‹ Identité et réalitéChapitre 141 sur 274 · llg + o · texte numérisé non relu

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et celle-ci présente sur la précédente cet avantage inestimable de tenir compte des poids, d'être quantitative, comme on dit ; en efiet, suivant une convention précise, les symboles dont nous venons de nous servir n'indiquent pas seulement les corps, mais encore des poids définis de ces corps et l'équation signifie que 216 grammes d'oxyde de mercure fournissent 200 grammes de mercure métallique et 16 grammes d'oxygène. Ainsi l'identité entre l'antécédent et le conséquent s'est encore précisée : non seulement ^e mercure métallique et l'oxygène préexistaient dans l'oxyde, puisqu'ils en sont les « composants », mais encore ils préexistaient en quantités déterminées, égales à celles que nous venons de recueillir après la séparation.

Plus tard, on s'est aperçu que la décomposition de l'oxyde de mercure est accompagnée d'un autre phénomène, à savoir l'absorption d'une certaine quantité de chaleur. On constata que c'était un phénomène à peu près général, que, sauf certaines exceptions assez explicables, les corps en se combinant dégageaient de la chaleur et qu'ils en absorbaient au contraire en se décomposant. On parvint à mesurer cette quantité de

chaleur (qui s'exprime, comme on sait, en calories") et l'on vit qu'elle constituait bien une caractéristique de la réaction ^ Nous pouvons donc compléter comme suit Téquation cidessus :

ilg -f X rai. =: lïg +

Nous avons écrit trois équations différentes : elles représentent pourtant un seul et même phénomène. On pourrait sans doute écarter complètement la première, en la déclarant fausse, étant donné que nous ne croyons plus à l'existence du phlogistique. Mais ce serait à tort, car la théorie en question fournissait, nous Tavons vu, une interprétation très acceptable du phénomène tel qu'il avait été observé à Tépoque. On a même fait remarquer, à juste titre, qu'il y a une certaine analogie entre les conceptions les plus récentes et celles des chimistes du phlogistique. Ces derniers avaient bien le sentiment qu'il fallait ajouter un « principe » à la chaux de mercure pour produire du mercure métallique et que c'était là une condition générale : le fait qu'en remplaçant le terme phlogistique par celui d'énergie on obtient dans bien des cas des propositions presque exactes n'est pas une pure coïncidence ^

Les trois équations serrent le phénomène de plus en plus près. Mais toutes trois sont des (^qiiationsy c'est-à-dire tendent à établir un rapport d'égalité entre les termes représentant les états antérieur et postérieur du phénomène. A mesure que l'explication avance, l'identification devient de plus en plus parfaite. Au commencement elle n'a trait qu'au côté qualitatif du fait et manque de précision, de substrat numérique, ensuite viennent les considérations de quantité et enfin les changements caloriques, énergétiques sont « expliqués » à leur tour, c'est-à-dire qu'ils rentrent dans l'égalité entre l'antécédent et le conséquent.

Peut-on affirmer qu'ici l'égalité soit directement suggérée par l'expérience ? N'est-il pas, au contraire, paradoxal d'énon-

1. On voudra bien excuser ce que col exposé a de schématique et. partant, d'inexact. Lavoisier a commencé ses études calorimétriques sur los réactions chimiques en même temps qu'il poursuivait ses autres travaux. Cependant, ce n'est on effet qu«» beaucoup plus tard qu'on parvint à des idées générales sur le rôle joué par la chaleur dansles combinaisons chimiques. — Il va sans dire qu'il faut, pour séparer le mercure de loxygéne, ajouter en outre la chaleur de vaporisation de ce gaz.

2. Cf. G. lÏELin. Ute Lefire von der Energie. Leipzig, 1887, p. 7.

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