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LA DISSOLUTION DL" SENS COMMUN

mule M. Mach après Stuart MillS des a groupes de sensations^» qui, s'ils n'ont pas une immutabilité absolue, évoluent cependant si peu et avec tant de lenteur que nous avons grand avantage à supposer leur persistance dans le temps et dans Tespace, c'est-à-dire Texistence cVobjets. M. Poincaré s'exprime d'une manière analogue en les qualifiant de sensations « unies entre elles par je ne sais quel ciment indestructible et non par le basard d'un jour*. »

M. Ostwald. dont la tbéorie, nous Tavons vu, tend à faire entièremeut abstraction du concept de matière, explique que seules différentes formes de l'énergie réunies dans un seul et même espace agissent sur nos sens et nos instruments, alors qu'une énergie qui se présente séparément ne saurait afïecter les uns ni les autres^. 11 faudrait, semble-t il, des preuves bien éclatantes pour établir une tbèse de ce genre. Ce qui est certain, c^est que nos sensations se suivent de telle façon que la constitution de ce monde d'objets est possible. Et il est certain aussi, ainsi que nous l'avons dit, qu'une fois ce monde constitué, la prévision se trouve facilitée. En d'autres termes, sur le terrain du sens commun tout comme sur celui de la science, les conceptions créées par le principe causal (ou, si l'on veut, avec son aide) favorisent l'application du principe légal. Et comme, d'autre part, l'expérience généralisée, c'està-dire la légalité, concourt à la formation de la réalité du sens commun, il en résulte que, dès le début des opérations de notre entendement, les deux principes de causalité et de légalité collaborent et que leurs opérations s'enchevêtrent inextricablement, de même que plus tard dans la science. .

Toutefois, comme il s'agit, dans celle-ci, de nos rapports avec les choses, les erreurs ne s'éliminent plus, et, dès que nous poussons un peu nos recherches, le monde du seus camr mun nous apparaît immédiatement ce qu'il est en réaliité,.à savoir une première et très grossière ébauche d'un systèmie scientifique et métaphysique. En effet, dès les premiers pas, nous sommes forcés d'abandonner la supposition que les choses sont ce qu'elles nous paraissent ; et dès que nous

1. J. s. MiLL. La philosophie de llamilton, trad. Cvzklles. l^aris, 1869, p. 216.

2. E. Maou. Die œkonomische Natur dei" physikalischen Forschung, Almanach der Akademie der Wissenschaftcn. Vienne, 1«82, p. 307.

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