tête.

Il a été constaté depuis longtemps en anthropologie que la largeur de la tête varie indépendamment de sa longueur. Autrement dit de ce que nous connaissons la longueur d'un crâne, il ne s' ensuit pas que ?ious puissions prévoir quelle sein sa largeur. Les trois catégories ci-dessus mentionnées de longueur de tète sont donc susceptibles d'être subdivisées chacune en trois sous-groupes basés sur le degré de largeur.

Ces nouvelles subdivisions, au nombre de neuf ne contiennent plus alors, savoir:

Celles des petites largeurs de tète que 10.000 signalcmonls;

— moyennes — 10.000 —

— grandes — lo.ooo • —

A leur tour, ces neuf subdivisions de 10.000 sont partagées chacune en trois groupes suivant la longueur du doigt médius, ce qui nous donne un total de 27 sous-subdivisions ne comptant plus chacune, savoir :

Celles des médius petits que 3 . 3oo signalements environ ;

— — moyens 3 . 3oo • — —

— — grands 3 . 3oo — —

(r) IjCs deux lettres grocqucs a et d) {alpha et oméga) sont employées ici abréviativement pour reprcsonter : a In plus petite ou minimum et w la plus grande ou maximum, des quanlilùi qu'il soit possible do ronconircr.

SIGXALKMEXT ANTHROrOMÉTRIQUB XTtlU

La longueur du pied fournit une quatrième indication qui subdivise encore chacun des groupes obtenus précédemment en trois de i.ioo signalements environ (i).

Puis interviennent trois subdivisions basées sur la longueur de la coudée qui réduisent le nombre précédent à moins de /joo.

Les variations de la taille divisent chacun de ces derniers paquets en trois d'environ i3o signalements qui sont finalement répartis, toujoursd'après le même principe, en classes à' une soixantaine au moyen des variations du doigt auriculaire (2), et en classes d'une douzaine au moyen de la couleur de l'œil. Ce dernier groupe de douze signalements est ordonné lui-même suivant les valeurs croissantes de la longueur de l'oreille.

C'est ainsi que, grâce aux six données anthropométriques nouvelles (le sexe, la taille, l'âge et la couleur des yeux ayant figuré de tous temps sur les signalements), la collection des 120.000 signalements de la Préfecture de police se trouve finalement être divisée en groupes d'une douzaine !

Supposons maintenant que nous ayons à vérifier dans la collection, si nn individu qui vient d'être arrêté et qui se dit sans antécédents judiciaires, n'y a pas été précédemment classé sous un autre nom. Il va de soi, qu'il faudra, après en avoir pris un signalement anthropométrique, se diriger vers la division de la longueur de tête correspondant à celle de l'individu examiné, s'arrêter à la subdivision de sa largeur de tête, pour chercher ensuite la sous-subdivision de son médius, puis celle de son pied et celle de sa coudée. On arrivera ainsi d'élimination en élimination au paquet final qui devra

(i) Les relation» de dimension entre la longueur du médius et colle du pied sont indiscutables. La preuve en est lo procédé des bonneliora qui, en vue de connaître la longLieur du pied de leurs clients puur l'essayage des chaussettes, mesurent le pourtour du poing formé. Néanmoins l'expérience prouve que la dépendance d'une mesure pur i-apport à l'autre n'est pas si stricto qu'il no soit possible de répartir un groupe de sujets ayant même médius, en trois catégories égales basées sur la longueur du pied de chacun. L'indépendance d'une dimension par rapport à l'autre croit en proportion de la précision avec laquelle on arrive à les mesurer l'une et l'autre. Néanmoins, les limites des chiffres des divisions tripartites do pied changent suivant la catégorie de médius à subdiviser. Ainsi le pied moyen de l'un des embranchements dos médius petits devra avoir forcément d'autres bornes que le pied moyen des médius moyens ot, a fortiori, dos médius grands. Chaque limite demande à être déterminée séparément.

(2) Les variations de longueur de l'auriculaire, étant donnée celle du médius, sont insuffisamment étendues pour fournir les éléments d'une division triparti te a|)prosiraalivement égale. En pareil cas. la différence porte nécessairement sur la division médiane qui cr^ît quelque peu en nombre au.\ dépans des deux voisines : d'où le chillre approiimalif de Go mentionné ici au lieu de [\o environ que nous aurait fourni la division do i3o en trois parts égales,

XXIV INTRODITGTION

contenif le signalement recherché, si, bien entendu, la personne arrêtée a déjà élé condamnée et mesurée antérieurement.

Quand une ou plusieurs des mesures relevées à nouveau sur l'individu tombent sur les limites des divisions de la classilicalion, l'enquête doit être poursuivie dans les divers embranchements, absolument comme dans un dictionnaire on recherche à dillérents endfoits le mot dont on ignore l'orthographe exacte.

Ces explorations limites allongent considérablement les recherches lorscpr'elles portent à la fois sur plusieurs mesures. Elles demandent alors à être dirigées dans un ordre constant et en suivant une loi mécanique de combinaisons qui a reçu des employés spéciaux c[ui en sont chargés le nom caractéristique de recherches doubles. C'est en elles que réside la seule difficulté de l'identification anthropométrique. Elles incombent d'ailleurs uniquement au personnel du service central. Les résultats obtenus en dix ans de pratique ont démontré que l'obstacle était aisément surmontable.

On remarquera, dès maintenant, que les éliminations anthropométriques qui viennent d'être indiquées ne se succèdent pas dans le même ordre que celui de la liste des mesures à prendre. Cette dernière sériation, qui est celle de la fiche et des formules signalétiques en usage dans les prisons, reproduit la marche qu'il convient, autant que possible, d'observer dans la mensuration du sujet, de façon notamment à n'abandonner un instrument qu'après avoir épuisé toutes les indications qu'il doit aider à relever. C'est également l'ordre d'exposition qui a été suivi dans les chapitres des Instructions anthropométriques .

L'ordre de la classification est déterminé d'après une considération d\m tout autre genre : c'est de placer au début les mesures qui ont la plus grande puissance signalétique, c'est-à-dire celles qui sont à la fois les plus stables chez le même individu et les plus variables d'un individu à un autre, de façon que les éliminations effectuées en premier prêtent le moins possible aux hésitations et aux recherches doubles qui en découlent. Ces dernières sont en effet d'autant plus rapidement et facilement clléctuées qu'elles portent sur les ramifications ultimes de la classification.

Il importe de faire ressortir que le fait pour deux signalements de se trouver dans la même case finale n'implique pas une concor-

SIGNALEMENT ANTIlROrOMÉTRIQUE XXV

dance nécessaire et absolue entre les chifTres des mensurations. Pour nous en tenir à la division médiane ou moyenne, où les ressemblances sont de beaucoup les plus étroites, on peut distinguer près de trois catégories de dimensions, indépendantes l'une de l'autre, suivant cpie le chilTre considéré confine à la division petite, ou à la grande, ou est intermédiaire entre les deux.

Une comparaison du signalement cbiffré poursuivie entre les fiches classées dans la même case finale révèle qu'il est presque impossible, en cherchant au hasard dans le répertoire anthropométrique, de rencontrer deux signalements exactement semblables, et que l'équivalence des chiffres arrive ainsi en fin de compte à constituer une qiiasi-cerlitade d'identité.

La discussion raisonnée des chiffres du signalement métrique dans les divisions ultimes du classement, comme la connaissance des cas qui approchent assez de la limite de nos divisions tripartites pour nécessiter les recherches doubles visées par un paragraphe précédent, présupposent la connaissance exacte du nombre de millimètres dont peuA'^ent s'écarter deux mesures qui auraient été relevées sur la même personne, en des lieux, à des époques et par des observateurs différents.

Nous avons démontré plus haut quelle était l'importance extrême qui s'attachait à ce que ces écarts fussent en pratique les plus petits possible. Mais quels que soient le soin et l'uniformité apportés à la mensuration, des différences se rencontrent toujours; il est impossible qu'il en soit autrement. Il importe d'autant plus d'être fixé rigoureusement sur le chitTre qu'elles peuvent atteindre, mais non dépasser.

La mensuration d'un même individu répétée dix fois de suite fournirait presque immanquablement en pratique dix signalements, dilïérant tous les uns des autres de quantités insignifiantes, quoique tous également exacts. Il est presque impossible, par exemple, d'obtenir à deux reprises l'ensemble des mêmes chillres millimétriques de taille, de buste et de largeur d'oreille (i).

(i) Ainsi tomba l'argumeat d'anclisnce qui consiste à épilogucr sur des dllîércnces millimétriques de taille, de busic, d'oreille, d3coudc% etc., pour prouver la non identité de deux signalements. La question ici est de savoir, non pas s'il y a des dilTérences (^ptiwqu'il ne peut pas ne pas y en avoir) mais à combiea elles s'élèvent et notamment si elles ne dépassent pas l'approximation do tolérance.

Bien ph's, une siinilihide .vbsolul; de chiffres, en pareilles circonstances, loin de prouver le pas-

XXYI INTRODUCTION

La connaissance réfléchie de ce que l'on peut appeler le maximum d'écart tolérable, ou encore le ddgré d'approximation exigible, est la base de tout contrôle administratif comme de toute utilisation judiciaire du signalement anthropométrique.

On en trouvera l'indication précise, qui A'arie grandement suivant la partie du corps à mesurer, en un paragraphe spécial à la lin des instructions techniques relatives à chaque mensuration. En voici un tableau récapitulatif avec toutes les explications que comporte le sujet.

Taille

Envergure . .

Busle

Longueur de la tèle.

Largeur de la tète

Longueur de l'oreille droite

Largeur de l'oreille droite

Longueur du pied gauche

Longueur du médius gauche

Longueur de l'auriculaire gauche. .

Longueur de la coudée gauche ....

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