INTRODUCTION
(( Les services rendus par ridentification scientifique et l*anthro- « pométrie qui en est la base, ceux qu'elle est appelée à rendre (( (lorsque son organisation sera complète), non seulement à lapo- (( lice, à la justice et à la science pénitentiaire, mais à la science (( pure(i), exigent sa reconnaissance officielle comme service d'État.» (Extrait du rapport sur le service pénitentiaire, par M. Henry Boucher, député des Vosges, membre de la commission du Budget de l'exercice iSgS.)
Voici, en ce qui regarde Paris, le nombre annuel de récidivistes arrêtés en cette ville sous de faux noms et officiellement reconnus par le service spécial, depuis sa création en décembre 1882 (2).
US
SSO
Total
Fig. 3t. — DiAGRAMUE dcs rdconnaîssancos de rccidivialos sous faux noms signalés
parle service anthropométrique do i883 à 1893.
(i) Il y a là une application très importante, et jusqu'à présent à peine essayée de Tanthropomélric. — Certes nous nous sommes efforce d'y contribuer dans la limite de nos moyens, soit par des travaux personnels, soit en mettant, autant que possible, les archives si^nalétiques, à la disposition des travailleurs. Mais l'exploitation méthodique do ce fonds gigantesque de documents reste encore à faire. Il faudrait se hàlcr d'en tirer parti si nous ne voulons pas être di&tancés en cette voie par les pays étrangers qui ont adopté Tanthropométrie iudiciaire.
>pométrie judi tous le préfeci >inet, et Vel-Durand, secrétaire général.
(2) Sous le préfectorat de M . Camescasse avec le concours do MM. Puibaraud, chef du Cami
RÉSULTATS OBTENUS tlxV
En publiant ces résultais, n'oublions pas le bénéfice considérable qui s'attache à une reconnaissance, qu'on l'envisage au point de vue social, ou plus particulièrement judiciaire ou pénitentiaire.
Lorsqu'un malfaiteur se décide à donner un faux nom, c'est qu'il y trouve un intérêt majeur et qu'il se sait sous le coup d'autres poursuites, ou a lieu de le supposer. De sorte que sous ce rapport la reconnaissance d'un malfaiteur qui se cache sous un faux nom équivaut, au point de vue de l'intérêt général, à son arrestation directe sur la voie publique.
Mettons de côté l'intérêt judiciaire pour nous en tenir au point de vue strictement pénitentiaire. Est- ce que les dissimulations d'identité n'entraînent pas nécessairement un allongement considérable de la détention préventive ? En admettant un allongement moyen de loo jours par individu sous faux nom, cela fait, au taux de 5oo reconnaissances annuelles, une économie de 5ooXioo ou cinquante mille (5ooXioo^5o.ooo) journées de présence d'économiséeS; soit environ cinquante mille francs de dépense annuelle en moins, rien que pour les prisons du département de la Seine.
Cette appréciation que j'ai exprimée au Congrès pénitentiaire de Rome, en i885, devant la réunion de toutes les compétences pénitentiaires d'Europe, a été unanimement acceptée (i).
Conséquence plus remarquable encore : le nombre des arrestations de voleurs internationaux du genre pick-pocket a toujours été en diminuant depuis la création du service d'identification jusqu'à ce jour. Il était de règle, en effet, parmi les individus de cette espèce de changer d'état civil à chaque arrestation successive, et ils réussissaient généralement ainsi à échapper aux majorations de peine qui frappent la récidive. S'étant assurés par eux-mêmes qu'il leur était devenu impossible de dissimuler leurs antécédents en cas d'arrestation, craignant d'autre part la loi de la relégation, ils préfèrent maintenant, de leur propre aveu, le séjour des capitales étrangères ; de 65 en i885 leur nombre est tombé à 52 en 1886, puis h 34, à ig et finalement à i4 en i8go !
Si l'on réfléchit à ce que coûte, aux habitants d'une ville, l'entretien d'une pareille population qui ne vit absolument que de
(i) En FrdDce où Im règlcnicuU pénitentiairud privoot lo récidivi»to succetsivement d'ua dixième de ion pécule à chaque nouvel écrou, la ruconnaiiiiMince assurée de tous le» récidiviiteet^nd coiyointeoient à diminuer lei charges de l'État. (Voir le rapport de M. Boucher précédemment cité.)