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CHAPITRE XII

CONCLUSIOiNS

Des pages qui précèdent se dégage, semble-l-il, avant tout cette eoQcIusioD : il n'est pas exact que la science ait pour but unique l'action, ni qu'elle soit uniquement gouvernée par le souci de Téconomie dans cette action. La science veut aussi nous faire comprendre la nature. Elle tend réellement, selon rexpression de M. Le Roy, à la « rationalisation progressive du réeP ».

Elle a bien été édifiée avec la quasi-certitude que la nature est ordonnée, mais aussi avec Tespoir tenace qu'elle se montrera intelligible. Dans chaque chapitre de la science ces deux principes ont été appliqués simultanément et continuent de Têtre. Leur action s'enchevêtre irrémédiablement, parce qu'ils se passent et repassent leurs acquisitions : Non seulement, comme on Ta dit, les faits empiriques servent à édifier des théories lesquelles font découvrir de nouveaux faits, mais encore des considérations sur la conservation, sur l'identité, interviennent à chaque pas dans la science légale, empirique, laquelle est, en dépit de l'apparence, saturée de ces éléments aprioriques.

Que serait-il arrivé si dans le passé l'humanité avait, par impossible, adopté les points de vue de Berkeley et de Comte et considéré qu'il n'y a pas de cause au delà de la loi ou qu'il faut s'abstenir de la chercher? Le grand philosophe idéaliste s'est prudemment abstenu de formuler des applications de son principe. Mais Auguste Comte s'est expliqué avec plus de précision. Dès lors il a loué Fourrier pour avoir traité de la chaleur sans s'occuper de savoir si elle était matière ou mou-

1. E. Le Roy. Science et Philosophie. Revue de métaphysique, VU, 1899, p. 534.

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vement ^ ; uié que la théorie de Tondulatiou ou aucune autre puisse jamais présenter « une utilité réelle pour guider notre esprit dans Tétude effective de Toptique- »; considéré que les c( prétendues interférences optiques ou les croisements analogues en acoustique » étaient « des phénomènes essentiellement subjectifs », l'opinion contraire des physiciens constituant « une grave illusion n"^; affirmé que toute assimilation entre la lumière, le son ou le mouvement sera toujours une « supposition arbitraire ^ » ; condamné en général comme dues « à la prépondérance prolongée de l'ancien esprit philosophique », toutes les tendances visant à établir des rapports entre ce que nous appelons à l'heure actuelle les diverses formes de Ténergie'. Il est d'ailleurs facile de se rendre compte que ces erreurs du fondateur du positivisme ne sont nullement accidentelles. On peut, en partant du concept utilitaire de la science, nous l'avons vu au chapitre rs justifier à la rigueur les hypothèses explicatives. Cependant, la prédilection dont les physiciens font preuve pour les conceptions atomiques devient difTicilement explicable ; et Ton voit ainsi

1. A. CoMTi. Cours de philosophie positive, 4* éd. Paris. 1877. vol. I. p. 18.

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