‹ Identification anthropométrique; instructions signalétiquesChapitre 14 sur 143 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

disposition les outils indispensables, toute la population réunie d'une maison centrale serait encore manifestement insuffisante pour lui offrir Toccasion d'y rencontrer un seul sujet ayant approximativement les mêmes mesures que lui. Pour qu'il ait chance d'y réussir, il faudrait supposer que la personne en question, ayant eu à ime période de sa vie la libre disposition du répertoire central de Paris, aurait pu explorer à loisir la case finale où aboutissait son propre signalement aux fins d'y rechercher le nom de quelque sujet présentant suffisamment d'analogie métrique pour être confondu avec lui. C'est là une hypothèse dont il est inutile de faire ressortir l'impossibilité.

Même en l'admettant, la chance de rencontrer un signalement de permutation serait bien minime. L'examen du deuxième cas va nous le démontrer.

En présence d'un individu cachant manifestement son nom, des recherches méthodiquement conduites dans les archives centrales, sans autre fil indicateur que les éliminations anthropométriques nécessaires, ont amené la découverte d'un signalement dont toutes les indications métriques concordent avec celui qui fait l'objet de la recherche : quel degré de confiance convient-il d'accorder à une pareille coïncidence ? — La réponse demande quelques explications préalables.

Théoriquement on devrait admettre, en effet, qu'il est toujours possible^ du moment que l'on dispose d'un nombre suffisant de signalements, d'en trouver deux équivalents, quoique se référant à deux individualités différentes. Les chiffres de nos mesures ne variant que dans des limites déterminées, le nombre des combinaisons qu'elles peuvent présenter entre elles est également limité, quelque élevé qu'en soit le produit. Toute la question semble donc se résumer à connaître le chiffre de signalements qu'il faut réunir pour avoir chance d'en trouver deux semblables.

Mais pour donner au problème une solution à la fois précise et pratique, faut-il encore savoir de quels chiffres se compose le signalement dont on s'occupe. Il est évident, par exemple, qu'un individu doté d'une taille exceptionnellement grande, combinée avec des diamètres céphaliques minimes, serait infiniment plus reconnaissable que si l'ensemble de ses indications chiffrées correspondait à la moyenne.

Ces dernières conditions opt été intentionnellement réalisées

r ANTHROPOMliTHIQUi: IIII

surleaignalement ci-dessous, quia été gralifié de chifTres exactement moyens ou plutôt médians, c'est-à-dire également écartés des limites des divisions petites et grandes de la classiflcatioa triparti te.

TailU !"■ 6'.5 ;g ( hng'. 187 Pied aSy

f- ( larg'. lÔti Médm 111 Œil châtain

Eaeergare i™ 63 . ( long'. 63 Aari. 8g (4' el.)

B(W« o- 880 O j Jorj', 37 Coudée 45i

C'est l'ensemble signatétique qui, complété par l'indication d'un âge moyen compris entre vingt-cinq et quarante ans, par exemple, a, théoriquement et pratiquement, le plus de chance d'être rencontré dans un répertoire anthropométrique (i).

Or une expérience dont noua garantissons l'exactitude et qu'il est facile de répéter, montre qu'il est impossible d'en trouver un exactement semblable, au millimétré près, dans le répertoire anthropométrique des 90.000 signalements d'adultes méthodiquement classés de la Préfecture de police.

laille mojenDe, n'oburve (à cinq niillim^tret près), Go fais lur mille sujol'i, les laillesde I 111.&5 et 1 m. 7^ qui en lonl éloignéeids 10 ceul. (enpiuaou enmain*) ne te renconinnt pluA qne a Soii daaf Ip mâma groupe et la taïlie de 1 m. 5o et 1 m^ 70 que fi fojR I Caltc répariitioD a été repnÏBCDtée sur la courbe ci-desHiiis. appela biaimiale da nom de U formuls malhémaUquei laquelle elle «emble obéir.

Cliaqus vflrlïcalecomipond à une' '" iUmaiaéa k b mill, en pitu ou en m

enHiiuDt tubiri U vileuc centrais etau modedegroupemenli . ,, ,

L'eiidonce da ce> rtgl» qui i«n>tilnent ce que 1 on poii[T,iit appelsr la philouphie de l'anthropométrie, peut tirs vérifiée facilement, poar une meiun déterminée, ea diatribtunt une centaine de linalemeata par paquet* diatincU corrupondant aui Tariitioni obsarvéet eoît par m 1 11 i m être, Boit par deml-cenliniitre ou ccnlimilte. cir. Poar ohiqn*

XXXil INTRODUCTION

La recherche est également vaine si, au lieu de l'identité absolue de chiffre, on se contente de compulser les signalements qui pourraient être confondus avec lui dans la limite des approximations de la colonne A.

Pour arriver à trouver un seul signalement assimilable au type imaginé précédemment, il faut en altérer les valeurs en plus ou en moins de quantités égales à celles de la colonne B, différences qui ne s'observent, comme on sait, qu'en cas de négligence de mensuration, sinon de faute proprement dite.

Mais si au lieu d'infliger à notre signalement-type les divergences encore admissibles de la colonne B, nous lui faisons subir en plus ou en moins les écarts de la colonne C, le résultat de la recherche dans notre répertoire change complètement de face : au lieu d'une fiche concordante nous en trouvons trente !

Il ne faudrait pas croire d'ailleurs que ces trente signalements, quoique confondahles avec notre type médian, le soient tous en même temps entre eux.

En effet, admettre des écarts égaux à ceux de la colonne C, pour nos recherches dans le répertoire, c'est donner au signalement précédent la forme ci-jointe :

M. ii4 + a

L'opération à effectuer alors consiste dans l'extraction, de notre répertoire, de tous les signalements sans exception, présentant un

mesure, Tcpaisseur des paquets obtenue par la superposition des fiches aposiillées d'un même chiffre croîtra proportionnellement au nombre des cas semblables observes et finira toujours par réaliser plus ou moins la courbe théorique.

Gomme il a été dit plus haut, la grande fréquence des cas, à mesure que Ton 8*ap-

S roche de la moyenne, démontre la nécessité inéluctable, pour obtenir des paquets égaux ans la classification tripartite, d'entourer la division médiane de limites étroites. Ainsi, pour répartir un groupe humain en trois parts égales basées sur la hauteur de la taille, la taille médiane ne devrait comprendre que les sujets de i m. 6ao à i m. 679, tandis que la petite s'étendrait de a à i m. 6x9 et la grande de i m. 680 à co.

D'un autre côté il ne faudrait pas, tombant d'un extrême dans l'autre, assigner sous prétexte de répartition égale, des limites si étroites à la division médiane, que les divisions petite et grande n'étant plus séparées Tune de l'autre que par une quantité virtuelle inférieure à l'approximation de tolérance, pourraient être confondues l'une avec l'autre. L'établissement du signalement anthropométrique a consisté précisément à choisir des longueurs oiseuses et des procédés de mensuration qui rendissent ces conditions pratiquem'^nt réalisables.

SIGNALEMENT ANTHROPOMÉTRIQUE XXX m

ensemble de chiffres compris respectivement entre les limites inférieures et supérieures, indiquées ci-après :

E. I" 64 à 1™ 72 u;^ 59 a 67 Au. 86 à 92

Or il est évident, pour nous en tenir à la taille, que, si notre chiffre médian de i m. 65 peut à la rigueur être confondu, d'un côté, avec une taille de i m. 62, et, de Tautre, avec celle de i m. 68, il est absolument impossible d'admettre qu'un même adulte pourra être gratifié une première fois de la taille de i m. 61 et une seconde fois de celle de i m. 67.

La môme discussion chiffrée appliquée successivement à chacune des onze indications anthropométriques conduit à celte constatation qu'il y a à peine une dizaine de fiches sur trente qui s'entr*accordent dans les limites des plus grands écarts admissibles.

Ainsi l'observation des faits confirme avec une exactitude suffisante les déductions exclusivement mathématiques exposées au début de celte discussion (page xvii), savoir la très grande différence à faire au point de vue de la certitude d'identification entre deux signalements suivant que leurs chiffres concordent dans les limites des colonnes A et B, ou qu'ils diffèrent des quantités doubles mentionnées colonne C .

N'oublions pas d'ailleurs que le signalement-type, qui vient de servir de base à notre démonstration, est un signalement inventé à plaisir en vue de conduire précisément à celle de nos i5.ooo divisions finales dont les limites sont confinées entre les chiffres les plus rapprochés (voir la note page xxxi), et qu'il suffirait, dans ce même signalement, d'écarter quelque peu de la moyenne une seule de ses valeurs, pour rendre à nouveau presque impossible la tâche de découvrir dans la collection un deuxième signalement semblable.

Des faits précédents tirons cette conclusion pratique que, lorsque les observations anthropométriques contestées par Fintéressé sont soumises à l'appréciation d'un tribunal, l'agent ou l'expert, chargé de rinterprélation de ces documents, ne doit jamais négliger (après avoir fait constater l'équivalence des chiffres en indiquant que le degré d'approximation exigible a été atteint séparément pour chaque mesure), de signaler quelles sont celles de ces valeurs qui

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