L ECONOMIE D EFFORT H
moins les principaux points de repère ; et plus nous teuous à calculer avec exactitude, plus la table devra être détaillée, au point de devenir impossible à loger dans la mémoire. Mais voici que la loi de réfraction résume toutes ces observations.
Sachant que ^î^ = n, nous n'avons plus besoin de la table, ^ stnr ^ ^
nous n'avons même pas besoin d'en retenir les points de repère. Nous avons donc réduit notreeflort, et, ce faisant, nous avons obéi à la tendance naturelle et générale de tout être organisé. D'ailleurs le nombre des faits delà nature est infini, et infinie aussi est leur variété. Notre désir est de les embrasser tous, pour pouvoir tous les prévoir. Sans doute, nous n'y parviendrons jamais, mais au moins nous en faut-il connaître le plus grand nombre possible. Or, plus l'efïort sera réduit pour chaque cas particulier, et plus nous pourrons évidemment l'étendre. C'est ce que Comte a défini en disant que «l'usage des lois » est de « dispenser, autant que le comportent les divers phénomènes, de toute observation directe, eu permettant de déduire du plus petit nombre possible de données immédiates le plus grand nombre possible de résultats ^ ». En d'autres termes, les lois ont pour but une « économie » d'effort. Nous empruntons cette expression, qui ne se trouve pas chez Comte, mais qui, on le voit, résume exactement ses idées, aux écrits d'un penseur moderne de grande valeur, M. E. Mach, dont les conceptions ont exercé et exercent encore une influence considérable sur la science.
La science embrasse-t-elle la totalité des phénomènes de la nature? Il y a des faits qui ne m'apparaissent pas comme entièrement déterminés par les conditions. Ce sont ceux qui émanent de ma volonté. Suis-je réellement libre? Ce qui est certain, c'est que, en ce moment et dans certaines limites, je me sens libre d'agir et que, rétrospectivement, je me sens responsable des actes que j'ai accomplis.
Ce sentiment ne serait-il, comme le veulent les déterministes, qu'illusion et épiphéuomène? En tout cas, nous voici, semble-t-il, aux prises avec un des plus redoutables problèmes qui aient embarrassé l'esprit humain. Serons-nous forcés de le résoudre avant de procéder plus loin ? Il semble bien qu'il soit insoluble par essence, que ce soit une des antinomies par lesquelles se manifeste l'inconnaissable. Mais, heureusement,
i. Cours, vol. ï, p. 99.
ti LA LOI ET LA CAUSE
nous pouvons ici réliminer ; ce procédé sera tout à fait conforme à la pratique suivie par la science. La science, nous venons de le voir, a ].K)ur but la prévision ; son domaine embrassera donc tout ce qui est susceptible d'être prévu, c'està-dire l'ensemble des faits soumis à des règles. Où il n'y a pas de loi, il n'y a pas de science. Le libre-arbitre, à supposer qu'il existe, est certainement en dehors de ce domaine.
Il est évident que la limite que nous établissons ainsi ne peut être que tout à fait imprécise : cela résulte de la teneur hypothétique de Tincideule. Selon que nous affirmerons ou nierons le libre-arbitre, ou que nous lui assi^erons un domaine plus ou moins étendu, celui de la science se rétrécira oa s'agrandira. Le même acte, selon que nous le considérerons comme émané de l'individu moral, censé responsable, ou du milieu dont il est le produit naturel, nous apparaîtra tantôt comme libre et tantôt comme déterminé, comme i)OSsiMe à prévoir si nous avions connu et apprécié à leur juste portée les circonstaiîces dont il ctnil entouré Si le terme de psychologie rj ele crée f t si ce terme ne nous ]»arait pas absurde en soi. c'est qu'apparemment nous croyons possible deformu- Irr des rè.gles au sujet des phénomènes du vouloir, car la psychologie, selon la juste remarque de M. Fouillt*e. est essenlieUemenî < IVîude de îa volonté- '*^. Ouand nous faisons la jisycholagie des personnes qui nous entourent, que nous cberchons à connaître pourquoi elles ont agi oa comment elles îigirc»nî, nous suppc»sons tacitement que leurs actions sont delerminees-. Entendons-nous pour cela leur denier le libre- Lrl»i:re ? Assurément non . puisque nc^usles considérons c-omme responsi/i.-es de leur? ar:es. M.nis nous cherchons à prévoir, nc«ns îhisons de 1& s^îen^e, et qui dii science, dit prédêlermintiiou. f'tsî ce qui ik.: que rimprt-^cision des limites ne préfieiiie pf:s jfî rtf:]emeïi: îes ini:^v-^nvtnieu:s que l'on pourrait en ïi:îend:f Lï.nge n dfcliirî* que la srienre . k moins de renonci\T h sa u'îcbf . devi;:: expljcuer le mouveî::ifn: rmanè de la
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