CO
Fig. 5. — Diagramme de la taille indiquant par la hauteur proportionnelle des colonnes
le nombre des sujets ressortissant à chacune
des sept catégories de taille indiquées sur la courbe binomiale (Fig. A).
Des rubriques du signalement descriptif.
La première cUiïîculté à vaincre quand on cherche à élahlir le vocabulaire descriptif d'un organe, comme l'œil, le nez, etc., c'est de démêler, au milieu de la multitude des caractères, ceux qui va-
Xi.U IXTRODLXTIOX
rient le plus. Ce premier choix fail, il reste à établir comment ils varient.
Du moment qu'il y a variation d'un sujet à un autre, on peut être assuré, avons-nous dit, que la répartition des cas individuels obéira à la courbe binomiale. Mais ce n'est souvent qu'après une analvse délicate qu'on arrive à découvrir le point de vue spécial d'où il convient d'examiner un caractère, pour en mettre la sériation nettement en relief. Le problème ne devra être considéré comme résolu que lorsque la progression des rubriques, essayée sur quelques centaines de sujets, se sera révélée au dépouillement statistique comme réellement alîectée d'une fréquence symétriquement décroissante de la partie médiane aux deux extrémités.
Un autre obstacle contre lequel on a à lutter, vient de la présence dans la langue courante d'expressions très figuratives, mais englobant divers attributs, et qu'il est, par conséquent^ impossible de faire entrer telles quelles dans une sériation. Souvent deux termes descriptifs que l'on applique couramment au même organe et dans lesquels, à cause même de l'exagération caractéristique qu'ils expriment, l'on serait tenté, au premier abord, de voir les deux extrêmes d'une série, visent en réalité des caractères entièrement différents.
Ainsi, par exemple, on parle couramment du teint coloré de l'ivrogne et du teint basané du mulâtre, et il serait pourtant impossible de découvrir une série naturelle d'intermédiaires conduisant de l'un à l'autre. C'est que le teint est le résultat de la combinaison de deux éléments qui varient indépendamment : la coloration sanguine et la. coloration pignientaire. Le premier terme ne vise que la quantité plus ou moins grande de sang que la transparence de la peau laisse percevoir et le deuxième les variations de la matière jaunâtre qui colore plus ou moins abondamment la peau de tous les humains, même de ceux de race blanche. L'ivrogne a souvent la coloration sanguine poussée au maximum ; le mulâtre présente l'exagération de la coloration pignientaire. Il n^y a aucune corrélation à établir entre ces deux caractères, qui sont chacun l'extrême d'une série spéciale nécessitant une rubrique particulière.
En général, pour apercevoir la série des intermédiaires constituant un groupe binomial et conduisant d'un extrême à l'autre, il faut pousser l'analyse et la décomposition des caractères jusqu'à ce qu'il soit possible de répondre à chaque rubrique par l'un des qualificatifs petit ou grand ou par une sériation de termes analogues.
SIGXALKMEXT DESCRIPTIF
Mais, dira-t-on, cette décomposition analytique poussée à l'exliême va allonger la description et la rendre inapplicable par excès de complication ! En réalité c'est plutôt le phénomène inverse qui se produira. N'oublions pas qu'il s'agit ici de répondre à des formulaires imprimés. Or, l'observateur aura encore plus vite fait de satisfaire à deux ou trois questions ne demandant que des réponses simples, prévues et ordonnées, que de chercher en sa tête le mot propre à les concilier toutes à la fois, à supposer qu'il existe.
Nous allons indiquer rapidement la façon dont le problème a été successivement envisagé et résolu pour chaque partie du signalement descriptif, en nous attachant autant que possible à la question de méthode et en renvoyant le lecteur, qui désirerait faire une connaissance plus pratique du sujet, au texte des Instructions proprement dites. La lecture de ces aperçus généraux et abstraits aura à tout le moins l'avantage de famiKariser son esprit avec les termes de notre vocabulaire.
Les qualificatifs prescrits pour noter la nuance de la barbe et des cheveux ne diffèrent pas de ceux employés d'ordinaire par le public ; blond, châtain, noir, en forment la gamme tripartite portée à sept échelons par l'addition aux deux premiers de l'un des *mols clair, moyen ou foncé. Les cheveux roux-acajou, blond-roux et châtainroux doivent être considérés comme formant une série séparée parallèle à là première et conduisant par transitions insensibles du roux le plus vif au châtain-roux foncé.
Le teint ou coloration de la peau du visage sera analysé, avonsnous dit précédemment, sous le rapport de l'intensité: i° de la pigmentation jaune; et 2" delà coloration sanguine. Il sera répondu à chacun de ces mots par petit, moyen ou grand.
La notation de la nuance de l'iris soulève plus de difficultés. On dit couramment dans le public que la couleur de l'œil change plusieurs fois par jour suivant les états d'âme et de santé du sujet, etc. Ces croyances ne reposent sur rien de bien sérieux ; la vérité c'est que l'iris, ombragé parles arcades sourcilières qui le surplombent est grandement influencé par les changements de direction de la lumière ambiante ; aussi la première des conditions pour avoir des observations comparables entre elles est de n'y procéder que dans des conditions identiques d'éclairage. «L'observateur, disent les Instructions signalé tiques, devra se placer vis-à-vis son sujet, à trente centimètres environ de lui et le dos toiuné au jour, de telle sorte que l'œil à
XLIV INTRODUCTION'
examiner reçoive en plein une lumière vive (mais non les rayons du soleil) ; puis il l'invitera à le regarder les yeux dans les yeux, en lui soulevant légèrement le milieu du sourcil gauche. »
Quelques observations pratiquées de cette façon suffiront pour démontrer que la couleur de l'œil telle qu'elle apparaît à distance résulte de la lusion de deux éléments indépendants : la nuance du fond de l'œil, qui oscille entre les deux extrêmes bleu azuré et bleu ardoisé, et l'intensité de la pigmentation jaune-orange , qui est groupée superficiellement en auréole autour de la pupille (voir la planche chromotypographique spéciale).
Il faut donc, pour arriver à une notation sériée, considérer séparément chacune des deux zones composantes. C'est l'auréole jauneorange qui présente les éléments distinctifs les plus nets, les plus aptes à un classement. On la qualifiera des niots: pâle ^ jaune, orange, châtain ou marron selon le degré d'intensité de la nuance pigmentaire (i).
Le premier terme, auréole pâle , vise les yeux richement pourvus de stries blanchâtres rayonnant du centre vers la périphérie, mais dépourvus de matière jaune. C'est la classe i , le premier échelon de la série. Un tiret remplace l'indication de l'auréole lorsque cette dernière est peu apparente, particularité qui implique l'absence de pigment et l'uniformité de la nuance azurée ou ardoisée.
Quant aux yeux à pigmentation /?iar;'o«, ils sont subdivisés en trois classes, selon que la matière brune : ou i" reste confinée autour de la pupille; ou 2° envahit la totalité de l'iris, tout en laissant à découvert sur le fond des stries ou des secteurs jaune-verdâtre; ou 3° recouvre l'œil en entier d'un velouté brun foncé uniforme.
La série complète : 1° yeux impigmentés (avec ou sans auréole pâle) ; 2° à auréole jaune ; 3" à auréole orangée; li° a auréole châtain ; 5° à auréole marron groupée en disque ou cercle autour de la pupille; 6° à auréole marron recouvrant imparfaitement la totalité de l'iris ; 7° à auréole marron recouvrant uxiformémext la totalité de l'iris, suit une progression qui satisfait aux conditions requises de gradation indiquées précédemment, en ce qu'elle permet de passer insensiblement, pas à pas, de l'œil bleu (azuré ou ardoisé) des races blondes à l'œil marron foncé de l'Arabe. Chaque classe peut être
(i) Ces termes sont empruntes pour la plupart au paragraphe où Bulîon analysa et décrit l'aspcc;! de l'iris humain. La classification et la sériation des termes seules me sont personnelles; et pourtant elles n'avaient pas échappé à Arislotc qui assignait «trois couleurs principales à l'iris des yeux humains: 1° le bleu; 2° l'orange obscur ; et 3'^ le brun noir » .
SIGNALEMENT DESCRIPTIF XLV
confondue soit avec la précédente, soit avec Ja suivante, à l'exception des classes 5 et 6 qui, ne diiïérant que par un détail de structure, ne forment, en quelque sorte, qu'une seule subdivision ; ainsi il n'est guère possible de chevaucher par dessus une classe, de confondre l'œil impigmenté (Cl. i), avec Torangé (Cl. 3) et ce dernier avec le marron incomplet (Cl. 5 et 6). La classe 7 (marron pur) ne peut de même prêter à l'hésitation qu'avec la classe 6, etc. Ces indécisions se traduisent sur les fiches par la mention, à la rubrique y relative^ de un ou plusieurs numéros de classe séparés par un tiret. Si l'observateur croit être arrivé à la certitude absolue^ il n'inscrit que le numéro de la classe visée; s'il hésite entre deux et même trois numéros (classes marron), il ajoute au numéro le plus probable ceux avec lesquels le doute lui semble possible.
Quanta la nuance du fond, elle est, avons-nous dit, ou azurée, ou ardoisée, ou intermédiaire entre ces deux tons, c'est-à-dire, plus ou moins bleuviolacé. C'estcettedernièrenuance, V interinédiaire, queï on rencontre le plus fréquemment sur les formules descriptives de l'iris ; elle rappelle quelque peu par son nom et son rôle la couleur neutre des boîtes pour l'aquarelle. L'intensité de la lumière ambiante a sur la nuance du fond une bien plus grande influence que sur celle du pigment jaune-orange. Tel œil examiné de la bonne façon et par le même observateur semblera avoir un fond azuré à midi, et intermédiaire et peut-être ardoisé à quatre heures du soir. Aussi ce second élément (la nuance du fond) n'intervient-il pas dans la classification ; sa rubrique ne figure sur les formules qu'à titre d'indication descriptive complémentaire; c'est même précisément à l'élimination de ce renseignement que notre classification, basée uniquement sur l'intensité pigmentaire^ est redevable de sa simplicité relative.
Notons néanmoins que l'unité de point de vue, où nous avons dû nous placer pour la classification, n'est pas sans engendrer quelques résultats hétéroclites. C'est ainsi, par exemple, que la classe i, celle des impigmentés, réunit en elle, du momeiit qu'ils sont dépourvus de matière jaune, les yeux bleu azuré et les yeux bleu ardoisé, quelque dissemblables qu'ils soient à première vue. Or ces deux catégories, azurée et ardoisée (ou plus généralement les séries à couches profondes claires et à couches profondes foncées), persistent d'un extrême à l'autre tout en se rapprochant progressivement, au point de se confondre, à mesure que l'on s'éloigne de l'œil impigmenté pour se rapprocher de l'œil marron.
INST . SIGN. IXÏROD. cl
INTRODUCTION
Fig. 6. — ScHiÎMA indiquant, par la convergence
des lignes vers l'axe central horizontal,
le rapprochement progressif des nuances de la périphérie
de l'iris
à mesure que la pigmentation augmente.
Celte idée de rapprochement, de resserrement progressif a été traduite schématiquement ci- contre au moyen d'un faisceau de lignes qui, d'abord très divergentes, se rapprochent insensiblementjusqu'à se fusionner. Les embranchements du tiers supérieur de ce graphique représentent idéalement les yeux azurés, ceux du tiers inférieur les yeux ardoisés, et le tiers du milieu les yeux à périphérie intermédiaire entre l'azur et l'ardoise. Enfin le cône à axe horizontal ainsi formé est coupé verticalement en autant de tranches que la progression pigmentaire reconnaît de classes, c'est-à-dire en sept, et l'intervalle de chaque coupe est ménagé de telle sorte que la surface délimitée soit proportionnelle au nombre d'iris observés en France pour chacune de ces catégories.
Le même phénomène ressort également de l'examen de la planche chromotypographique de l'iris annexée à V Album.
Il y appert à première vue que les yeux des groupes b, 6 et 7 présentent entre eux beaucoup plus d'analogies c[ue ceux des classes i , 2 et 3 ; mais cette planche, qui consacre à chaque catégorie un même nombre de spécimens, ne donne aucune idée de la fréquence relative
UO
Fig. 7. — Diagramme des nuances de l'iris
indiquant,
par la hauteur proportionnelle des colonnes,
la fréquence relative
de chacune de nos sept catégories.
SIGNALEMENT DESCRIPTIF XL VU
des différents types observés parmi les Européens. Elle n'-a d'ailleurs nullement la prétention d'offrir un spécimen de tous les iris; leur nombre est presque infmi et il est impossible d'en rencontrer deux exactement semblables. Il ne faut donc pas s'attendre à y trouver jamais la copie exacte de l'œil dont on veut définir la nuance.
Le tableau chromatique permet seulement de rechercher entre quels types représentés l'iJeil observé viendrait se ranger, et, par suite, de quel numéro de classe û convient de l'apostiller.* Or, c'est là le point capital ; les détails complénientaires descriptifs s'en déduisent aisément. Ils pourraient même être beaucoup simplifiés.
C'est ainsi que la notation des divers dessins d'auréole doit être regardée en bien des cas comme un renseignement superflu. Nous serions presque tenté d'en dire autant de l'indication du ton (clair, moyen ou foncé) dont l'emploi n'est obligatoire que pour les signalements destinés au répertoire anthropométric[ue. Du moment qu'il s'agit d'un signalement descriptif usuel, tout œil peut être décrit de la façon la plus simple à l'aide de deux qualificatifs enchâssés dans une formule de ce genre : légère ou forte auréole jaune pâle sur fond ardoisé, ou auréole orangée sur fond intermédiaire verdàtre, ou auréole marron sur fond jaune verdàtre ^ ou encore pour les deux extrêmes: iris uniformément azur ou ardoisé on marron.
Nous avons la conviction que ce procédé de notation, ainsi débarrassé des accessoires peu utiles en dehors de l'identification de cabinet, finira par s'imposer au signalement des passeports, permis de chasse, etc. , dont il décuplera la valeur signalétique.
Caractères morphologiques faisant l'objet de rubriques spéciales sur la fiche signalétique.
Ces rubriques se réfèrent à la description du front, du nez et de l'oreille. Le lecteur sera peut-être surpris, à un premier coup d'œil sur la fiche, de la multiplicité des rapports sous lesquels nous avons cru devoir analyser la structure du visage et notamment l'oreille. Précédemment nous avons déjà démontré que la difficulté des réponses n'est pas proportionnelle au nombre des demandes posées, mais que ce serait plutôt l'inverse, à la condition que chacune ne se rapporte qu'à un point de vue unique. La description complète de l'oreille ne fait pas d'ailleurs partie obligatoire du signalement anthropométrique. Seules les formes ou dimensions nettement
XLVm INTRODUCTION
extrêmes, appelées anomalies, dont les diverses parties de cet organe sont si souvent le siège, doivent être l'objet d'une remarque en tout état de cause. Si les instructions et les rubriques de la fiche sont si explicites sur cette partie du visage, c'est qu'aucun organe ne lui est supérieur pour assurer la reconnaissance d'un sujet à un grand nombre d'années d'intervalle.
Mais là où les mérites transcendants de l'oreille pour l'identification apparaissent le plus nettement, c'est quand il s'agit d'afTirmer solennellement en justice que telle ancienne photographie u est bien et dûment applicable à tel sujet ici présent » . On peut dire en effet que, grâce d'une part à l'immuabilité de la forme de l'oreille à travers la vie, et de l'autre au très grand nombre de variétés de configuration qu'elle présente, il est impossible de trouver deux oreilles semblables et que l'identité de son modelé est une condition nécessaire et suffisante pour confirmer l'identité individuelle (i).
C'est là une vérité qui résulte pour nous de dix années d'expérience. Mais pour la faire pénétrer dans la conscience d'un tribunal, ou pour en imprégner le sens pratique des policiers, l'affirmation, même la plus catégorique, est insuffisante. Il faut pour amener cette conviction intime qu'une initiation préalable étayée sur le contrôle expérimental ait montré à chacun la justesse du fait. Gomment, par exemple, un fonctionnaire pourrait-il être à même d'apprécier le degré plus ou moins grand de certitude d'identité qui résulte de la présence concomitante sur deux photographies d'oreille, d'un antitragus à inclinaison horizontale et à profil rectiligne, s'il n'a pas vérifié depuis longtemps que le même point pourrait tout aussi bien se profiler suivant une ligne saillante à direction générale, oblique. S'il ignore la série de toutes les formes possibles d'antitragus une similitude de ce genre ne lui dira rien ; il la croira naturelle, normale, offerte par tous à peu d'exceptions près. Le plus souvent même, ne connaissant pas l'importance signalétique de ce détail de structure, son œil ne l'apercevra même pas sur le sujet : c'est que l'oreille qui, avons-nous dit, est l'organe d'identification le plus puissant, est en même temps celui qui attire le moins les regards du vulgaire. Notre œil a aussi peu l'habitude do la regarder que notre langue de la décrire. Or ce qui échappe à notre langage
(i) Voir, à ce sujet, dans ï Album, lea gG photographies d'oreilles, toutes différentes, reproduites en dimensions demi-nature, d'après des tïpes existants. — Excsption doit ôtrc f.iite poiirlesjumeaux (Album, PI. 6ob).
SIGNALEMENT DESCRIPTIF XLlx
échappe aussi à notre vision ; nous ne voyons que ce que nous pouvons exprimer, avons-nous dit dans l'avertissement qui ouvre ce volume.
Cette remarque capitale, quiainspiré la création du portrait parlé, est tout aussi bien applicable à l'étude morphologique du front, du nez et des autres parties du visage qui sont résumées dans la rubrique ti'aits caractéristiques .
La revue des termes descriptifs que nous allons présenter ici au lecteur dans un ordre spéculatif, en dehors de toute application pratique, lui fera faire une première connaissance théorique avec notre vocabulaire. Mais seul le texte des instructions fournira au praticien, rédacteur de signalements, des notions ordonnées en vue d'une application quotidienne.
Exposé des divers points de vue visés par le vocabulaire morphologique.
La première de toutes les règles, le fondement de toute description, c'est la séparation, dans l'analyse, de la forme et de la dimension. Quand, par exemple, en parlant de la montagne du Puy-de- Dôme, on dit qu'elle a la forme d'un pain de sucre, il est évident que l'image évoquée par ces mots demande à être complétée par l'indication de la hauteur de sa pointe au-dessus de la plaine sousjacente.
En description, il est répondu à la rubrique dimension uniformément par l'un des qualificatifs petit, moyen ou grand. Sur le modèle réglementaire imprimé par les soins de l'Administration pénitentiaire, ces rubriques, dites de dimension, se distinguent par leur initiale majuscule des autres demandes qui se réfèrent à la forme et qui exigent un vocabulaire descriptif plus spécialisé.
Quant à la forme proprement dite, elle sera considérée, autant que possible, sous divers points de vue, ou profils, lesquels se résolvent en lignes. Ces lignes, une fois isolées, devront être décrites soit sous le rapport de la forme de leur tracé, soit sous celui de leur direction ou inclinaison générale, soit même sous ces deux points de vue successivement, suivant le genre de variations morphologiques communément offertes par l'organe envisagé.
Les diverses sortes de tracé linéaire se rattachent toutes à la série
INTRODUCTION
dont le type est donné par les formes de dos du nez vu de profil,
savoir : cave (pour concave), reclilhjne, convexe (Fig. 8).
Fîg. 8. — Nez à dos cave, rectiligne et convexe.
Pour le nez, mais pour le nez seul, il convient d'établir une sériation parallèle à la précédente qui permette d'enregistrer la variété sinueuse, savoir : cave-sinueux, rectiligne- sinueux, convexe- sinueux (Fig. 9)-
Fie
Nez à dos cave-sinuenx , reclilignc-sinuenx et eonvexc-sinueux.
Quand il s'agit de décrire l'oreille, les séries précédentes sont remplacées par d'autres progressions dont les termes sont appropriés plus spécialement à chaque caractère. C'est ainsi que le degré d'ouverture de la bordure qui ourle le contour postérieur de l'oreille sera exprimé par la gradation : ouverte, intermédiaire, adhérente (Fig. lo).
Fia-.
Forme ouverte, intermédiaire et adhérente de la bordure postérieure de l'oreille.
SIGNALEMENT DESCRIPTIF ■ LI
Le conloiir cxlcvicur du lobe sera de même qualifié, selon les cas, de l'un des quatre termes suiA^ants : — descendant — , éqiierre,
intermédiaire et ,-• ,. •■ "• .,
golfe (Fig. ii). / .■• y"\ ';• / ;"' /' ': '"■ / /■■"'/"■■; V
Fis
Lobe à contour e'guerre, intermédiaire et golfe .
haîorme descen- \ dante, mise entre \ tirets, est une anomalie que l'on rencontre assez rarement ; il importait de la signaler, mais, au point de vue du groupement ômomm/ des termes, elle doit être confondue avec la forme équerre.
Le profil de l'antitragus sera dit de même : — cave — (anomalie hors série), rectiligne, intermédiaire et saillant, suivant que la
projection horizontale
/.....,..", , • " "\ ..••■■ ■••. de ce cartilage tracera
/ ; / X \ / / { \ k / / ( '■■ '■- une ligne à concavité
• ; .■••' ,/ ./ ; i ..•■■7 J l i •••■// supérieure, rectiligne,
légèrement sinueuse ou franchement saillante. Ce dernier mot a semblé ici plus à sa place que convexe (Fig. 12).
Fiff. 12.
— Antitragus à profil recliligne, intermédiaire et saillant .
Mais la progression classique : cave, intermédiaire et convexe réapparaît, presque dans la même forme que pour le nez, quand
il s'agit de noter le --.. . .- ,.
degré de torsion de / :• ' A \ ./ ..■•■■'■•■. ■; /.'/"'■ \
la portion inférieure
du repli intérieur de-
roreille(ra7i//iÉ'7«a;des
anatomistes)(Fig.i3).
Fia-.
i3. — Pli iNi-ÉRiEUR à coupe horizontale cave, intermédiaire et convexe.
Enfin quelques parties de l'oreille demandent en outre à être considérées sous le rapport du modelé de leur surface, d'où la série: fondue, intermédiaire, séparée (Fig. i/i).
INTRODUCTION
qui exprime le mode d'adhérence du lobule à la joue en ne basant
••.. .• •... que le degré d' ac-
/'..•■"■'?"'■■.. \ / /' ï"'\ V / y""'T\ \ centuation ou de
/ i •■•■ >| ] { \ '::^^ . / '■ '■\^J / ' prolongation du
I ; /'-•"'!•!' \ ; : ■■') • [ i' J/'i sillon qui, deux
fois sur trois, le sépare de la joue (Fig.i4),etlasérie:
traversé, intermédiaire (ou uni) , et en éminence (Fig. i5), qui vise la forme soit creuse soit mamelonnée de la surface antéro-externe du lobule (Fig. i5).
Lobe à adhérence /onrfiie, intermédiaire et séparée .
Fis
i5. — Lobe à modelé traversé, intermédiaire (ou uni) et en éminence.
Figr. iG.
Antitragus versé (en dehors), à renversement intermédiaire et droit.
De même l'antitragus sera dit :
versé , intermédiaire ou droit, selon le degré de renversement en dehors de cette petite arête cartilagineuse (Fig i6).
Mais déjà le point de vue précédent se rattache beaucoup moins au tracé, proprement dit, qu'à la direction ou inclinaison de la hgne. Cette dernière sera qualifiée d'après une première série à! horizontale, intermédiaire.
— Antitragus à inclinaison horizontale, intermédiaire et oblique.
SIGNALEMENT DESCRIPTIF l-iil
OU oblique, suivant le degré d'obliquité de l'ensemble du tracé de l'antitragus (Fig. 17).
Les mêmes termes pourraient être appliqués, si nécessaire, à l'inclinaison au-dessus de l'horizontale de la branche médiane du repli interne de l'oreille ( branche originelle de l'anthélix ).
Une deuxième série, fuyante, intermédiaire, verticale, fournira les adjectifs spécialement en usage pour la désignation de l'inclinaison du profil du front (Fig. 18).
Fig. 18. — Front à inclinaison /uja/iie, intermédiaire et verticale.
La troisième série, relevée, horizontale, abaissée, servira à définir rinclinaison de la base du nez (Fig. 19).