Cf. cependant à ce sujet p. 75, note
3. Aristote. Traité du ciel, 1. !•'» cap. vn, § 18, cf. ib. 1. IV cap. ii, §14. Zbllir {l. c.y vol. II, p. 50) établit la filiation qui rattache la doctrine des atomistes à celle de Parménide. M. Hermann Cohen {Logik der reinen Brkenntniss. Berlin, 1902, p. 29) fait également ressortir que Talomistiquc est a issue de l'identité de Parménide ». (Cf. ib., p. 40, 187, 272.)
4. Gauen. Opéra, éd. Ruehn. Leipzig, 1821. De elementiSy I» p. 416-417, cf. Lasswitz, Geschichte der Atomistik, vol. I, p. 231 ss.
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a l'uuité de la matière était à peu près générale ; elle faisait le fond des théories des alchimistes et de leurs teutatives de trausmutatioû K 11 se peut qu*il y ait là, comme on la dit, uue iufluence exercée par une sorte de sous-courant de doctrines atomistiques' qui, nous l'avons vu, a en effet existé, tirant sa source de certains écrits médicaux ; mais nous verrons plus tard qu'il n'est pas besoin d'avoir recours à cette hypothèse et que les théories d'Aristote elles-mêmes suffisent à expliquer cette tendance. Dès la renaissance des théories mécaniques l'unité de la matière est aflirmée et ne rencontre pour ainsi dire pas de contradicteurs. Pour Descartes, c'est une vérité fondamentale et évidente par elle-même : « Il n'y a qu^une mesme matière en tout l'Univers \ » Après lui, tout le monde semble d'accord sur ce point. Dans les ardentes polémiques que soulève la question de l'attraction newtonnienne, on ne trouvera pas la moindre mention de cette objection qui se présente facilement à l'esprit des modernes : comment attribuer une seule et même propriété à des matières fondamentalement diverses ? Sans doute amis et adversaires de l'action à distance étaient à un degré égal convaincus de l'unité de la matière. Les chimistes étaient du même avis et Boyle, ferme adhérent des théories corpusculaires, affirme hautement l'unité de la matière qui lui parait inséparable de ces théories *. Puis, au xviii^ siècle, une crise s'ouvre, crise qui ira en s'accentuaut presque jusqu'à notre époque, et qui est d'autant plus intéressante à observer qu'elle est en quelque sorte latente et inavouée. Il est en effet très remarquable, au point de vue historique, que l'évolution dont nous parlons s'opère sans attirer Tattentiou de personne. Il n'y a, semblet-il, rien de plus essentiel eu chimie que le concept de l'élément, et c'est ce concept qui est en train de se transformer complètement. Cependant, jamais les historiens de la chimie n'ont pris cette transformation pour le point de départ d'une époque. C'est qu'elle est tout à fait lente, insensible et comme spontanée ; il y a là uue sorte de sous-courant extrêmement puissant, mais dont les protagonistes mêmes de la chimie
1. (^f. Behthelot. Les origines de V alchimie, Paris 1885, p. 282 ss.