‹ Identification anthropométrique; instructions signalétiquesChapitre 13 sur 143 · SIGNALEMENT ANTHROPOMÉTRIQUE XXV · texte numérisé non relu

SIGNALEMENT ANTHROPOMÉTRIQUE XXV

dance nécessaire et absolue entre les chiffres des mensurations. Pour nous en tenir à la division médiane ou moyenne, où les ressemblances sont de beaucoup les plus étroites, on peut distinguer près de trois catégories de dimensions, indépendantes Tune de l'autre, suivant que le chiffre considéré confine à la division petite, ou à la grande, ou est intermédiaire entre les deux.

Une comparaison du signalement chiffré poursuivie entre les fiches classées dans la même case finale révèle qu'il est presque impossible, en cherchant au hasard dans le répertoire anthropométrique, de rencontrer deux signalements exactement semblables, et que l'équivalence des chiffres arrive ainsi en fin de compte à constituer une quasi-certitude d'identité.

La discussion raisonnée des chiffres du signalement métrique dans les divisions ultimes du classement, comme la connaissance des cas qui approchent assez de la limite de nos divisions tripartites pour nécessiter les recherches doubles visées par un paragraphe précédent, présupposent la connaissance exacte du nombre de millimètres dont peuvent s'écarter deux mesures qui auraient été relevées sur la même personne, en des lieux, à des époques et par des observateurs différents.

Nous avons démontré plus haut quelle était l'importance extrême qui s'attachait à ce que ces écarts fussent en pratique les plus petits possible. Mais quels que soient le soin et Tuniformité apportés à la mensuration, des différences se rencontrent toujours; // est impossible qu'il en soit autrement. Il importe d'autant plus d'être fixé rigoureusement sur le chiffre qu'elles peuvent atteindre, mais non dépasser.

La mensuration d'un même individu répétée dix fois de suite fournirait presque immanquablement en pratique dix signalements, différant tous les uns des autres de quantités insignifiantes, quoique tous également exacts. Il est presque impossible, par exemple, d'obtenir à deux reprises l'ensemble des mêmes chilîrcs millimétriques de taille, de buste et de largeur d'oreille (i).

(i) Ainsi tombe Targumcnt d'audience qui consiste à cpiloguer sur dos diiïerences millimétriques de taille, de buste, d'oreille, do coudé?, etc., pour prouver la non identité de deux signalements. La question ici est de savoir, non pas s'il y a des différences (puisqu'il ne peut pas ne pas y en avoir) mais à combieo elles sélèvent et notamment si elles ne dépassent pas l'approximation de tolérance.

Bien plus, une simililude absolle de chiffres, en pareilles circonstances, loin de prouver le pas-

%xyi

INTROPUCTION

La connaissance réfléchie de ce que l'on peut appeler le mawi^ muni d'écart tolàrable, ou encore le degré d' approsoimation ^igihk, eut la baia de tout contrôle administratif comme de toute utilisation judiciaire du signalement anthropométrique.

On on trouvera l'indication précise, qui varie grandement suivant la partie du corps à mesurer, en un paragraphe spécial à la fin des instructions techniques relatives à chaque mensuration, En voici un tableau récapitulatif avec toutes les explications que comporte le si^et.

IliUEpJ

Taille ....

Envergure Busle ....

Longueur de la tôle

hdiV^OV^T de la {èÏQ ,.,....

Longueur do Tpreilli drpite. , , . , , Largeur d§ l'oreille droit©. ,.,,,,.

Longueur du pied gauche

Longueur du uiédiu» gpuçbc . . , . .

Longueur dç rHuricuInirii gauclu*. .

Longiujur du la coudée gauuliu . . , .

imoxniÀTiQi

THÉURIQUE!ir.>iT

exigible (çu + ouen— )

lO

DnfWEHCES

au delà dasquolles

FAIJTK LOURDE.

FÂQTII

T^Êii LOURpEti

oq écarts au delà

itn drpli de

décUrpr U non-ideoUté.

mmtm

Les chiffres dos colunnes B et C sont obteuuî» ou doublant et en quadruplant respectivement ceux de la colonne A. Quant à celle-ci,

sagç mçcessififune même individuaUté d Iravtrs la geôle d'une priaon, tarait l'indice infaillible d'une erreur.

Loi petites difTcrenoes en question doivent dune ôti^ interprdlëe» comme étant la preuve inéluctable et précieuse que les deuK signAlementit idfnlifté» ont bien été relevés IndépendaQiii^ent Tun de l'autre , à des époques diirérente?, et ne «ont pai des duplicata 4'api^i un même original.

SIGNALEMENT ANTHROPOMÉTRIQUE IXVIf

qui détermine ainsi tout le système, elle nous donne, pour chaque mesure, en millimètres et fractions de millimètre, la longueur maxi^ mum dont un observateur scrupuleux peut se tromper en plus ou en moins (+ ou — ) autour du chiflre vrai idéal (i).

Ainsi pour la taille une différence de moins de 7 millimètres en dessus ou en dessous du chiffre supposé vrai est toujours admissible et ne saurait être qualifiée de faute.

La tolérance est la môme en ce qui regarde le buste.

Mais pour Tenvorgurc la différence entre deux mesures également bien prises sur un même sujet pourra s'élever à 10 millimètres, ou I centimètre, ce qui n'a rien d'étonnant, cette longueur étant la seule du signalement, qui soit relevée en chiffres centi^ métriques ronds, c'est-à-dire sans adjonction de millimètres,

Ces trois observations pouvant être dans une certaine limite l'objet de manœuvres de tricherie de la part du sujet, il faudra toujours dans la comparaison des résultats tenir compte en outre des corrections et indications qui pourraient être mentionnées, soit en note, soit a la rubrique voûte.

L'approximation d'un denthmillimètre (o ^^ 6), exigible pour la mensuration des diamètres céphahques et de la longueur du médius, étonnera au premier abord ceux de nos lecteurs qui, ayant eu entre les mains des relevés anthropométriques, auraient remarqué que la plus petite décimale employée est le millimètre, autrement dit, que l'on n'y mentionne jamais le demi-millimètre.

Néanmoins il est facile de s'assurer, pour peu que Ton y réfléchisse, que cette approximation est réellement atteinte, puisque les diver-

( I ) La possibilité d'atteindre pratiquqment ce degré de précision ne sera contestée par aucun anthropomètro de bopna ëoole. L'eiactitude des chilTpes da la colonnQ A a d'ailleurs été confirmée a posUriori pur un Folcyé statistique scrupuleuK, basé sur la comparaison de plus de /^oo couples do signalements similaires de récidivistes adultes revenus en dissimuUfit Uw identité, remesurés ot finalement reconnus par le servioo durant ces dernières années.

Volul pour obaquo mo^ure le eUin'rp oxaot obtenu on divisant la somme du produit doi erreurs par le nombre des cas ; Taille, G "^'" 7 ; — Envergure, 7 "»■" 8 ; — Buste, 7 """ 3; — Tétc; longueur, o »«"» 6a : — largeur, o »»»» 63 ;■— Oreille: longueur, o *""» i)3 ; lar|j[our, i »™ 3; — Pied, i »"«" l\ ; — Médius, o •»»" 5î ; — Auriculaire, o «"»> GG ; — Coudée, I »nn> 35.

Lm ohiflVes de la colonne A, quoique obtenus direotamenl pur rexpérinientation. lem*lilent é|re la copie arrondie de Terreur movennc donnée par le calcul. Ils ne sont donc pas l'expression d'un désir, d'un idéal irréalisable en pratique, mais donnent une idée wfTiMmmttnt exacte do l'approi^imation qui est altainto journoll!*mont par nos agents anthroponiètrcs lorsqu'ils opèrent dans les plus mauvaises conditions, c'est-à-dire sur un ■i^et oWisbant 4 dissimuler son identité et ayant intérêt à Iriehçr at »ani savoir 9uk-> in4*mo» au0 ces nouvelles observations seront Tobipt d'une comparaison ultérieure par suite de la reconnaissance d'identité.

xxvni INTRODUCTION

gences de i millimètre entre deux diamètres céphaliques également bien relevés sur un même sujet ne s'observent en pratique anthropométrique que lorsque la longueur vraie tombe, à peu de chose pms, juste entre deux chiffres millimétriques consécutifs.

Les autres nombres fractionnaires du tableau, savoir: i"" 5 (un millimètre et demi) pour la largeur de Toreille et les longueurs du pied et de la coudée, et o ™'" 76 (trois quarts de millimètre) pour la longueur de l'auriculaire, s'expliquent de même par la nécessité de tenir compte des erreurs, en dessus ou en dessous du chiffre vrai, qui, en se combinant, peuvent arriver à produire une différence totale non fractionnaire d'étendue double. Les chiffres de la colonne A sont les seuls de ce tableau qui soient précédés des signes -f- ou — (plus ou moins).

Les chiffres de la colonne B, obtenus en multipliant les précédents par 2, peuvent donc être absolument relevés entre deux signalements d'un même sujet sans qu'eu réalité chacun d'eux, considéré séparément, soit affecté d'une erreur plus grande que celle mentionnée en la colonne A, c'est-à-dire, sans qu'il y ait nécessairement faute commise. Néanmoins si des divergences de celte nature ne doivent pas, en tout état de cause, entraîner un blâme à l'adresse du ou des observateurs, elles doivent toutes les fois que cela est possible (c'està-dire toutes les fois que le sujet est encore présent), donner lieu à une contre-vérification dans le but de s'assurer que les deux valeurs divergentes sont réellement Tune et l'autre également éloignées de la vérité qui est restée entre les deux.

S'il en était autrement, si l'on tolérait dans la pratique anthropométrique que des divergences aussi fortes que celles de la colonne B puissent se glisser en un seul sens, il se présenterait nécessairement des cas où ces écarts, en se produisant une première fois en plus et une seconde fois en moins, atteindraient une différence absolue égale aux chiffres de la colonne C. Or, nous avons précédemment insisté assez longuement sur l'obligation d'arriver au maximum de précision possible pour qu'il soit utile d'y revenir.

On doit donc admettre qu'il y a eu forcément faute commise du moment que la comparaison de deux signalements relevés sur la même personne fait ressortir un écart égal à celui de la colonne C (obtenue elle-même par le doublement de la colonne B). La faute sera simple si elle n'atteint pour chaque signalement que la moitié de cet écart (c'est-à-dire les chiffres de la colonne B) ; elle sera très lourde

SIGNALEMENT ANTHROPOMÉTRIQUE ÏXIX

si elle est uniquement attribuable à un seul des deux signalements examinés.

Conclusion : la colonne C nous donne les valeurs au delà desquelles on est en droit de déclarer la non-identité entre deux signalements de Texactitude desquels on est également sûr.

Théoriquement, un seul écart supérieur à celui de la colonne C, comme par exemple une différence de 3 millimètres pour l'un des diamètres céphaliques ou de 6 millimètres pour la longueur du pied, etc., devrait suffire pour prononcer la non-idenlité entre deux signalements. Néanmoins, étant donnée l'élourderie humaine, on agira prudemment en ne concluant qu'après la découverte, sur une autre mesure, d'un nouvel écart caractérisé.

La connaissance de l'écart maximum nous met à même d'apprécier d'une façon raisonnée la valeur récognitive qu'il convient d'attribuer au signalement anthropométrique et de préciser ce que nous avons dit plus haut sur la presque impossibilité de rencontrer dans la collection deux signalements concordants, c'est-à-dire présentant approximativement les mêmes chiffres, quoique ne se rapportant pas à la même personne.

C'est là une question capitale qui se pose journellement devant les tribunaux. La réponse à formuler varie quelque peu suivant que la découverte du signalement contesté a été amenée: i'' par l'enquête judiciaire proprement dite ; ou 2^ par une recherche spontanée au moyen de la classification tripartite décrite précédemment.

Examinons d'abord le premier cas. Les révélations d'un témoin, les aveux momentanés de l'intéressé, une saisie de pièces, etc., font retrouver dans les archives criminelles un ancien dossier judiciaire avec un signalement anthropométrique, dont toutes les observations concordent, dans la limite des écarts admissibles, avec celles relevées sur l'individu présent.

Nulle hésitation 1 La concordance des chiffres doit être regardée, en pareil cas, comme une preuve absolument péremptoirc. Des témoins peuvent être induits en erreur par des coïncidences physiques de taille, d'âge, de complexion (voir PI. Sg et 60 de Y Album). On peut admettre aussi que l'intéressé ait été tenté de profiter de pareilles ressemblances venues à sa connaissance. Mais les observations anthropométriques échappent à cette cause de suspicion, par cela même que leur constatation nécessite l'emploi d'instruments de précision. Et quand même l'individu visé aurait à sa

IS8T. 8IGN. l.\TROD. C

Page 1